Clotaire Saint-Natus, poète et traducteur

Livres en folie Poète, Clotaire Saint-Natus met son talent et la sensibilité de traducteur qu\'il possède au service de la jeunesse à dominance créolophone de son pays. Il vient donc de traduire en créole le roman Gouverneurs de la rosée. Coup de projecteur sur le métier de traducteur en Haïti.

Publié le 2008-05-21 | Le Nouvelliste

Culture -

Le Nouvelliste: Originaire de l\'Anse D\'Hainault, vous écrivez des poèmes depuis plusieurs années et la poésie est devenue pour vous une passion. Comment en êtes-vous arrivé à la poésie? Clotaire Saint-Natus: On me connaît surtout comme poète. Je prépare toutefois un roman, actuellement ; et j\'ai aussi été journaliste de la presse écrite aux côtés de M. Roger Gaillard, mon ancien professeur, dont je fus un discret collaborateur pendant quelque temps. Pour la poésie, j\'ai fait mes armes, tout jeune, pendant mes études secondaires au collège Saint-Louis de Jérémie alors dirigé par les Frères de l\'Instruction Chrétienne. J\'étais membre du comité de rédaction de L\'ASSOTOR GRAND\'ANSELAIS. J\'y publiais déjà mes poèmes et autres textes. Par la suite, au collège Jean Price-Mars, pendant mon année en philo, j\'écrivais encore et j\'animais alors des ateliers d\'écriture pour mes camarades, écoliers, sous la supervision de René Philoctète, de mon cousin Jean-Claude Fignolé et de Victor Benoit. Etant Grand\'Anselais et ayant surtout vécu à Jérémie, j\'ai naturellement été influencé par les mouvements littéraires et surtout par les grands écrivains des débuts de la littérature haïtienne, et de ma zone natale plus particulièrement. Je les ai valorisés et célébrés à maintes reprises. C\'est ainsi qu\'en 1995, alors que je réhabilitais à mes frais la place Dumas à Jérémie, je m\'assurais de placer une arcade où l\'on pouvait lire « Jérémie, Cité des Poètes ». Je faisais également placer de petites affiches à l\'entrée de chacune des allées et j\'y faisais inscrire le nom de plusieurs grands écrivains de la région. Adolescent, mon frère Joseph Marie, primé internationalement pour sa nouvelle Le Requin Borgne, et moi étions aussi des passionnés de lecture. Les Frères de l\'Instruction Chrétienne, dans les années 1960, nous passaient personnellement, et à nous seuls, toute une série de livres que nous dévorions rapidement. Maxon Charlier faisait de même au début des années 70. Il nous introduisait à des textes philosophiques et politiques très lourds. Ceci vous explique ma passion pour les textes, pour la littérature et aussi pour la poésie. J\'ai grandi dans une famille intéressée par les choses académiques et intellectuelles. Mon père nous encourageait beaucoup en ce sens. Son travail impliquait de nombreux voyages dans toute la Grand\'Anse et nous allions souvent chez mes grands-parents du côté maternel, à Pestel. Ainsi, j\'ai vu beaucoup de paysages et développé un amour particulier pour ma terre natale. Universitaire, j\'y suis revenu pour effectuer des recherches sociologiques dans les houmfò, chez les paysans, chez les hommes de la côte. Je m\'intéressais aux proverbes, aux contes et légendes populaires en ce temps. Mon premier recueil de poèmes Natif Natal (alors uniquement en créole) date de 1979, époque où je travaillais à Radio Soleil et sillonnais tout le pays comme promoteur et concepteur de programmes éducatifs radiophoniques pour les Ti Kominote Legliz. J\'étais devenu de plus en plus sensible à la condition humaine des gens. A ne pas confondre avec Natif-Natal de Morisseau Leroy. Je n\'en avais pas encore connaissance quand j\'écrivais le mien, vu que l\'accès à certains livres un peu plus anciens et aussi contestataires, tirés à peu d\'exemplaires et aussi en créole, était encore assez limité. Par la suite, avec l\'aide de ma femme, Michaelle, et d\'amis éducateurs tels que Nirvah Jean-Jacques, Carole Devillers et Nazaire Nacier, ce recueil sortait en quatre langues durant la seconde moitié des années 80 : NATIFNATAL-LES NATIFS- THE NATIVES - NATIVOS. Nous faisions un exercice intéressant et comprenions déjà la valeur de tels textes pour les jeunes et aussi pour les enseignants. Nous voyions aussi l\'importance de rendre accessible notre littérature dans plusieurs langues afin de permettre à bien des Haïtiens vivant à l\'étranger et lisant d\'autres langues d\'en jouir. L.N: Ce dernier