Affaire Bautista, dossier VCS Mining, Jean Max Bellerive se défend et annonce sa participation aux prochaines élections

L'ancien chef du gouvernement et ministre de la Planification sous le second mandat de René Préval, Jean Max Bellerive, rejette les allégations de corruption qui pèsent sur lui dans le dossier de la compagnie minière VCS Mining et les contrats octroyés au sulfureux sénateur dominicain Félix Bautista. Il prend la défense de ce dernier qui, selon lui, serait victime d'attaque politique. L'ancien Premier ministre en profite pour dévoiler son intention de s'impliquer à tous les niveaux aux prochaines compétitions électorales

Publié le 2015-03-11 | Le Nouvelliste

« Je considère qu'il s'agit d'attaque politique. Il est clair qu'à travers Félix Bautista c'est la candidature éventuelle de Leonel Fernandez qui est en cause », a déclaré celui qui a signé des contrats pour l'exécution de certains travaux d'infrastructure avec des compagnies haïtiano-dominicaines, propriétés de M. Bautista. Jean Max Bellerive explique que son véritable problème réside dans les liens qu'on tend à établir entre lui et le sénateur dans le cadre de ces attaques sur la base de sa gestion à l'époque où il était à la tête d'une institution de supervision des travaux de l'Etat et des contrats passés en Haïti. « Mon nom ne figure nulle part dans le rapport d'enquête de la journaliste dominicaine Nuria Pierra qui a déclenché l'affaire », se défend Jean Max Bellerive. Comparativement à la justice haïtienne, la justice dominicaine est plus structurée. Elle a une plus longue histoire démocratique, mais elles ont les mêmes travers, commente l'ex-chef du gouvernement soulignant à grand trait le contrôle exercé par le pouvoir politique sur le système judiciaire. « Le procurador, l'équivalent de ce que nous appelons en Haïti commissaire du gouvernement, qui est en charge du dossier Félix Bautista a été nommé par le président de la République. Ancien ministre, ancien candidat à la vice-présidence et membre d'un parti politique, il a un appui politique », explique M. Bellerive tout en rejetant toutes interprétations pouvant faire croire qu'il serait en train de prendre position en faveur du sénateur Bautista. En ce qui concerne les travaux pour lesquels les compagnies haïtiano-dominicaines, dont Hadom et Rofi ont été engagées, Jean Max Bellerive explique que ce qui se fait ne correspond guère à ce qu'il avait signé. « Après le tremblement de terre, dans le but de booster la croissance, nous avions opté pour la construction massive d'appartements ou de petites maisons à loyers modérés. C'est dans ce sens que j'ai signé deux gros contrats avec trois compagnie pour construire rapidement en deux ans et demi une vingtaine de milliers d'appartements. Ce qui se fait actuellement n'a rien à voir avec ce que moi-même j'avais signé », indique M. Bellerive soulignant que tout a été fait suivant un cadre légal. Il accuse l'équipe au pouvoir qui, selon lui, exige autre chose des compagnies. « Je ne peux pas donner des explications sur ce qui a été décidé après moi », a tempêté Jean Max Bellerive. « Il pense que s'il y avait effectivement des problèmes avec les contrats en question, les autorités auraient pu les suspendre. Ce qu'elles n'avaient pas fait ». Il a pris le contre-pied aussi de ceux qui l'accusent d'avoir accordé les contrats à des compagnies dominicaines au détriment des compagnies haïtiennes. « Après le tremblement de terre, toutes les compagnies haïtiennes travaillaient à cent pour cent, ce qui nous avait contraint de faire appel à des partenaires étrangers », a fait savoir Jean Max Bellerive rappelant qu'il avait exigé aussi à ce que celles soient nationalisées. Incriminé dans plusieurs dossiers de corruption, Jean Max Bellerive indique que « depuis quatre ans il n'a jamais vu l'ombre d'une preuve qu'il aurait touché une gourde de manière irrégulière soit dans la signature d'un contrat soit dans la procuration de certains avantages à des compagnies spécifiques », témoigne Jean Max Bellerive. Ce sont des attaques de décrédibilisation, rétorque l'ex Premier-ministre, qui en a profité pour apporter d'autres précisions dans le cadre du dossier de VCS Mining. Pas de trafic d'influence dans l'affaire VCS Mining Il a de but en blanc rejeté la thèse de conflit d'intérêt. « Je suis arrivé au conseil d'administration de VCS Minig, à titre honorifique, longtemps après avoir été ministre de la Planification et Premier ministre », précise M. Bellerive. Il a aussi fait savoir qu'à cette époque, il n'avait jamais été sollicité pour faire avancer le dossier de la compagnie qui a obtenu son permis d'exploitation de l'or le 21 décembre 2012 pour un projet à morne Bossa, dans le Nord-Est. « La loi haïtienne est très claire en ce qui à trait aux procédures pour obtenir un permis d'exploitation. Je suppose que toutes les démarches qu'ils ont entreprises entrent dans le cadre de cette loi », ajoute-t-il rejetant les accusations sans fondement dont il fait l'objet. « Je suis en paix avec moi-même », a fait savoir l'ancien chef du gouvernement rappelant qu'il n'a joué non plus aucun rôle dans la détermination des royalties à accorder à l'Etat haïtien par le VCS Mining. Jean Max Bellerive pense que l'analyse de ses biens peuvent prouver qu'il n'a pas accumulé de l'argent indu au cours de cette période. Rejetant l'idée selon laquelle un ancien haut fonctionnaire ne devrait représenter des compagnies traitant avec l'Etat, Jean Max Bellerive pense qu'il revient à l'Etat de mettre les balises afin d'éviter des trafics d'influence et d'appliquer les procédures concernant les déclarations de patrimoine avant et après la prise d'une fonction publique. M. Bellerive a par ailleurs estimé qu'il existe « d'énormes opportunités » dans le secteur minier en Haïti. Mais il déplore l'absence d'un état des lieux réel. Il souhaite également que des dispositions soient prises en vue de la protection de l'environnement et des populations avoisinant les mines. Prêt pour les prochaines élections Ce n'est plus un secret. Jean Max Bellerive participera aux prochaines élections. Pour le moment, il prétend qu'il ne sait pas à quel poste il se présentera. Ce dont je suis sûr, c'est que je serai impliqué à différents niveaux aux prochaines élections, a révélé Jean Max Bellerive. Se présentant comme un homme d'équipe, il indique qu'il n'a pas l'intention d'y aller seul. « Au-delà d'une campagne de candidature individuelle, je suis dans une logique de construction de force politique durable qui exige beaucoup d'argent », lance-t-il tout en appelant à la collaboration de ceux qui en ont les moyens. « Est-ce que cette force politique durable me désignera pour le représenter aux élections présidentielles ou choisira-t-elle un autre candidat? Pour moi, c'est une considération importante », répond M. Bellerive sans avoir l'air convaincant. Il dit y travailler sérieusement. Pour l'instant, il laisse entendre qu'il a déjà obtenu décharge pour une bonne partie de sa gestion en tant qu'ancien ministre de la Planification et Premier ministre. «Je n'ai jamais confondu affection, lien de parenté, amitié et attache politique», a lâché celui qui ne nie pas son lien de parenté avec le président Michel Joseph Martelly. Mais Jean Max Bellerive rejette toute possibilité de faire équipe avec Tèt Kale. « J'étais ministre et Premier ministre sous la bannière d'un secteur politique », et c'est là que se trouve mon attache politique, a-t-il lâché très clairement.
Danio Darius
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