Election présidentielle

Fanmi Lavalas, Fusion et Renmen Ayiti veulent écarter Jacky Lumarque

Publié le 2015-06-17 | Le Nouvelliste

National -

Depuis l’agrément de sa candidature à la présidence par le Conseil électoral provisoire, Jacky Lumarque est la cible de plusieurs partis politiques. Fanmi Lavalas, Fusion, Renmen Ayiti, Konfyans, entre autres, reprochent au candidat et ami de l’ex-président René Préval de vouloir diriger le pays en violant l’article 90-h du décret électoral relatif à la décharge. Dans une correspondance adressée au CEP, 17 entités politiques exigent le retrait de la candidature du champion de l’organisation politique VERITE. La vague de dénonciations des candidats à la présidence agréés continue. Jacky Lumarque est dans l’œil du cyclone. Pas moins de 17 organisations politiques veulent sa tête. Pour ce faire, ils écrivent au CEP en évoquant le défaut de décharge contre le candidat de VERITE. « La publication de la liste des candidats agréés a laissé perplexes les partis politiques signataires de la présente. Afin de protéger le processus et éviter que des mesures extrêmes soient sollicitées, les partis politiques signataires de la présente requièrent que le Conseil électoral provisoire réexamine le dossier du candidat à la présidence de la plateforme "VERITE", Monsieur Jacky Lumarque… », lit-on dans la correspondance dont copie a été envoyée au Nouvelliste. Selon les raisons justificatives avancées par les partis politiques, Jacky Lumarque s'est inscrit comme candidat à la présidence selon les prescrits de l'article 90 du décret électoral en vigueur qui exige, comme l'une des conditions de recevabilité de l'inscription, la soumission de la décharge de tout candidat qui eut à gérer les deniers publics. « Or, ont-ils affirmé, il s'évidente que Monsieur Lumarque a occupé deux fonctions où il a eu à manipuler les fonds publics, en témoignent les deux lettres de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif adressées au secrétaire général du palais national où la Cour, sur demande d'audit du candidat Lumarque lui-même, a requis l'administration du palais de mettre à la disposition de la commission désignée à cette fin tous les documents tant administratifs que financiers matérialisant les actes de gestion de Monsieur Lumarque. » Selon les détracteurs de M. Lumarque, cette demande formulée dans la lettre datée du 26 mai 2015, soit six jours après la fermeture des inscriptions, a été réitérée dans une deuxième lettre de la cour en date du 2 juin 2015. « Il ressort donc de manière irréfutable que Monsieur Lumarque, qui a lui-même fait l'aveu qu'il était comptable des deniers publics, n'a pas pu soumettre de certificat de décharge relatif à sa gestion comme coordonnateur pour les exercices allant de 2008 à 2010 vu que sa demande d'audit a succédé à son inscription », ont-ils souligné au CEP dans la correspondance. De plus, ont-il ajouté, Jacky Lumarque a été nommé, par arrêté en 1997, membre du « Comité national route de l'esclave » qui « jouissait de la prérogative de gérer en toute autonomie les ressources financières mises à sa disposition par le ministère de l'Education nationale... » Selon les partis politiques qui en veulent à M. Lumarque, « le CEP a dû être induit en erreur et violer ainsi le décret électoral en agréant, contre toute attente, la candidature de Monsieur Lumarque qui n'a pas su ni n'a pu soumettre les deux certificats de décharge pour les fonctions occupées dans les conditions susdites ». De ce fait, ils demandent au CEP de réévaluer le dossier du candidat à la présidence de VERITE « afin de corriger cette erreur et rejeter la candidature de Jacky Lumarque pour absence de décharge. Dans le cas contraire, la question sera portée par-devant qui de droit afin que les dispositions constitutionnelles et légales soient strictement respectées, car le délai en droit est fatal, donc la candidature de Monsieur Jacky Lumarque était purement et simplement irrecevable », ont menacé les partis politiques FANMI LAVALAS, RENMEN AYITI, RAMPHA, AYISYEN POU AYITI, LAVNI, ALAH, FUSION, PATRIOT NATIF NATAL, KONFYANS, RENACOP, BLOC 20, MKN, OSJD, FENAFORAH, RACHPC, ANSANM NOU FO et CRI DES NIPPES. Joint au téléphone mercredi soir par Le Nouvelliste pour avoir ses réactions sur ce qu’on lui reproche, Jacky Lumarque a déclaré qu’il ne faisait pas de déclarations. Par ailleurs, plusieurs autres candidats à la présidence écartés, pour une raison ou une autre par le CEP, se regroupent et annoncent une marche pacifique jeudi pour continuer à dénoncer la décision de l’institution électorale.

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