Septentrional

27 juillet 1948: Une date ; une histoire ; un orchestre

Publié le 2014-01-29 | Le Nouvelliste

Islam Louis Etienne Septentrional est un engin à deux roues à l'image d'une bicyclette. On ne peut pas raconter les événements qui ont conduit à sa formation sans parler de deux personnalités en particulier. Ce sont deux pièces maitresses qui ont écrit l'histoire. Si la formation de l'orchestre septentrional, faisant l'objet de la présente étude, représente une bouche ces deux citoyens incontournables dont l'un, répondant au nom de Jean Meneau, guitariste, professeur de guitare classique, ainé et maestro du quatuor septentrional, un homme effacé, affable, très peu bavard mais productif, imposant et discipliné, constitue la langue qui permet d'avaler les aliments écrasés ; l'autre, Ulrick Pierre-Louis, plus jeune, plus fougueux, dynamique, un homme de vision et de responsabilité, un musicien et un compositeur consommé, leader et le plus jeune du trio symphonia, recordman de productivité comme compositeur, de longévité comme le plus ancien maestro de sa génération, deuxième maestro de l'orchestre septentrional représente les dents qui servent à loger et à écraser les aliments avant de les avaler. Il est aussi le libéro dans les grands moments, l'homme des situations difficiles, l'arithmétique corrigée qui fait revivre lorsque tout espoir était perdu. Ces deux personnalités représentent les acteurs principaux dans la pièce : orchestre septentrional. Deux noms qu'il ne faut pas oublier dès qu'on parle de l'orchestre septentrional. Ils ont fait et font encore la fierté de tout un peuple. Des noms à pérenniser. Ils se sont signalés depuis leur tendre enfance, chacun de son coté comme des hommes de caractère, de conviction, des meneurs d'hommes. Ils sont comparables à un explorateur qui conduit une aventure périlleuse, presque sans issue à travers la brousse des multiples manifestations de la vie, des conceptions, des savoirs et des hommes avec leurs mythes, leurs pratiques, leurs philosophes et leurs conditions. Le produit obtenu est le fruit de leur travail, de leur rigueur, de leur perspicacité et surtout de leur audace et de leur curiosité pour aller vers l'inconnu et pour explorer l'absolu. Ils ont fait ensemble un tout petit pas... et ont déverrouillé la portière ; car pour obtenir quelque chose que vous n'avez jamais eu, il faut faire quelque chose que vous n'avez jamais fait. L'orchestre septentrional est devenu une œuvre culturelle colossale de grande importance. Des générations d'hommes qui lui ont consacré toute leur existence, se sont relayées pour assurer sa survie depuis plus d'un demi-siècle. Certains plus dynamiques et plus entreprenants que d'autres ont taillé cette sculpture à la dimension du temps présent pour en faire une véritable mosaïque culturelle avec un escalier ou les citoyens de tout âge peuvent trouver comme repère une marche qui conserve précieusement les empreintes de leur époque. D'autres, animés d'un esprit plus étroit, abreuvé dès qu'ils quittent l'ombre de leur clocher, ont abandonné l'expérience parce qu'ils n'avaient pas cru que cette initiative aurait un impact aussi considérable sur notre vie de peuple. Un simple regard sur le passé, nous montre que les civilisations les plus dynamiques les plus créatrices et les plus en vue sont celles qui sont ouvertes à tous les vents de l'esprit pour vivre en commun un passé connu et pour construire ensemble un avenir certain en déposant chacun de nos pas sur du sable mouvant mais sur de roc. Pour connaître septent, il faut participer à sa vie en apprenant et en étudiant son passé, en adoptant ses valeurs et en souhaitant contribuer à leur maintien, en l'aiment comme un fils sans pour autant haïr les autres. Le maître d'oeuvre Jean Menuau Septent a pris naissance grâce d'abord à un concours de circonstances les unes plus cocasses que les autres mais aussi grâce à la volonté et à la détermination de ces deux rassembleurs qui caressaient ce rêve et qui se sont donnés les moyens pour atteindre les objectifs visés. Ce texte vise aussi à inscrire le nom de l'un des rassembleurs, en l'occurrence Jean Menuau, que la jeunesse actuelle ne connait pas, dans le panthéon des grands