Assises de la société civile du Marien sur la préservation de l'art taïno

Publié le 2014-01-29 | Le Nouvelliste

Culture -

Sur l'initiative de M. Max Jean-Louis, président de l'Espace de concertation suzannaise, les premières assises de la société civile du Marien se sont déroulées le samedi 25 janvier à Sainte-Suzanne (Nord-Est), avec pour objet de faire connaître l'importance du site taïno de Foulon en vue de sa protection et de sa préservation. Nombreux ont été les Suzannais à répondre à cette invitation chez l'ancien gouverneur de la Banque centrale et président de la Chambre de commerce et d'industrie du Nord-Est, M. Fritz Jean, avec une cinquantaine de personnes. Des représentants de la Police et des collectivités territoriales, le député Pierrogène Davilmar, le magistrat Saint-Vil William et des personnalités de la communauté étaient présents. Présidant la réunion aux côtés de Fritz Jean, du député Davilmar et de Jacquelin Comper, vice-président de l'Espace de concertation suzannaise, Max Jean-Louis a sensibilisé l'assistance à l'importance et à la préservation des magnifiques pétroglyphes taïnos gravés sur les "roches tampées" découvertes, il y a quelques années, dans la localité de Sainte-Suzanne. Ce patrimoine préhistorique et archéologique est à la fois une richesse culturelle à transmettre aux générations futures et un moyen de développement économique pour la communauté. Il représente également un volet important de l'identité du peuple haïtien et de l'histoire de son territoire. Sainte-Suzanne est située dans le caciquat marien dont le chef était Guacanagaric. Les Indiens Taïno étaient une ethnie majoritaire dans les îles de la Caraïbe et ils ont laissé de nombreuses traces de leur civilisation qui sont préservées dans les pays voisins et méritent le même intérêt en Haïti. Leurs écritures pariétales à Sainte-Suzanne s'étalent sur quelque cinq mètres de long sur des roches de couleur mauve, le long de la rivière Saint-Martin. M. Jean-Louis a déploré la présence de fatras et de bouteilles plastiques profanant le site, exhortant les auditeurs à conscientiser la communauté sur la nécessité de porter le même respect pour l'environnement que les indiens eux-mêmes. De même, lors de notre visite du site, nous avons remarqué la déforestation récente d'un terrain pentu sur lequel se trouvait une petite forêt qui donnait un caractère idyllique au site que les indiens avaient choisi pour y graver leurs symboles. "Le site est en danger constant", a fait remarquer le président de l'Espace de concertation. Ce danger est constitué d'une part par l'anthropogénie, c'est-à-dire par le comportement de l'homme, avec l'utilisation, sans réflexion sur les conséquences pour l'environnement, des machettes, des bougies, des liquides toxiques. D'autre part par les conditions climatiques. En effet, les variations de température et la réaction chimique de l'eau et du dioxyde de carbone provoquent la dissolution de la roche et agit sur les gravures. Depuis des centaines d'années, les pétroglyphes à ciel ouvert subissent un processus de dégradation constante et certains, ayant subi l'usure du temps et du climat, sont déjà moins visibles. Une protection des pétroglyphes contre les dégâts de l'eau est à concevoir. Plusieurs intervenants ont ensuite pris la parole, démontrant leur intérêt et leur motivation pour le sujet par leurs questions et réflexions pertinentes. La protection et la préservation du site avant l'arrivée des touristes ont été mises en évidence. Gardien, panneaux signalétiques, consignes de sécurité et de protection, toilettes, kiosques, guides touristiques, stèle en hommage aux Taïno, ont été abordés dans le contexte d'un tourisme écologique conséquent. L'importance de la reforestation de l'endroit et la restriction du pâturage des bêtes ainsi que la délimitation d'une zone propice aux recherches archéologiques sur les lieux d'habitation Taïno adjacents ont été évoquées. L'identification et l'inventaire d'autres sites voisins tels que le fort Capois, les chutes Babichone, le saut Picolet, s'ajoutant aux roches tampées de Foulon permettraient à Sainte-Suzanne de devenir une destination touristique aux multiples facettes. La prochaine étape de ces assises aura lieu le 1er février 2014 à Port-au-Prince, au Parc Historique de la Canne à Sucre, avec des spécialistes de la question, des représentants des ministères de la Culture et du Tourisme, de l'ISPAN, et avec pour invité d'honneur le directeur général du Bureau national d'ethnologie, Erol Josué. Sont prévues pour la suite de ce projet de mise en valeur et de préservation des "roches tampées", une réunion avec les collectivités territoriales de Sainte-Suzanne et une "konbit" de nettoyage et de sensibilisation sur le site de Foulon.

Carole Devillers Auteur

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