Les infrastructures de la DINEPA paient le prix de la dégradation de l’environnement

L’exode rural, les constructions anarchiques dans les flancs des montagnes, continuent de diminuer le débit de certaines sources et tarissement d’autres, ce qui complique de jour en jour le travail de la Direction nationale d'eau potable et de l'assainissement (DINEPA). Intervenant sur Magik 9 le mardi 20 septembre 2022,  Guito Edouard, directeur général de l’institution, a pressé les autorités à agir pour stopper la dégradation de l'environnement.

Publié le 2022-09-21 | lenouvelliste.com

« Au niveau de Tête-de-l’Eau la situation n’a pas évolué, sinon elle a empiré. Les squattérisations ont des impacts sur la disponibilité de l’eau. Les constructions anarchiques mettent en danger l’ensemble des infrastructures de la DINEPA. Les fortes averses du dernier week-end du mois d'août, ont détruit les vannes de nos regards. On est obligé de mobiliser des ressources pour monitorer les réservoirs pour s’assurer de la qualité de l'eau dans la zone », a expliqué Guito Edouard.

La crue de Galèt-Planta et de Galèt-Twou a provoqué des dégâts dans des habitations et emporté une partie de la chaussée à la rue Grégoire, à Pétion-Ville, samedi 27 août 2022. Les photos et vidéos des eaux en furie dévalant les pentes vers l’église St-Pierre et le marché, le cœur de la ville, ont circulé sur les réseaux sociaux pendant tout le week-end et provoqué les commentaires indignés et critiques contre l’État qui a laissé faire. « Aucune instance n’a organisé la supervision des constructions à Tête-de-l’Eau, un quartier qui débouche sur Pèlerin 2, englobe Lakou Flè Pwa, Lakou Zaboka où vivent plus de 7 000 personnes, a expliqué Vivaldi Oslin, porte-parole de Solidarité de Tête-de-l’Eau intervenant à la matinale  de Magik 9, lundi 29 août 2022.

Dans son intervention ce mardi, Guito Edouard a demandé aux autorités du pouvoir central de mettre sur un pied un task force composé des entités comme le ministère des Travaux publics, Transports et Communications, de la DINEPA, des ministères de l’Environnement, de la Santé publique, des Collectivités territoriales, de la Justice et la Sécurité publique pour adresser le problème de la dégradation accélérée de l’environnement Tête-de-l’Eau, déclaré d’utilité publique il y a plus d’une quinzaine d'années.

Le DG de la DINEPA a dénoncé les constructions anarchiques au niveau de Montagne Noire qui ont des conséquences néfastes sur la source Myè. « La source Myè alimente un réservoir de deux mille mètres cubes d’eau. En période de sécheresse, nous avons de grandes difficultés pour alimenter Pétion Ville », a-t-il déploré.

Guito Edouard, qui souligne la nécessité d’augmenter la disponibilité de l’eau à Pétion-Ville, a déploré la fréquence d’augmentation de la population de la commune en dehors d’une stratégie d’urbanisation. « D’année en année, il y a une forte concentration de la population et des infrastructures économiques à Pétion-Ville. Malheureusement cette concentration ne rentre pas dans un plan d’urbanisation », regrette M. Edouard.

Intervenant à l’émission « Dèyè Kay » sur télé 20, le 24 février 2021, Guito avait indiqué que la source « Myè », source Desplumes et source « Tèt dlo », trois principales sources captées depuis une dizaine d’années par la DINEPA pour alimenter l’aire du centre-ville de Port-au-Prince, Pétion-Ville et ses zones environnantes, étaient dans une situation critique. « Même le périmètre immédiat de ces sources est influencé négativement par les activités humaines. Les constructions anarchiques pullulent dans les périmètres rapprochés et lointains de ces  sources. Non loin de ces captages, un marché public fonctionne et des quartiers précaires comme Jalousie ont poussé au mépris des lois en vigueur qui protègent ces zones déclarées d’utilité publique », avait-il fait remarquer.

Jean Junior R. CELESTIN celestinjunior30@gmail.com
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