PNH-Opposition-Manifestations

« Manifestations, oui, mais il faut respecter la Constitution », dixit Godson Orélus

La Constitution garantit le droit de manifester, le directeur général de la Police nationale le reconnaît et accepte aussi le fait que la police ne peut pas empêcher les gens de manifester. Cependant, « nous avons la responsabilité d’éviter les casses, la Constitution nous donne l’autorité de protéger les vies et les biens », a martelé Godson Orélus dans une interview exclusive accordée mercredi au Nouvelliste dans son bureau.

Publié le 2014-10-22 | Le Nouvelliste

Objet de nombreuses critiques après la dispersion de la manifestation de l’opposition le 17 octobre dernier, le directeur général de la police veut rassurer tout un chacun que l’institution qu’il dirige ne fait qu'accomplir le travail que lui confère la Constitution. « La Police nationale restera toujours du côté de la Constitution », a déclaré Godson Orélus dans cette interview exclusive accordée au Nouvelliste. « Nous sommes dans une conjoncture politique difficile, a-t-il dit. Il y aura des élections… Tout le monde aurait aimé voir la police de son côté. Non ! Nous resterons du côté des lois et de la Constitution. » Répondant à ceux qui estiment que la PNH est politisée, Godson Orélus a déclaré que ses décisions ne sont manipulées par aucune main politique, mais a souligné que le Premier ministre Laurent Lamothe est le président du CSPN qui compte aussi les ministres de la Justice, de l’Intérieur. « Ce qui est important, la Police nationale fait son travail suivant le cadre fixé par la Constitution», a-t-il garanti. Selon le directeur général de la Police nationale, la manifestation de l’opposition le 17 octobre dernier, à l’occasion de la commémoration des 208 ans de l’assassinat de Jean-Jacques Dessalines était émaillée de violence. Les manifestants, a-t-il dit, ont cassé des parebrises de véhicules, obstrué les routes avec des pneus enflammés. Il y avait, a-t-il ajouté, des incitations à la violence. Godson Orélus a estimé que les responsables de la manifestation de l’opposition devaient venir discuter le parcours de la manif avec la PNH afin, a-t-il dit, de mieux garantir la sécurité des participants. « Ces derniers jours, c’est un huissier qui apporte une correspondance à la DDO pour annoncer une manifestation sans la signature des organisateurs. Il n’y a aucune prise de contact entre les organisateurs et la police », a-t-il dénoncé. C’est une tradition que chaque année le 17 octobre le gouvernement dépose une gerbe de fleurs au Pont-Rouge à l’occasion de la commémoration de l’assassinat de Jean-Jacques Dessalines, a-t-il souligné. Les autorités avaient décidé également d’organiser le même jour une autre activité à Delmas 2. Selon le patron de la PNH, le parcours de la manifestation de l’opposition coïncidait d’abord avec l’endroit où les membres du gouvernement prévoyaient de déposer la gerbe de fleurs à Pont-Rouge. «Ensuite, l’opposition avait annoncé qu’elle se rendrait à Pétion-Ville avec des appels à la violence», a-t-il rappelé. «La police n’a pu contacter aucun des organisateurs de la manif de l’opposition pour planifier le parcours, regrette le chef de la PNH. La police a décidé seule le parcours que devait suivre l’opposition afin d’éviter toute confrontation et assurer la sécurité des participants, a-t-il souligné. C’était une décision arrêtée, la police ne permetrait pas aux manifestants d’aller à Pétion-Ville parce qu’il y a eu des appels à la violence», a indiqué M. Orélus. Il a reconnu que la police avait empêché les manifestants de passer à Delmas 2. «A ce moment, ils ont lancé des pierres et la police a utilisé les instruments internationalement reconnus pour faire face à la situation », a indiqué Godson Orélus. « La démocratie ne permet à personne de faire tout ce qu’il veut. Sans les forces de l’ordre il n’y a pas