recueil de poèmes Natif Natal, paru en 1979, illustre une écriture simple et dense. Comment aviez pu concilier en écriture ces parts de simplicité et de densité? C.S. N: A l\'époque où j\'écrivais NATIFNATAL, je parcourais tout le pays, tous les milieux défavorisés. J\'étudiais encore aussi, en ce temps, les sous-entendus, la puissance des intonations, des images, des phrases et périphrases de notre langue vernaculaire, le créole. Je voulais brièvement, mais fortement, rendre le poids du fardeau que portent les pauvres qui vivotent journellement; je voulais dire beaucoup, mais en peu de mots ; et que ces mots traduisent les difficultés de la vie de gens souffrant, luttant que j\'avais côtoyés pendant mes recherches universitaires, dans mon travail et que j\'observais déjà des années. Je voulais les présenter dans un conciliabule en plusieurs voix comme ils parlent, en se plaignant, réfléchissant, se cherchant, se révoltant, espérant et hurlant leurs souhaits également. J\'ai vécu ce recueil comme le témoignage d\'une réalité sociale, rendue sous forme de théâtre populaire, où les personnages se livrent, se confient l\'un à l\'autre et donnent à haute voix des messages. Je rêve de voir, un jour ,cette oeuvre sur scène. Malheureusement, je ne me suis pas encore découvert un talent de metteur en scène et mes moyens personnels ne m\'ont pas encore permis de financer un tel plan. L.N: Etes-vous satisfait de l\'accueil fait à Natif Natal, depuis sa parution? Ce recueil existe-t-il en plusieurs langues? C.S. N: J\'ai du réimprimé ce volume en trois fois. La première parution de 500 exemplaires eut lieu modestement dans le cadre de mes activités communautaires en milieu populaire, en 1970. La seconde des années 1980 fut un recueil glacé en 1000 exemplaires avec des photographies mises à ma disposition par un photographe professionnel. Elle fut surtout présentée à des intellectuels et centres de lecture. La dernière fut une autre édition très simple dans les années 2000, distribuée à beaucoup d\'associations de jeunes, de paysans et d\'ouvriers. Il me reste quelques volumes de dernier tirage. Peu nombreux, cependant, sont les auteurs vivant de leur art. Pour moi, l\'important est d\'avoir pu faire imprimer ses écrits, de les avoir distribués à beaucoup de gens et d\'avoir la satisfaction d\'avoir été entendu et d\'avoir aidé à véhiculer des idées que l\'on juge pertinentes. Car, dans mon cas, écrire s\'associe également à l\'accomplissement d\'une mission sociale. L.N: L\'an passé, vous avez publié d\'autres recueils de poèmes, Poématoire, Poémature, Poématique. Parlez-en un peu. C.S. N: Ceux-ci sont en français et d\'un autre genre, plus romantique, plus personnel, et plus classique. Ce sont des poèmes dits et mis sur CD, avec des accompagnements musicaux. Le ministère de la Culture, la Direction Nationale du Livre et les Presses Nationales m\'ont beaucoup appuyé pour la parution de POEMATURE et POEMATOIRE. Je les en remercie. Il me reste à faire sortir le recueil POEMATIQUE. Mais le CD POEMATIQUE est déjà gravé. Comme leurs noms le sous-entendent ou comme je tente, par ces vocables, de le faire comprendre, ce sont des recueils thématiques. POEMATOIRE a rapport à l\'histoire, POEMATURE est un mixte de poématoire et de POEMATIQUE. Et cette dernière est une critique de la société contemporaine, traitant de problématique. Bien des stations de radio ont fait un accueil favorable à ces productions. Je m\'en réjouis. Elles s\'en servent et les diffusent en diverses occasions. Je suis content de voir ces écrits utilisés. De plus, je suis également content du fait que le ministère des Affaires étrangères ait bien voulu rendre POEMATOIRE disponible aux légations haïtiennes à l\'étranger. Cela fait circuler un souffle patriotique et ravive le souvenir de notre pays. Je travaille présentement sur deux autres recueils thématiques et j\'ai déjà enregistré plusieurs de ces poèmes. Malheureusement, je n\'ai pu être prêt et les faire sortir, à temps, avant LIVRES EN FOLIE, cette année. L\'un de ces recueils s\'intitule EFFIGIE et campe des hommes qui m\'ont marqué par certains de leurs traits de caractère. Le deuxième recueil en question, c\'est AU FEMININ PLURIEL. Il présente des types de femmes dans divers rôles et il décrit aussi des personnalités féminines passées et actuelles qui me frappent. L.N: