Skal Labissière, draft #1 NBA 100 % haïtien

PUBLIÉ 2015-04-20
A chaque draft, les équipes de la NBA se bousculent et s’entredéchirent à la recherche de la perle rare. Et si cette perle rare pour l’édition 2016 était un Haïtien ? En effet, Skal Labissière, né à Port-au-Prince le 18 mars 1996 (19 ans), partira en pôle position dans une liste de plus de 100 postulants. L’ancien élève du Collège Canado-Haïtien fait rêver déjà le monde du basket : les équipes de la NBA et certains pays, qui font le forcing pour l’attirer dans leurs filets. Coup de projecteur sur ce gamin en or, pur produit de l’ASI et du CIBA.


Qui est Skal Labissière ? Il est l’un des nôtres, le premier garçon de la famille Labissière. Ses parents vivent encore en Haïti. Il a fait ses débuts au Collège Canado-Haïtien, qui participait alors aux championnats scolaires de basket-ball organisés respectivement par le CIBA (Comité interscolaire de basket) et l’ASI (Association de basket-ball interscolaire). Il mesure 2 mètres 16 et joue au poste de power forward. À en croire la presse spécialisée américaine (basket), Skal a le potentiel pour révolutionner ce poste. Ce n’est pas pour rien qu’il sera le #1 du prochain draft de la NBA en 2016. Présentement, Skal étudie à Lausanne Collegiate School et son équipe actuelle porte le nom de Bluff City Legends, HS Senior. Skal et l'après-séisme Au nombre des survivants du séisme qui a ravagé Haïti le 12 janvier 2010, Skal Labissière. Ce dernier, qui avait largement contribué au passé glorieux de l’équipe de basket du Collège Canado-Haïtien dans les championnats scolaires à Port-au-Prince, a laissé le pays six mois après la catastrophe, à destination des Etats-Unis d’Amérique. Sa taille impressionnante (2,16 m), sa polyvalence, son habileté et sa présence ont vite tapé à l’œil des responsables de Power Forward International. Ainsi, Valméra Pierre dit "Titanic" a entrepris des démarches via son premier coach, Carl Johnny Guerrier, plus connu sous le nom de Coach John, pour l’envoyer jouer et surtout s'entraîner dans un Collège aux USA, et cela grâce au programme « Sports et Etudes » de son organisation, le Power Forward International. Pour répéter un proche de Skal, le basket-ball n’a pas été sa discipline sportive de prédilection ; il avait plutôt démontré une certaine aptitude pour le tennis et pour le football, le sport roi en Haïti. Cependant, il y avait un coach, qui par-dessus tout, a vu juste en menant un long combat, de quoi convaincre les parents de Skal de pousser leur fils à s’adonner à la pratique active du basket « En réalité, ça n’a pas été trop difficile, puisque Skal est issu d'une famille sportive. «De concert avec ses parents, j’ai pu l’entraîner. Et lorsque, j’ai été contacté par Titanic, j’ai été persuadé qu’il allait accomplir quelque chose de grandiose aux USA », témoigne Carl Johnny Guerrier. Skal et ses débuts au pays de la NBA Nous sommes alors en juillet 2010, Skal (14 ans) a laissé la capitale haïtienne à destination de Memphis pour intégrer Evangelical Christian School. Il n’a pas mis trop de temps pour se faire remarquer. Ainsi, il s’est mis en évidence en faisant apprécier sa vision du jeu, ses qualités techniques, tactiques et sa polyvalence. Il aura passé très peu de temps là-bas. En 2014, le très respecté journal USA Today a écrit au sujet de Skal : « Ce gamin en or a des potentiels énormes pour jouer dans la NBA avant 2017. » Skal et la presse mondiale Récemment, le prestigieux média en ligne « Yahoo Sports » a présenté Skal Labissière comme le futur # 1 du draft 2016, article repris par plusieurs sites francophones faisant la promotion de la NBA dont « Session Basket », Sport 24 et autres. Tous ces médias