CRISE POLITIQUE

Les sénateurs boudent la convocation à l’extraordinaire

Sans surprise, les sénateurs du groupe des six ont boudé la séance en Assemblée nationale devant ouvrir la session extraordinaire convoquée par le président de la République. Seulement 13 sénateurs sur 20 ont répondu présent aux côtés de quelque 70 députés. La séance est reportée au mercredi 7 janvier.

Publié le 2015-01-05 | Le Nouvelliste

National -

Faute de quorum, la séance en Assemblée nationale est reportée au mercredi 7 janvier prochain. Alors que 70 députés ont répondu au deuxième appel nominal, seulement 13 sénateurs sur 20 ont payé de leur présence. Ce qui a, du coup, fait avorter l’ouverture de la session législative extraordinaire à quelques jours de la fin officielle de la 49e législature. A l’exception du sénateur des Nippes Jean William Jeanty, les sénateurs du groupe des six ont brillé par leur absence. Le sénateur de l’Ouest Steven Irvenson Benoît et son collègue du Sud Carlos Lebon ont complété la liste des sept sénateurs absents, avec Moise Jean-Charles, Jean-Baptiste Bien-Aimé, Pierre Francky Exius, John Joël Joseph et Westner Polycarpe. Devant l’impossibilité de réaliser la séance, le président de l’Assemblée nationale a gardé son calme pour présenter, au nom du bureau de l’Assemblée nationale, les « voeux de bonne année à ses collègues parlementaires ». « Je salue la présence les parlementaires présents, j’exhorte ceux qui n'ont pas répondu à la convocation à changer d'attitude. Et j’invite les sénateurs à la conférence statutaire des présidents demain», a dit laconiquement Dieuseul Simon Desras avant d’annoncer le report de la séance au mercredi prochain, à compter de midi. Tandis que le sénateur Moise Jean-Charles, poumon de l’opposition à Martelly, a fait tout un pèlerinage dans les médias lundi matin pour annoncer qu’il fera tout son possible pour boycotter la convocation du chef de l’Etat, son collègue Jean-Baptiste Bien-Aimé, pourtant remarqué dans les parages du Parlement, dénonce un vice de forme dans la convocation à l’extraordinaire. « Il n’ y a pas eu d’entente sur un menu avant l’annonce de la convocation à l’extraordinaire, a déploré Jean-Baptiste Bien-Aimé, soulignant au passage que c’est aujourd’hui même (lundi aux environs de midi) que le président du Sénat a reçu de l’exécutif la lettre convoquant les parlementaires à l'extraordinnare .» L’élu du Nord-Est dit par ailleurs ne pas voir comment les parlementaires vont-ils pouvoir travailler sur le menu proposé par le chef de l’Etat, à savoir la ratification de la déclaration de politique générale du Premier ministre nommé, le vote de l’amendement de la loi électorale, le vote de la loi sur le Fonds national de l’éducation(FNE)… Pour quelle raison ? « Le président a fait le choix d’Evans Paul comme PM de manière unilatérale en dehors des principes de l’accord. Il n’y a pas encore un Conseil électoral qui achemine une loi électorale au Parlement », argue-t-il, ajoutant que le président Martelly ne veut pas vraiment de M. Paul pour être son Premier ministre. Après avoir juré de ne participer à aucune séance en Assemblée nationale sans une entente sur le menu de celle-ci, le parlementaire conseille à Evans Paul de tirer sa révérence s’il ne veut pas laisser sa peau dans cette affaire. Le sénateur Jocelerme Privert déplore aussi que l’agenda de la convocation en session extraordinaire ait été fait sans le consentement du Parlement. « Il n’y a pas eu de préparation pour la séance, a dit le sénateur Privert. La correspondance convoquant le Parlement à l’extraordinaire est arrivée très tard, soit à 12h 45. Il n’ ya pas eu de consentement sur le menu de la convocation… » Si le sénateur Andris Riché, vice-président du bureau du Sénat, a plaidé pour la tenue de la séance en Assemblée nationale, ses pairs du groupe des six disent vouloir rester cohérents. « Nous serions incohérents si nous acceptions de répondre à cette convocation avec un tel menu », tempête Moise Jean-Charles qui n’a même pas été remarqué au Parlement ce lundi. Très amer contre le groupe des six sénateurs de l’opposition, le député de la majorité présidentielle Antoine Rodon Bien-Aimé a qualifié ces derniers de « partisans du chaos ». « Ce sont des jusqu’au-boutistes qui n’entendent même pas accorder le bénéfice du doute à un chef de l’Etat qui a pourtant tout sacrifié pour résoudre la crise », dénonce l’élu de Cerca-Cavajal, regrettant que les sénateurs aient boudé la convocation du président Martelly à environ une semaine de la date fatidique du 12 janvier 2015.

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