Accident/Autopsie

Drames au carnaval : De quoi sont morts tous ces gens ?

Publié le 2015-02-20 | Le Nouvelliste

Cinq jours après le terrible accident qui a fait 17 morts (dernier bilan revu à la baisse par les autorités) sur le parcours du carnaval le deuxième jour gras, personne n’est en mesure de dire avec certitude et précision de quoi tous ces gens sont morts. Il faut attendre les résultats de l’autopsie. Oui ! Tous les corps seront autopsiés, confie vendredi au Nouvelliste le Dr Claude Suréna, responsable du comité urgence et secours au carnaval, moins de 24 heures avant les funérailles des disparus. Il y a beaucoup de suppositions et d’opinions médicales sur les causes des décès survenus le mardi 17 février au deuxième jour du carnaval, reconnaît le Dr Claude Suréna. Cependant, le responsable du comité urgence et secours au carnaval souligne au Nouvelliste que seules les autopsies pourront révéler avec certitude de manière légale et scientifique les causes des décès. Depuis jeudi, les autorités ont démarré avec les autopsies des corps. Jusqu’à vendredi 20 février, il ne restait que sept corps à autopsier, précise le Dr Claude Suréna. «… probablement l’autopsie des corps sera terminée d’ici cet après-midi (vendredi) », indique-t-il, soulignant qu’il y aura un rapport dans lequel seront établies les causes réelles des décès. Mais avant, dit-il, « on suppose que parmi eux il peut y avoir des électrocutés, mais la première impression laisse croire que la majorité des personnes décédées pourraient avoir été asphyxiées lors de compression de foule ou piétinées », avance le médecin, précisant encore une fois qu’il faut attendre l’autopsie pour avoir la version officielle. S’agissant des personnes blessées qui sont au nombre de 78, selon les chiffres officiels, le Dr Claude Suréna fait savoir au Nouvelliste qu’il ne veut pas parler de blessés dans ce contexte, mais plutôt de victimes. « On a rencontré tous types de cas : des jambes et des épaules cassées, des plaies, des troubles respiratoires, des paniques émotionnelles… C’est ce qui explique que de ces 78 blessés, 72 d’entre eux ont quitté les hôpitaux les 24 à 48 heures qui ont suivi l’accident », argumente le médecin. Parmi les corps inertes et les blessés admis à l’hôpital, il y en avait qui laissaient entrevoir des signes de brûlures électriques, souligne avec prudence le Dr Suréna. Cependant, le médecin reconnaît qu’il n’est pas trop évident que quelqu’un qui se trouvait dans la foule puisse être électrocuté comme cela a été le cas pour Fantom. Mais les possibilités existent. Le Dr Suréna se demande si les gens qui présentaient des signes de brûlures étaient en contact avec le char musical de Barikad Crew qui est en métal au moment où l’incident électrique s’est produit. Aucune réponse pour l’instant. Encore une fois, il faut attendre les résultats de l’autopsie, dit-il. Jusqu’à vendredi 20 février, il ne restait que quatre blessés encore à l’hôpital, deux à l’hôpital l’Espoir et deux autres à l’OFATMA, dont le chanteur de Barikad Crew, Fantom. Ce n’est pas que leur situation soit grave, souligne le Dr Suréna, mais ils présentent des symptômes qui exigent qu’ils restent sous surveillance médicale. L’Hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti (HUEH), communément appelé l’hôpital général, est parmi les centres hospitaliers qui ont reçu les victimes de l’accident du mardi 17 février au Champ de Mars. C’est surtout l’HUEH qui a reçu les corps des fêtards tués dans l’accident. Cependant, le directeur exécutif de l’institution n’entend pas intervenir sur le dossier. Contacté vendredi par Le Nouvelliste, le Dr Maurice Mainvil estime avoir déjà tout dit. Pour lui, le dossier est politico-technique. La phase technique est finie, dit-il. « J’ai réceptionné les cadavres parce que c'est la morgue municipale, mais ils ne sont pas morts chez moi. Le gouvernement m’a demandé de les répartir dans des pompes funèbres », dit-il, sous l’insistance du journal. Le Dr Maurice Mainvil souligne que le jour même de l’accident il avait donné un point de presse sur le dossier qui, dit-il, relève maintenant du ressort du gouvernement. « Je n’ai plus de malades chez moi, je ne suis plus habilité à parler de ce dossier qui est politique », lance-t-il. Effectivement, l’accident du 17 février sur le parcours du carnaval a été politisé tant du côté du gouvernement que du côté de l’opposition politique. Le gouvernement a profité de l’occasion pour refaire son image et l’opposition pour tenter d’acculer le pouvoir en l’accusant d’être le seul responsable. Le gouvernement organise ce samedi 21 février des funérailles officielles pour les 17 personnes décédées après avoir décrété trois journées de deuil national. Il a promis toutes sortes d’accompagnement aux familles des victimes.
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