Vous venez de traduire en créole le roman « Gouverneurs de la rosée» de Jacques Roumain. Quel effort une telle traduction créole vous a coûté? Quels encouragements avez-vous reçus? C.S. N: D\'abord, j\'ai voulu rendre un hommage à Jacques Roumain parce qu\'il m\'avait influencé dans ma jeunesse. Je voulais apporter ma contribution à la célébration de l\'année Jacques Roumain. J\'avais certes produit une élégie à Roumain intitulée GOUVENMAN SOUS DLO : GRAN CHIMEN LAWOUZE DOUVANJOU. Je l\'ai conçue avant l\'un de mes voyages à Cuba avec Karine Roumain, l\'an dernier. Vous l\'avez peut-être vue en images sur la Télévision Nationale. Cette élégie qui loue Jacques Roumain et reprend en résumé son grand roman existe en quatre langues, tout comme ma première oeuvre poétique, NATIF NATAL. Les versions françaises et créole sont de moi, la version anglaise de ma femme et celle en espagnol de notre compatriote, le Professeur Gahston Saint-Fleur, qui s\'en est servi, plusieurs fois, dans des cercles littéraires en République Dominicaine. Il vient de faire exposer et vendre mes oeuvres à la Foire Internationale de Santo Domingo le mois passé, au pavillon carïbéen, en dépit du fait qu\'Haïti n\'ait pu avoir son propre pavillon. Voyant que l\'objectif de la Commission de Célébration du Centenaire de Jacques Roumain de faire traduire GOUVERNEURS DE LA ROSEE en créole n\'allait pas être atteint par manque de fonds, voyant aussi que la Faculté de Linguistique Appliquée prenait du retard pour traduire cette oeuvre avec un groupe d\'étudiants, sentant de plus que des proches parents de Roumain souhaitaient ardemment voir le roman traduit en créole et qu\'ils feraient les démarches voulues pour faire éditer une traduction créole de ce roman de Roumain avant la fin de l\'année 2007, je me suis mis fort tard à traduire cette oeuvre. J\'ai tout simplement voulu et j\'ai pu. J\'ai travaillé sans relâche pendant deux mois pour mettre ce roman en créole. Ensuite, pendant un autre mois, j\'ai eu l\'aide des correcteurs des salles de presse des Editions Deschamps. Ils se sont surpassés et mis totalement à ma disposition. Ma femme m\'a aussi été d\'un grand concours. Ses encouragements, ses critiques n\'ont pas manqué. Il en fut de même des encouragements de Marie-José Nadal et du support des dirigeants de la maison d\'édition. Tous étaient motivés et me poussaient à avancer. Pour la couverture, Max Beauvoir et sa fille Rachel B. Dominique trouvèrent la formule. Ils me passèrent, avec une gentillesse extrême, leur tableau de Guerdy Préval primé à un concours de la Galerie Nader. C\'en était fait et on pouvait bien vite mettre la dernière touche. La traduction put sortir à la fin de l\'année 2007, à une date où tous étaient occupés ; mais elle est sortie. Ayant travaillé là-dessus seul, j\'ai pu terminer assez vite. Si équipe il y avait eu, il aurait fallu l\'avis de tous, des modifications plus nombreuses. L\'effort individuel fut grand, mais le travail plus rapide et l\'unité ainsi que l\'uniformité du texte plus grande aussi. Présentement, des ministères montrent un intérêt pour ce livre et comptent le rendre disponible à des élèves, à des groupes intéressés dans la protection de l\'environnement. Je souhaite que leurs promesses soient tenues. Jusqu\'ici, j\'attends. Les sentiments et valeurs qu\'on trouve dans cette oeuvre sont encore actuels et feraient un bien immense, ces jours-ci. L.N: Le métier de traduction est-il difficile? Quelles ont été les embûches? C.S. N: Pour traduire GOUVERNEURS DE LA ROSEE et donc rendre disponible le roman créole MET LAWOUZE DOUVANJOU, il a fallu bien comprendre le contenu et la structure du texte original français de Jacques Roumain. Je connaissais déjà le sujet du livre. Mais cela ne suffisait pas. La structure du texte a du être analysée et étudiée. En effet, elle a commandé l\'usage de certains temps pour les verbes, par moments, afin de bien situer les actions et intentions (Nou tout pral mouri au lieu de Nou tout ap mouri en début de texte), et aussi pour bien rendre cette allée et venue de situations passé-présent qui s\'alternent tout au long du texte. Il aurait et a même fallu parfois ajouter des astérix pour montrer certaines transitions dans l\'action et dans la pensée, d\'un paragraphe à l\'autre. Il a aussi fallu des redondances, par moments, pour