constructeurs de l'édifice septentrional. D'ailleurs, il est mort dans l'anonymat. L'histoire n'a pas retenu son nom comme un bâtisseur à l'image du Roi Christophe. Ce texte se veut aussi une référence et un témoignage de reconnaissance à l'égard aussi de ce forgeur de destin ''Un recordare'' chaque fois qu'on prétend faire l'histoire de l'un des plus vieux orchestres du monde en activité depuis sa création et sans interruption. Jusqu'à aujourd'hui, on consomme le jus avec appétit, on connait le fruit mais on ignore l'arbre qui a donné le fruit. Pour former le jazz septentrional, Jean tout en étant effacé mais efficace a entraîné dans l'expérience, avec tact, ordre et méthodes ses deux jeunes frères Léandre Fidèle et Rigaud Fidèle (Rigaud était le maestro du jazz capois) puis le leader du trio symphonia et son équipe et enfin un de ses amis d'enfance, un électricien de haut calibre Raymond Jean-Louis. Il les fit venir comme un sirop qui attire les fourmis. Il a géré avec dextérité, tolérance et un esprit d'abnégation les premiers moments du groupe qui était d'ailleurs très difficiles. Il était le premier maestro du groupe et avait la confiance de tous ses pairs. On parle constamment d'Ulrick, mais on oublie fort souvent que c'est Jean Menau qui avait collé les premiers morceaux et défini la nouvelle stratégie du jazz septentrional. Jean n'a pas été oublié, car on oublie ce qu'on a connu. Jean n'a tout simplement pas été connu. Il a évolué à la perfection sur plusieurs tableaux. C'est évident qu'on a connu ses touches magiques comme guitariste du groupe. Les anciennes musiques de septent sont des pièces à conviction qui parlent d'elles-mêmes. Les gens qui ont eu à traiter avec le maestro Jean Menuau ont apprécié sa franchise, son élégance et son entregent. On dit qu'il était plus souple, plus compréhensive et moins intransigeant qu'Ulrick. Les premiers moments de cette nouvelle formation musicale furent pour lui très pénibles, il devait les partager entre son travail de brigadier, sa famille et sa responsabilité de chef d'orchestre. Comme il se déplaçait assez souvent en dehors de la ville pour les besoins de son travail, il ne disposait pas du temps nécessaire pour gérer les activités d'un jazz en pleine expansion. Dans un premier temps, Ulrick qui disposait de plus de temps, de capacité, de jeunesse et de connaissances musicales a été appelé pour remplacer Jean comme chef d'orchestre. Jean est resté une virtuose de la guitare qui a marqué son temps. Comme conseiller, sa voix était très écoutée et faisait la décision dans les moments difficiles. Malgré les facilités que lui accordait son supérieur hiérarchique, il avait de sérieuses difficultés à gérer ces deux activités. Dans un second temps, il abandonna son travail pour s'adonner entièrement à la musique. Plus de trente ans plus tard, son fils aîné Robert Menuau (Bob) a aussi évolué au sein du groupe comme bassiste en marchant sur les brisées du père. Jean Menuau reste et demeure celui qui a concilié les contraires en servant de trait d'union entre le quatuor septentrional, le trio symphonia et le maestro du jazz capois. Le jazz septentrional est d'abord son œuvre. Il doit bénéficier de ce crédit. De génération en génération, on doit retenir ces deux informations essentielles: le jazz septentrional a été créé par Jean Menuau et il a été aussi son premier maestro. Jean est un leader qui a non seulement la capacité de mener les autres, mais encore il détient la possibilité de dominer les situations difficiles plutôt que de les subir. C'est un homme qui a avancé, qui a appris et qui a progressé pas à pas. Il a gardé sa vision, son ambition, sa confiance en ses propres capacités. Il est un homme d'expériences qui a eu des résultats. Il a su transmettre ses émotions réelles, son inspiration, son savoir-faire, son enthousiasme à tout son entourage. Il leur a communiqué de la joie de vivre et de la confiance. Comment ne pas mettre en valeur un homme pareil ? La genèse de l'histoire Autrefois, on enseignait la musique dans les lycées comme matière classique avec la même rigueur et les mêmes exigences que les maths et la physique. On devait l'étudier et affronter les examens. La pratique se faisait à