Réflexions autour de « Afrique debout » de Fatimé Raymonne Habré

Publié le 2021-10-08 | lenouvelliste.com

Longtemps déjà, il a été démontré en sciences humaines et sociales que l’observation demeure un élément capital, à partir duquel se des notions qui, plus tard, se révèleront d’une grande nécessité par leur application justifiée.

« Afrique debout » s’étendant sur 331 pages, paru à Abis éditions, 2019, s’inscrit dans la gamme de « chronique » comme l’auteure le précise d’entrée de jeu.

Il ne fait, certes, aucun doute que le texte en soi, bien articulé et distribué dans les différents chapitres, offre un éventail d’informations de première main, non seulement par rapport à la position naturelle et légitime de l’auteure, mais encore, pour avoir été un témoin fidèle des événements dont le récit est empreint d’objectivité, de clarté et d’émotion, quand il faut considérer sa place à côté de son mari, feu président Habré, jugé et condamné à perpétuité dans un pays frère qui, pourtant, lui avait tout promis jusqu’à sa sécurité.

Le monde est fait d’injustice !

« Afrique debout », offre également la possibilité à tout lecteur averti de découvrir l’immensité des intrigues qui ne cessent de se renouveler par rapport à l’intérêt ou au jeu de l’intérêt lié au pouvoir, tout en soulignant les bénéfices qui y sont associés.

« Afrique debout » par rapport à sa nature littéraire « chronique », peut être lu de façon non méthodique, selon la qualité de l’information à rechercher dans l’un ou l’autre des chapitres, tant la cohésion alimentant la qualité de l’écriture incite à parcourir le texte de la première à la dernière page.

« Afrique debout » s’inscrit, de mon point de vue, dans une dimension historique, diplomatique, politique et culturelle, où se dégagent des compétences en géographie, sociologie, anthropologie, jusqu’à la psychologie propre à l’Africain, sur une base établie en regard aux éléments retenus.

« Afrique debout », par endroits, met l’accent sur une certaine similitude par rapport aux faits qui y sont relatés dans de nombreux pays encore étrangers à l’auteure, au plan physique, mais, à propos desquels elle est suffisamment bien renseignée, qu’elle n’a pas nommément cités, par probité intellectuelle, mais que le citoyen de ces pays reconnaîtra assez facilement.

« Afrique debout » ouvre la voie tout bonnement sur une démarche qualitative de l’homme africain à se relever pour prendre en main son destin, à réécrire son histoire et à réévaluer ses richesses et ressources, afin de se mettre au pas avec les hommes du reste du monde, tout en affirmant sur des bases solides son identité culturelle associée aux valeurs traditionnelles, auxquelles personne n’échappe, tant leur significativité n’est plus à démontrer.

« Afrique debout » apporte une somme d’informations et de données susceptibles d’être exploitées sciemment, dans la mesure où l’on pense effectivement restituer à l’Afrique ce qu’elle nous a offert en termes de contribution et d’expression individuelle, peu importe où se trouve l’homme africain dans le monde.

« Afrique debout » est enfin une référence ethnologique propre consacrant à l’Africain un idéal pour lequel il doit se battre pour l’obtenir et l’afficher tant les défis sont majeurs et les barrières infranchissables.

Tout ceci laisse bien évidemment croire que la plus grande part de l’effort à consentir doit venir d’un coude à coude entre d’abord les Africains de l’intérieur, avant de se répandre et se propager sur ceux de la diaspora avec un même mot d’ordre : « Tous pour l’Afrique », ce qui permettra de bannir les luttes fratricides qui ont trop duré, ni n’ont pas servi à votre avantage, encore moins à celui de l’Afrique toute entière.

Mon plus grand souhait est, j’ose le dire et l’écrire, de voir l’Afrique prendre son envol au plan économique, par transitivité, développemental, de manière à offrir mieux à tous ceux-là qui sont partis à la recherche d’un ciel plus clément, la possibilité d’y revenir et de travailler au bénéfice de cette puissance qui peine encore à se relever, malgré l’efficacité de ses hommes et femmes à l’extérieur, participant aux progrès des autres nations qui vous piétinent en dépit de tout.

En conclusion, je ne cesserai jamais de remercier Madame Fatimé Raymonne Habré pour son courage et sa détermination à offrir ces pages d’une rare qualité à la jeunesse africaine, où qu’elle se trouve.

Ce cri de cœur mérite d’être entendu.

Vive l’Afrique !

Robert Moïse, 

Psychopathologiste 

Professeur aux Universités ( Haïti)

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