bien rendre certaines images et idées. De plus, une standardisation s\'est aussi imposée au niveau de la ponctuation, pour bien s\'assurer qu\'on voyait bien quel personnage parlait à tous moments. Mais aussi, il a fallu bien cerner les choses du point de vue grammatical. Cette traduction a, par conséquent, aussi demandé de bien voir qui parlait dans la version originale du texte, à chaque intervention, et d\'être certain de bien le montrer. En effet, vu qu\'en créole le pronom LI fait parfois référence à un nom distant et pas nécessairement au plus proche de la phrase, il a parfois fallu faire attention à citer à nouveau des noms de personnages, non repris, dans une phrase donnée, dans la version française afin de bien les identifier. L\'autre aspect difficile fut de s\'assurer que l\'on ne traduisait pas littéralement. Il fallait bien rendre, par exemple, les épanchements amoureux en créole, avec des termes, des soupirs et un rythme différent en créole qu\'en français. Car si le texte français est créolisé, il fallait maintenant s\'assurer d\'avoir un vrai texte créole et non un texte créole francisé. Cette traduction m\'a aussi permis de voir que, dans le texte de Roumain, revient souvent la description des mêmes paysages. Il a fallu s\'assurer de les présenter à chaque fois avec des mots différents, sans reprendre à chaque fois les mêmes termes. Or, on dit que notre langue créole est pauvre, manque de précision, de vocabulaire. Alors, ce fut un exercice additionnel que de prouver que la langue créole était capable de variétés, de riches vocables pour rendre une même idée, sous différentes formes. A d\'autres moments, il a fallu faire des redites, des répétitions pour rendre la force de certaines idées ou créer l\'enthousiasme, montrer la conviction des personnages à des moments divers. Une telle démarche fait partie du registre créole même : les mots que l\'on répète, cela fait partie de cette langue. Il a donc fallu savoir quand le faire, pouvoir le justifier, et pourquoi. Toutes ces réflexions et tous ces choix, on fait partie de l\'exercice de traduction, traduction qui a requis une connaissance assez particulière tant du français que du créole - connaissance acquise pendant mes longues années de pratique du français, mais aussi du créole tant en milieu populaire qu\'en milieu d\'enseignement et de recherches universitaires, tant ici à l\'UniQ qu\'à Indiana University. A noter qu\'il a aussi fallu prendre d\'autres décisions : par exemple, celle de ne pas utiliser les apostrophes après certains pronoms. Ceci a demandé des débats avec l\'éditeur. A notre avis, s\'il avait fallu en mettre, ceci aurait alourdi la lecture, la correction typographique et retarder la parution. Plusieurs autres ayant, avant nous, fait la même pratique et ayant éliminé les apostrophes, nous avons pris la même option qu\'eux. De plus, en plus de tout cela, le créole étant une langue dont l\'officialisation est récente et sa maîtrise à l\'écrit moins rigoureuse pour plus d\'un, l\'on a dû bien s\'assurer qu\'un même mot créole dérivant de deux mots français composés étaient partout écrit pareil. Il fallait aussi savoir pourquoi l\'on décidait d\'écrire tel mot composé en un vocable ou deux vocables. Souvent, le choix était lié au débit rapide ou lent constaté dans la prononciation de ces mots. Je ne puis dire que tout ceci a été particulièrement difficile, compte tenu de mon amour particulier du créole, des langues et aussi du roman GOUVERNEURS DE LA ROSEE. Et puis, je n\'en étais pas à mes premières traductions. J\'en ai faites pour l\'Unicef : JARDIN INFANTIL et aussi pour le COLLOQUE SUR LES TRANSITIONS DEMOCRATIQUES, dans le temps. J\'y avais traduit un texte particulièrement difficile. L.N: Vous n\'êtes pas le premier à traduire en créole le roman de Roumain. Une maison d\'édition a déjà fait une traduction du même livre aux Etats-Unis. Pensez-vous que votre traduction est la meilleure? C.S. N: Je me suis gardé de lire cette autre traduction dont vous parlez pour ne pas en être influencé. Je ne voudrais non plus faire aucune comparaison. Je laisse à d\'autres le soin de le faire. Chaque traducteur assume son propre travail et chaque traducteur a ses trouvailles heureuses ainsi que son mérite. Ce que je peux dire cependant, c\'est que j\'ai beaucoup travaillé sur les transitions, les