travers la chorale et la fanfare du lycée. Les étudiants qui étaient plus doués ou encore ceux qui avaient la musique dans le sang, saisissaient l'occasion pour monter leurs propres groupes musicaux devant animer les activités parascolaires du lycée comme le 18 novembre, la veillée de Noël, le carnaval, la fête de Pâques, la fête des professeurs le 17 mai, la fête des mères et la fête de clôture de l'année scolaire avant la remise des carnets. Ainsi, Jacob Germain, Jacques Monpremier et Ulrick Pierre-Louis, élèves du lycée et musiciens en herbe au cours de l'année 1941-1942, animaient les activités du lycée. Malheureusement, l'histoire n'a pas retenu s'ils évoluaient depuis le lycée sous le label du trio symphonia. On n'a pu trouver aucune confirmation sur cette question. Ulrick n'a cependant pas commencé à jouer de la musique au lycée. Déjà, chez les frères de l'instruction Chrétienne du Cap-Haïtien, il prenait des leçons de solfège avec Monsieur Damous Gilles qui était une référence dans le département du Nord en cette matière au cours des années 1940. Son père, Constant Pierre-Louis, lui aussi amant de la musique, voyant les penchants de son jeune fils pour la musique, l'encourage et lui offrit des cours particuliers de musique comme complément de formation avec les meilleurs techniciens disponibles sur le marché comme le Pasteur Saint-Armand Gabriel qui lui enseigna la guitare classique. Un soldat des forces armées d'Haïti répondant au nom de David Désamour qui était membre de la fanfare de l'Institution comme flutiste, lui enseigna la flûte traversière. Il est à noter que cet accompagnement a commencé avant l'arrivée d'Ulrick au lycée.Chez les frères, il jouait de la guitare et lisait les partitions.Il faisait cet exercice comme un passe-temps, mais jamais comme l'apprentissage d'un métier avec lequel il allait gagner sa vie. Arrivé au lycée, avec les possiblités qui lui ont été offertes pour étudier et exercer, il était déjà un artiste en plein expansion qui cherchait ses marques. Ses talents d'organisateur, ses possibilités en matière musicale et ses qualités de meneurs d'hommes lui permirent depuis l'école de s'adjoindre ses deux amis, eux aussi musiciens et de beaucoup son ainé Jacob et Jacques de former le trio et d'en assurer son leadership. Ils sont restés soudés à l'école et dans la vie ou tout au moins jusqu'à ce qu'ils aient écrit ensemble l'histoire de l'orchestre Septentrional. Comme élève, Ulrick n'était pas extraordinaire. Il faisait juste ce qu'il fallait pour réussir. Et il réussissait chaque année. Il adorait la littérature surtout Oswald Durand et écrivait aussi des poésies. Il a aussi cultivé le chant. Il chantait depuis là des poésies. Il chantait depuis la chorale des frères. C'était un homme qui avait plusieurs cordes à son arc: Il écrivait, il chantait, il jouait de la guitare et de la flûte, il lisait et écrivait des partitions. En tout état de cause, c’aurait été une rare exception si Ulrick, ne devenait pas un musicien professionnel parce qu'il réunissait toutes les conditions nécessaires à cette fin. Le tournant décisif La mort de Constant Pierre-Louis, à l'âge de 41 ans en 1946, va changer le cours des événements. Ulrick était en classe de 2e au lycée et n'avait que 18 ans d'âge. Sa mère était déjà morte depuis 1935 alors qu'il n'avait même pas l'âge de raison. Il était un orphelin absolu, sans diplôme, sans un quelconque certificat d'aptitude ou de compétence, sans guide et sans aide. Cette situation met en question le sens même de son existence. La lutte pour le quotidien est pressante et imminente. Il fallait agir vite et sans détour. Son seul atout pour survivre, c'était ses connaissances musicales. Il décida d'abandonner ses études classiques et de s'orienter vers une carrière musicale de façon prématurée. Dieu avait entendu sa prière. Au cours de cette même année 1946, trois musiciens bien connus: Claudin Toussaint alias Vye Tonton, Philippe Brave et Marcel Pierre alias Masel Biff qui évoluaient au sein du jazz Youyou, l'abandonnèrent pour regagner le groupe rival, le Jazz capois fondé en 1941, le Jazz capois est l'ancêtre de l'actuel orchestre Tropicana d'Haiti qui représentait l'une des meilleures formations