de démocratie. Le droit de tout le monde doit être respecté », a martelé le chef de la Police nationale. A Delmas 29, la police a décidé de mettre fin à la manifestation. Il y a eu une échauffourée entre les forces de l’ordre et les manifestants qui voulaient à tout prix se rendre à Pétion-Ville. « L’opposition a le droit de manifester, mais elle doit le faire dans le respect des lois et de la police », a exhorté M. Orélus. « Lorsque les parebrises sont cassés, il y a une victime qui avait le droit d’être protégée par la police. Elle peut intenter une action en justice contre les forces de l’ordre… » En revanche, Godson Orélus a demandé aux policiers d’être plus professionnels en évitant de lancer du gaz lacrymogène dans les zones où il y a des écoles et des hôpitaux et d’avoir une attention particulière pour les journalistes. Il a appelé les organisateurs des manifestations à la sagesse en discutant avec la police le parcours qu’ils veulent emprunter. M. Orélus a souligné à maintes reprises qu’il est de la responsabilité des policiers de protéger les manifestants et d’éviter les casses. Le sénateur Moïse Jean-Charles se trouvait au mauvais moment au mauvais endroit… Le farouche opposant au pouvoir en place a connu des moments difficiles au cours de la manifestation du 17 octobre. Selon le sénateur Moïse Jean-Charles, il était particulièrement ciblé par les policiers qui lui lançaient du gaz lacrymogène à profusion. Il a dénoncé une tentative d’assassinat contre sa personne en pointant directement du doigt plusieurs ministres du gouvernement qui auraient planifié le coup. « Je ne comprends pas comment un policier pourrait cibler un sénateur en lui lançant du gaz», a démenti le directeur général de la PNH. Selon M. Orélus, Moïse Jean-Charles se trouvait là où la situation a dérapé et que la police était obligée de disperser la manif. « Lorsque j’avais besoin du vote du Parlement, le sénateur Moïse Jean-Charles m’avait questionné sur les manifestations, je lui avais dit que je ne tolérerais aucun désordre dans les manifestations. Ils m’ont voté ! », a rappelé M. Orélus. Et les victimes de la manifestation, qui leur donnera justice ? « Les citoyens André Michel, Jean Pierre Richard Félicin et Pierre Richard Duverseau ayant pour avocats Me Newton Louis St Juste et Mario Joseph ont sommé ce mardi 21 octobre 2014 Godson ORELUS, directeur général de la Police nationale pour lui rappeler que les organisateurs de la manifestation antigouvernementale du 17 octobre 2014 ont respecté toutes les formalités exigées par la Constitution et les conventions internationales sur les libertés publiques auxquelles Haïti est partie prenante », lit-on dans un email envoyé au Nouvelliste part Me Newton Louis St Juste. « Un délai de huit jours francs est accordé à Godson ORELUS pour communiquer auxdits avocats les noms et matricules des policiers qui avaient dispersé violemment la manifestation de l’opposition ce 17 octobre 2014. En cas de refus, Godson ORELUS sera personnellement poursuivi au correctionnel pour attentat à la liberté conformément à l’article 85 du Code pénal qui dispose : « Lorsqu'un fonctionnaire public, un agent ou un préposé du gouvernement, aura ordonné ou fait quelques actes arbitraires et attentatoires, soit à la liberté individuelle, soit aux droits politiques d'un ou de plusieurs citoyens, soit à la Constitution, il sera condamné à la destitution », a poursuivi le message. Interrogé sur cette menace, le directeur général de la Police nationale s’est questionné sur qui fera justice à ceux dont les véhicules ont été saccagés par les manifestants. « La loi me donne la responsabilité de protéger, j’attends qu’on m’appelle par-devant la justice. Je fais mon travail, je ne me laisserai pas intimider. Je n’ai pas besoin qu’on m’aime. Je ne ferai ni d’abus ni d’excès… »
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