chevilles, la présentation du texte, en plus de simplement traduire. A ce titre, je m\'enorgueillis tout simplement du fait que le rigoureux critique, Pierre Vernet, docteur en linguistique et doyen de la Faculté de Linguistique Appliquée de l\'UEH, m\'ait témoigné une grande amabilité et une grande honnêteté professionnelle en me faisant savoir qu\'il appréciait mon travail et qu\'il le trouvait très valable. Il y a trouvé une unité de style (plus difficile à atteindre quand toute une équipe de traducteurs se penchent sur un même ouvrage), ainsi qu\'une rigueur dans la présentation. Ces qualités qu\'il a notées correspondent à quelques-uns des soucis que j\'avais eus en entamant ce travail. Je pensais qu\'il fallait mettre à la disposition du public haïtien une oeuvre rigoureuse, bien présentée et qui ferait honneur à notre langue maternelle première et qui aiderait par conséquent à la promouvoir. L.N: Pour finir, comptez-vous traduire d\'autres oeuvres haïtiennes importantes? C.S. N:J\'aimerais bien le faire. Naturellement, si je le fais, je voudrais m\'assurer à l\'avance que cette nouvelle contribution sera publiée. J\'aimerais mettre ce talent et la sensibilité de traducteur que je possède au service de la jeunesse à dominance créolophone de mon pays et lui permettre d\'accéder plus facilement à ces textes capables de l\'aider à se retrouver, à s\'identifier et à se tracer une voie. Je pense aussi que ces textes seraient très utiles aux enseignants, écoliers et étudiants si disponibles en français et aussi en créole. Ceci leur permettrait de mieux comprendre les subtilités du français et du créole et ils pourraient ainsi augmenter leurs réflexions ainsi que leurs connaissances et capacités linguistiques. J\'ai pu me rendre compte de l\'utilité de tels exercices avec des universitaires lors de mes cours de Techniques d\'Expression Créole à l\'Université Quisqueya. En fait, je pense que toutes les écoles secondaires et facultés devraient prendre au sérieux un tel cours et l\'offrir. De tels cours créent d\'excellentes occasions pour clarifier certains problèmes linguistiques et aider les jeunes. A date, j\'ai déjà identifié bien des titres méritant traduction. Je ne me suis pas encore mis à la tâche à nouveau. La sélection que j\'ai faite inclut des oeuvres romanesques ainsi que des oeuvres théoriques de grands écrivains haïtiens. Pour maximiser l\'utilisation des énergies et ressources dans ce domaine, je devrai aussi voir que d\'autres ne sont pas en train de traduire en même temps que moi les mêmes titres. De plus, si les oeuvres retenues n\'ont pas cinquante ans, il faudra avoir des autorisations des concernés et de leurs héritiers. Il y a donc des préalables à mettre en place avant de se lancer dans tout nouvel exercice de traduction des oeuvres d\'autrui. Compte tenu de l\'ampleur du travail et de la nécessité d\'avoir divers avis sur certaines questions, je crois également qu\'il serait bon de créer une association de traducteurs ou même un institut national de traduction, regroupant des gens spécialisés ou ayant acquis une grande expérience dans le domaine. Le ministère de l\'Education et celui de la Culture, ou encore les maisons d\'éditions, devraient créer les conditions pour motiver et utiliser ces spécialistes en mettant des ressources à leur disposition pour leur permettre de mieux servir notre système éducatif ainsi qu\'une portion de la population complètement créolophone qui n\'a pas suffisamment accès aux textes. Je peux tout simplement souhaiter que ce voeu se réalise et qu\'ainsi les traducteurs puissent s\'adonner davantage à cette activité, en se libérant de certaines autres obligations vitales pour servir le pays en s\'engageant, pour un temps complètement, à ces travaux de traduction qui demandent tant de temps et une concentration très soutenue. Malheureusement, jusqu\'ici, la promotion du métier de traducteur ne s\'est manifestée surtout qu\'en rapport à ceux intéressés à faire de la traduction payante en contexte politique et diplomatique ; et les formations données se sont plutôt concentrées en ce sens. Mais il n\'y a pas que cela.Je souhaite vivement que mon travail ouvrira la voie et encouragera les jeunes à embrasser cette profession délicate et utile, vu la spécificité linguistique d\'Haiti.

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