ne font que répéter la presse américaine. ESPN avait déjà présenté Skal comme le futur grand maître de la NBA ; même cas de figure pour DX DraftExpress et draftNBA.com. Les utilisateurs de ces sites peuvent vérifier le top 5 de la draft 2016 : Skal Labissière (# 1), Jaylen Brown (#2), Ben Simmons (#3), Malik Newman (#4) et Henry Ellenson (#5). Le 11 avril 2015, dans le « Nike Hoop Summit Final Recap », Skal a fait un match salué par toute la presse américaine. En 27 minutes, il s’est distingué en inscrivant 21 points, réussissant 9 sur 15 tirs tentés, 6 blocs et 6 rebonds. À propos de Skal, ils ont témoigné « Skal a certainement joué au CIBA. Je ne suis pas étonné de le voir briller au plus haut niveau, a expliqué Emmanuel Bonnefil, coordonnateur du CIBA. Abondant dans le même sens, Jasson Valbrun estime que "c’est une très bonne chose pour le pays d’avoir compté Skal dans ses rangs". Lesly Desjardins dit Coach Shov dit : "J’avais eu la chance d’entraîner son petit frère, mais Skal était phénoménal depuis qu’il était en Haïti. L’arbitre Fragé Antoine Junior n’est pas en reste : "Je n’avais pas eu la chance de siffler dans un match où jouait Skal. Que je sache, il était toujours brillant depuis son jeune âge." Même son de cloche pour le coach Gaby Désir : "Il était le protégé de Coach John. Contre mes équipes, Skal avait toujours bien joué et ce n’est pas une surprise pour moi s’il arrive à éclater aux USA. Il est un exemple à suivre." Pour Jean Bernard Georges dit JB : "Skal n’a été ni le dixième ni le quinzième talent envoyé par PFI aux USA. On est fier de lui. Je suis persuadé qu’il y aura d’autres jeunes comme lui pouvant faire parler du pays à l’échelle internationale. Savez-vous que la République dominicaine fait présentement beaucoup d’efforts pour convaincre Skal ? Je me garde de citer le nom des autres pays." Joint au téléphone depuis les USA, Titanic s’est dit fier de Skal. « Le travail effectué par Power Forward International n’est pas vain. C’est une preuve très claire que si on avait l’appui des secteurs vifs du pays en général et l’Etat en particulier, on ferait beaucoup de choses positives. À part Skal, je tiens à signaler que ces deux joueurs issus d’Haïti, Hérard Sneijder, ancien élève du Collège Nouvelle Lune, et Djerry Jean-Baptiste, qui évolue à Wilbraham & Monson Academy en Floride, seront draftés dans un ou deux ans. » Skal et la sélection haïtienne de basket Si Samuel Dalembert et Olden Polinice avaient fait le choix de porter les couleurs d’un autre pays, Skal, en revanche, aurait refusé toute possibilité de jouer pour un autre pays autre qu'Haïti. « Skal est plus que clair. Il décide de jouer pour l’équipe nationale de son pays », a fait savoir un proche de l’ancien élève du Collège Canado-Haïtien. Ainsi, avec Nerlens Noël (Philadelphia), Skal et d’autres grands talents du pays évoluant aux USA feraient d’Haïti, et cela, sans crainte d’être démentis, l’une des meilleures équipes nationales de basket de la Caraïbe ! N’en doutez pas, en Haïti, il y a d’autres Skal Labissière. Pour que Skal devienne ce qu’il est aujourd’hui, il a fallu l’organisation du championnat du CIBA et d’ASI, la clairvoyance de Coach John et le travail assidu des dirigeants de Power Forward International. Que font l’État et le secteur privé haïtien dans tout cela ? La réponse est connue de tous : RIEN. À ce sujet, vous, autorités étatiques, vous, membres du secteur commercial du pays : cessez de nous mentir. Il est temps à ce que vous sachiez qu’Haïti est un pays essentiellement culturel et sportif, et non agricole ou tout autre. Allez, Skal Labissière, le pays attend beaucoup de toi !



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