Quand Moise Jean-Charles douche René Préval

Publié le 2014-10-15 | Le Nouvelliste

Le sénateur Moise Jean-Charles, farouche opposant au pouvoir en place, ne voit pas d’un bon œil la rencontre entre l’ex-président René Préval et le président Michel Martelly au palais national mardi dans le cadre de la série des consultations initiée par le chef de l’État dans le but de trouver une issue à la crise préélectorale. Selon le parlementaire, les personnalités politiques qui défilent au palais présidentiel pour multiplier des propositions de sortie de crise au président Martelly ne font que perdre leur temps. « Heureusement, je n’ai pas de proches qui vont dans ces consultations au palais national pour danser du carnaval », a réagi le sénateur Moise Jean-Charles, à l’issue d’une conférence de presse sur la décision de l’Organisation des Nations unies de proroger le mandat de la Minustah dans le pays. Cette conférence de presse a donc servi de prétexte à l’élu de l’INITE pour flamber l’ex-président Préval dont il a été le conseiller politique. En ce qui concerne son amitié avec l’ancien chef de l’État, Moise Jean-Charles dit vouloir apporter une clarification une fois pour toutes. « Pour l’intérêt du pays, le sénateur Moise Jean-Charles n’a pas d’amis», a-t-il tempêté. Pour prouver qu’il n’a jamais été un ami pour René Préval, Moise Jean-Charles évoque le fait qu’il s’était catégoriquement opposé à un choix de ce dernier dans son département. « Le président Préval avait choisi un candidat dans le Nord alors que j’avais supporté un autre candidat, précise-t-il. Nous sommes clair. Devant l’intérêt du pays, nous n’avons pas d’amis. Certes, j’ai été le conseiller politique de l’ex-président Préval. Mais je l’ai toujours dit : C’est le président cubain Fidel Castro qui a imposé ce choix à M. Préval. » Tout le monde doit savoir, poursuit Moise Jean-Charles, que ce n’était pas une faveur que Préval nous a faite. « Notre présence dans son entourage, c’était dans le but de faciliter le déblocage de l’argent du fonds PetroCaribe », révèle-t-il. L’ennemi juré du président Martelly indique qu’il est en faveur de toute bataille qui vise à favoriser le changement dans le pays, la reprise de la souveraineté nationale, la réforme agraire, le départ de la MINUSTAH… « Mais nous ne sommes pas d’accord avec les actions qui tendent à cautionner la présence de Michel Martelly à la tête du pays. » Parallèlement, les députés Patrick Joseph et Guy Gérard Georges applaudissent la rencontre entre les deux hommes. Tout en déplorant le fait que le président Martelly a pris trop de temps pour consulter l’ex-président Préval, l’élu de St-Michel/Marmelade considère ce dernier comme un spécialiste dans la question de la stabilité pour avoir accompli deux mandats et resté dans le pays sans la moindre hésitation. Pour sa part, le député Guy Gérard Georges pense que cette rencontre devait être la dernière étape devant aboutir à la négociation politique entre les différents acteurs politiques. « Les conseils de René Préval devraient aider le président Martelly à sortir de l’impasse »,ont-ils conclu.
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