« 12 janvier 2010, l’Université de Port-au-Prince s’en souvient et se relève ! »

Trois mois après le séisme du 12 janvier 2010 qui a détruit son bâtiment, l’Université de Port-au-Prince (UP) recommençait déjà à fonctionner dans des pavillons (constructions légères). Cinq ans plus tard, elle se relève tant bien que mal et dit caresser d’ambitieux projets, dont la reconstruction sous peu de nouveaux bâtiments.

Publié le 2015-01-22 | Le Nouvelliste

National -

« 12 janvier 2010, l’UP s’en souvient et se relève ! », peut-on lire sur une banderole suspendue à la rue Rivière en face du principal immeuble de l’Université de Port-au-Prince. Une façon pour les responsables de cette institution universitaire privée, vieille de plus de 30 ans, de dire qu’ils n’ont pas oublié les quelque 120 étudiants, professeurs et personnel administratif qui sont partis ce jour-là sans avoir le temps de dire au revoir aux leurs. Une façon également de ne pas baisser les bras et de continuer à regarder vers l’avenir. Derrière la grande barrière grise au numéro 19, son building de quatre étages, qui s'est effondré il y a cinq ans a fait place à des constructions beaucoup plus simples et présentant moins de risques. Cinq ans après ce drame, c’est encore avec une grande tristesse, mais aussi avec réconfort que le recteur de l’UP évoque ce malheureux passé. « C’était très triste, confie Gérard Dorcély dans une entrevue accordée au journal. Mais à côté de cette tristesse qu’a provoquée la disparition de plusieurs étudiants et professeurs, entre autres, nous avons pu trouver aussi un élan de générosité chez les jeunes qui ont cherché à sauver la vie de leurs camarades. Il fallait les voir les mains nues essayant de soulever des blocs de ciment assez lourds pour sauver la vie de leurs camarades. C’était vraiment dans ce drame qu’on a pu trouver des éléments de réconfort. Parce que ces jeunes se sont élevés à la hauteur de héros en cette triste occasion, en exposant leur propre vie pour sauver la vie de leurs camarades. Nous avons tiré comme conclusion que, quoi qu’il arrive, Haïti ne périra pas », explique le recteur Dorcély. Le secrétaire général de l’UP, Hénock Louis, affirme, quant à lui, qu’il était déjà rentré chez lui lorsque la terre a commencé à trembler en ce tristement inoubliable après-midi. « C’est un chauffeur qui, quelques heures après le séisme, est passé chez moi pour me dire que notre bâtiment de quatre étages de la rue Rivière # 19 s’est effondré. Nous n’avions pas pu mesurer l’étendue des dégâts sur le coup. Il y avait un séminaire à l’étage qui était animé par un canadien qui est malheureusement mort dans la catastrophe… » Faisant l’historique de son université, Hénock Louis indique que l’UP a commencé à fonctionner le 3 novembre 1983 avec 43 étudiants dans un petit local à Turgeau sous le nom de l’IGC (Institut de gestion et de comptabilité), notant que celui-ci a dû changer de local à plusieurs reprises en fonction de la demande. « (…) En 1992, poursuit-il, comme on s’acharnait à nous demander d’autres facultés ou d’autres champs disciplinaires, nous avons dû convertir l’IGC en une université et nous l’avons dénommée Université de Port-au-Prince (UP). Ainsi, nous étions beaucoup plus libres pour ajouter n’importe quelle autre discipline en fonction de la demande dans la société haïtienne. C’est ainsi que nous avons ajouté tour à tour les facultés des sciences économiques, de droit, de communication et langues vivantes et la faculté des sciences informatiques. En 2010, le local s’est effondré après que nous ayons inscrit, en octobre 2009, quelque 4 996 étudiants et refusé une certaine quantité, faute de place dans les salles de classe… » Sur le plan humain, le bilan a été très lourd pour l’Université de Port-au-Prince. D’après Hénock Louis, près de 120 étudiants ont perdu leurs vies (ce jour-là ou quelques jours après) sous les décombres, notant qu’ils (les responsables de l’UP) ont pris près de trois ans avant d’établir ce chiffre-là concernant le nombre de victimes. Cependant, fait-il remarquer, l’UP n’a pas pris autant de temps pour recommencer à fonctionner et permettre aux étudiants de continuer à suivre leurs cours, soulignant que la philosophie de l’UP consiste à éduquer les étudiants, la population en vue de transformer le pays. « Nous avons recommencé à travailler environ trois mois après le séisme, mais il faut dire aussi que, un mois après l’effondrement du bâtiment, nous avons mis en place un bureau pour donner un support psychologique aux étudiants, ajoute le professeur Louis. Nous avons plusieurs locaux que nous avons dû réaménager. Celui de la rue Rivière # 19 s'était effondré mais nous avions le bâtiment # 20 dans la même rue et il restait les vestiges de notre immeuble à la rue Camille Léon. Nous en avons également un à la rue Duncombe. Dieu merci, nous avons pu tenir le coup, et permettre à nos étudiants de continuer leurs études normalement. » Le secrétaire général indique en outre que l’UP a un plan de construction de nouveaux bâtiments à la rue Camille Léon pour reloger l’université, cinq ans après, tout en annonçant plusieurs projets de partenariat avec des universités étrangères. Alors que le financement constitue un casse-tête chinois en Haïti, M. Louis affirme que plusieurs banques accueillent favorablement le projet de construction de nouveaux bâtiments devant reloger l’UP. « Nous sommes presque certains de trouver le pourcentage que la firme de construction va nous demander pour pouvoir entreprendre sous peu la construction », confie-t-il, soulignant que l’UP voit l’avenir avec beaucoup d’espoir et un brin de sérénité parce que, ajoute-t-il, « nous ne sommes pas trop loin du bout du tunnel ». « Nonobstant les difficultés que nous pouvons rencontrer sur notre chemin, renchérit pour sa part le recteur Gérard Dorcély, (…) nous espérons les surmonter comme nous avons surmonté d’autres pour aller de l’avant. Parce que l’Université de Port-au-Prince est un esprit, c’est une idée qui fait son chemin et nous sommes certains que la victoire est au bout de nos efforts », a conclu le recteur de l’Université de Port-au-Prince.

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