Kolektif 509 pour la promotion de l’art contemporain

PUBLIÉ 2014-11-05
Dans la plus ferme tradition, Kolektif 509 organise sa nouvelle exposition dont le vernissage se tiendra le 7 novembre à Villa Kalewès à compter de 5 h pm. Des neuf artistes qui participeront à l’événement, Philippe Dodard, figure de proue du milieu artistique, et d'autres artistes moins connus comme Francisco Silva. En prélude de l’exposition qui s’étendra jusqu’au 16 novembre, Xavier Dalencour et Valérie Noisette, cofondateurs du Kolektif 509, ont fait le point pour Ticket.


Parlez-nous brièvement de Kolektif 509… Kolektif 509 est une entreprise sociale qui a pour objectif de faire la promotion de l’art et des jeunes artistes. Étant nous-mêmes artistes, nous avons rencontré beaucoup de difficultés pour pouvoir exposer dans les galeries afin de montrer notre travail. Nous avons dû prendre en charge notre première exposition. C'est pourquoi on veut aider les jeunes qui souhaitent se lancer dans le domaine. Entre autres, nous travaillons aussi avec les artistes d’expérience afin d’établir un lien entre eux et ceux qui sont nouveaux dans le métier. Nous sommes un axe dans les nouvelles innovations qui se font dans le domaine de l’art. Êtes-vous ouvert au grand public ou avez-vous un secteur cible avec lequel vous travaillez exactement ? On a vraiment une image distincte de l’art dont nous voulons faire la promotion. Nous optons pour un art qui est différent, qui n’est pas traditionnel avec des artistes qui sont en mesure de prendre le risque d’oser et d’apporter du nouveau. Donc, actuellement, nous avons un réseau qui compte vingt-cinq artistes qui vont tenter de vendre leurs créations comme marque. Nous ne cherchons pas à exposer des choses que les gens ont déjà vues. Certes, nous pensons que les galeries font un bon travail de soutien dans ce domaine. Toutefois, nous estimons que ces galeries ne veulent pas prendre le risque avec l’art contemporain tout comme les artistes ont peur de s’y investir. Sur quelles bases vous recrutez les artistes ? Il n’y a pas réellement des critères de sélection. Nous voulons juste encourager et découvrir la création de nouveaux artistes. Par conséquent, on ne choisit pas simplement les gens qui commencent, mais plutôt ceux qui ont une certaine expérience et qui veulent atteindre un niveau de maturité plus avancé. De ce point de vue, nous espérons que notre démarche stimulera les artistes à offrir ce qu’ils ont de meilleur. Sur cette base, on est ouvert à rencontrer tous ceux qui souhaitent collaborer et progresser avec nous, mais cela ne veut pas dire qu’on exposera les œuvres de tout le monde. Nous croyons dans la qualité et dans l’excellence. C’est pourquoi nous voulons montrer le meilleur art d’Haïti. Il n’y a pas que les œuvres d’art que l’on voit à tous les coins de rue qui font l’identité de l’art haïtien. Pourquoi avoir baptisé l’exposition « Les réalités inventées » ? C’est parce que les artistes ont chacun leur monde imaginaire, leur réalité. Ils évoluent dans un univers qu'ils façonnent et perçoivent chacun à leur manière. De ce fait, s’ils n’expriment pas ce qu’ils vivent, personne ne saura le découvrir. Cette exposition met à découvert des artistes d’horizons divers avec des modes d’expressions différentes. Cette exposition fait suite à nos précédentes, dont la première était baptisée « 9 vision ». Les artistes ont chacun travaillé sur le thème ou ils ont tout simplement choisi dans leur collection des œuvres qui correspondent à cette idée ? Évidemment, certains avaient déjà dans leur répertoire des pièces qui convenaient au thème et d’autres se sont mis au travail pour rester dans cette perspective et produire des objets de grande qualité. Parlez-nous des exposants. Ils sont neuf artistes de différentes tendances qui exposeront sur la peinture, la sculpture, photographie, etc. On retrouvera donc Martine Brisson, dont l’œuvre est marquée par son amour pour la nature ; Philippe Dodard, qui présentera à l'occasion ses dessins à l’encre qui sont d’une finesse exceptionnelle ; le photographe Frédéric Dupoux, dont le regard qui voit la beauté où les autres ne la voit pas ; Mireille Fombrun, une très grande artiste qui n'a pas assez exposé en Haïti, selon nous ; Pasko et ses mystérieux personnages ; Joseph Eddy Pierre, dont le talent pour le mariage des couleurs impressionne ; Gregory Vorbe et sa profonde connexion avec les ancêtres ; Francisco Silva et Nathania Périclès, deux jeunes artistes de l'Enarts suggérés par Philippe Dodard. Le chanteur-guitariste Wooly Saint-Louis performera à l’occasion du vernissage. Pensez-vous que le collectif a pratiquement atteint son objectif ? L’objectif est loin d’être atteint. Il y a encore beaucoup à faire. On existe, on est créatif et on a des choses à montrer au monde. Notre mission est de changer la vision préconçue que l’on se fait d’Haïti. On va continuer à faire la promotion de l’art contemporain pour aider ce dernier à atteindre le marché international.

Propos recueillis par Dimitry Nader Orisma



Réagir à cet article