musicales du Cap-Haïtien au cours des années 1940. Le jazz Youyou avait donc trois postes vacantes, les trois musiciens du Trio Symphonia du lycée ont ainsi remplacé les trois musiciens qui avaient laissé le groupe. Ceci se passa quelques mois seulement après la mort de Constant Pierre-Louis, en 1946. Ulrick intégra le jazz Youyou comme guitariste. Selon le calendrier de l'église catholique, chaque zone du pays est placée sous la protection d'un saint patron et selon les dates bien définies, la fête du Saint patron détermine aussi la fête patronale de la localité. Dans certaines localité, cette fête attire beaucoup de pèlerins. Ainsi, le 19 mars 1947, le jazz Youyou devait honorer un contrat à Bahon à l'occasion de la Saint-Joseph pour un cachet de 150 gourdes. C'était aussi une habitude de saluer les autorités civiles et militaires et les notables de la localité à leur arrivée et en retour, il gratifiait l'orchestre d'un pourboire intéressant pour compléter le cachet. Le commandant militaire de Bahon d'alors se déroba avant même la fin de l'exécution de la salutation traditionnelle sans exécuter le geste tant attendu des musiciens. La déception se lisait sur tous les visages et notamment sur celui d'Ulrick. C'était la goutte d'eau qui allait faire déborder le vase. Il s'est senti indigné, humilié et touché dans son amour propre. Il a décidé de ne plus se retrouver ni de mettre aucun musicien dans la situation d'encenser qui que ce soit pour un pourboire. Il faut apprendre aux musiciens à fonctionner comme de véritables professionnels qui travaillent et qui vivent de leur métier. Malgré cet affront, il continua sa pratique professionnelle avec le jazz Youyou jusqu'au mois de septembre 1947 lorsqu'un accident banal, très peu significatif et sans raison apparente alla provoquer son départ du groupe. A l'occasion de la sainte Philomène, patronne du Bord de mer de Limonade, un village de pêcheurs, situé à une dizaine de kilomètres de la ville du Cap-Haïtien, la Jazz Youyou devait honorer deux(2) contrats les vendredi 05 et samedi 06 septembre 1947 pour un cachet de 250 gourdes. La soirée du vendredi 05 septembre se déroulera sans incident. Le lendemain, samedi 06 septembre, la soirée se déroulera normalement jusqu'à la pause. Généralement les musiciens profitent de la pause pour se désaltérer, aller aux toilettes ou encore rencontrer des amis. Ulrick lui, avait d'autres idées en tête. Il profite du déplacement de Joseph Pierre le saxophoniste ténor du groupe pour s'assurer avec son instrument dont il avait une idée en tête. Il profita du déplacement de Joseph Pierre le saxophoniste ténor du groupe pour s'amuser avec son instrument dont il avait une idée du maniement puisque la flûte traversière et le saxophone sont des instruments de la même famille. Il a été publiquement pris à partie par le maestro Youyou qui croyait qu'Ulrick voulait jouer au saxophone pour prendre sa place parce que lui aussi jouait au saxophone alto. Ulrick qui s'apprêtait à fêter son 19e anniversaire le 20 septembre 1947, avait mal digéré les observations publiques du maestro Youyou, décida de mettre fin immédiatement à son contrat et vida les lieux en entraînant certainement avec lui les deux autres membres du trio symphonia. Ils étaient venus ensemble et ils sont aussi partis ensemble sans envisager quelle serait leur plus prochaine destination. Ils n'avaient plus ni cadre de référence ni instruments. Deux de leurs amis d'enfance, Jacquot et Lury Fatal, fils de Monsieur Dupuy Fatal, un musicien de classe qui évoluait au sein de l'orchestre symphonique de Cap-Haïtien, un notable très connu de la ville qui avait chez lui des instruments dont une trompette et un saxophone. Ces instruments furent offerts aux membres du trio à l'insu du père Fatal. Le trio s'est remis rapidement au travail, Jacques Monpremier s'adonna à l'apprentissage de la trompette. Jacob Germain se perfectionna à la technique des percussions et à la pratique du chant et Ulrick Pierre-Louis s'entraîna tout naturellement au saxophone. Le trio symphonia prenait son envol, toute la ville du Cap en parlait. Il s'est frayé un chemin malgré les préjugés et les difficultés, et les premiers cachets commençaient à arriver. Le trio devient de plus en plus solliciter. Le quatuor septentrional Le trio symphonia malgré sa popularité n'était pas l'unique coq du village. Il y avait aussi le quatuor septentrional dont les membres étaient des capois connus et de grandes familles. Leur renommée n'était plus à faire. Entre ces deux groupes il y avait une différence fondamentale. Le quatuor n'avait dans ses rangs que des professionnels qui faisaient de la musique comme passe-temps. Et ils la faisaient avec passion, tandis qu'au niveau du trio, les membres vivaient de la musique. C'étaient des musiciens professionnels. Dans les années 1940 au Cap-Haïtien, on donnait surtout de l'importance aux musiciens de salon qui jouaient du violon ou du piano. Le quatuor a pratiquement effacé ce préjugé parce que avant d'être musiciens, ils avaient déjà un nom, ils avaient de qui tenir avec des références solides qui ne laissaient planer aucun doute sur la personnalité et le prestige de leurs membres du quatuor. Ce quatuor ressemblait beaucoup plus à un jazz de famille qu'à un groupement quelconque tellement les liens étaient proches et ils avaient le support de leurs parents. Ce quatuor était composé des personnalités suivantes: • Jean Menuau, aîné et maestro, guitariste et professeur de guitare classique. Il était employé au ministère des TPTC; • Léandre Fidèle, frère consanguine de Jean Menuau, son cadet de deux ans, il pratiquait le chant, jouait au bandjo et à la guitare. Il était aussi employé au ministère des TPTC; • Théodule Pierre, cousin utérin de Léandre Fidèle. C’était le fils de Georges Pierre et d’Aline Janvier qui était la sœur de Rosa Fidèle, la mère de Léandre Fidèle il chantait en chœur et jouait aux percussions. Il était aussi employé au ministères des TPTC; • Raymond Jean-Louis, l'un des plus grands techniciens en électricité du département du Nord, sérieux et de bonne réputation, un ami d'enfance des trois autres musiciens du quatuor. Il jouait à la guitare et chantait en chœur. Il travaillait comme électricien pour l'usine de sisal de Plantation Dauphin à Phaéton. • Ces quatre (4) jeunes se transformèrent en troubadours et ne ratèrent jamais une occasion pour interpréter les chansons tendres de Tino Rossi et de Lucienne Boyer, soit pour célébrer un anniversaire, soit pour s'amuser, soit aussi pour implorer la piété d'une dulcinée. Ces sérénades nocturnes se donnaient devant le périmètre de la maison de l'intéressée. Cette pratique leur portait aussi préjudice parce qu'assez souvent, ils se sont trouvés en face de la police qui possédait à leur incarcération ou tout simplement à la saisie des instruments pour trouble de la paix publique et voies de fait. On trouvait toujours les moyens d'arranger les choses, parce qu'ils avaient le support et l'appui de certaines grandes familles qui adoraient ces sérénades et qui les encourageaient ouvertement. Le cours des événements allait changer lorsque le capitaine Pierre Paret, alors chef de la police au Cap-Haïtien, jetta son dévolu sur mademoiselle Mercédes Menuau qui devint son épouse. Dès lors, le quatuor se trouvait ranger par alliance sous le manteau protecteur de la force publique et pratiquait son art en toute impunité pour devenir des professionnels de la sérénade. Sa musique devenait de plus en plus populaire et les besoins en sérénade de plus en plus pressants. Dans la même veine, arriva au Cap-Haïtien Emile Anacréon, un technicien en communication qui installa une station de radiodiffusion (La voix du Nord) à l'angle de la rue 19 F, dans un immeuble qui deviendra par la suite la résidence familiale des époux Dupuy Fatal. Anacréon à été très attiré et impressionné par l'exploit du quatuor. Comme il cherchait des activités à sensation pour donner plus d'audience et de visibilité à sa station. Il invita le quatuor à se produire sur les ondes de la station. C'était l'animateur vedette de la station Joseph Miguel qui devait faire les présentations. Il disait qu'un groupe, de cette envergure ne pouvait pas être présenté dans l'anonymat et le baptisa tout bonnement de Quatuor Septentrional. La prestation du quatuor était extraordinaire. Louis Islam Etienne (A suivre)
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