La cité administrative et les marchands, incommode cohabitation

À la rue de la Réunion, le nouveau bâtiment logeant la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSCCA) domine. Ce grand immeuble de six étages qui s’étend sur une superficie de 15 258 mètres carrés est à cheval sur deux rues. Des poteaux décoratifs robustes, des fenêtres, des portes vitrées, un toit qui forme un faux triangle, cet édifice, même vu de loin, fait rêver. Dans le décor s’installent des marchands. L’élément intrus de l’ensemble. La fausse note qui crée la cacophonie. Ces marchands nous rappellent qu’on est en Haïti où le manque d’organisation se fait sentir à chaque coin de rue.

Publié le 2021-01-12 | Le Nouvelliste

Les locaux de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif  fraîchement inaugurés attisent le regard des passants à la rue de la Réunion. Plusieurs d’entre eux ne peuvent s'empêcher de soulever la tête pour regarder cet édifice comme pour se convaincre qu’on est bien en Haïti. Les locaux de la Cour, bien qu’entourés par des tôles usées sales, ne cachent pas sa beauté et n’ont rien à envier à d’autres bâtiments de standard internationaux. Tout le bâtiment est orné d'arbustes.

Aux abords de l’institution à la rue du Champ de Mars, un jardin urbain installé au milieu de la rue complète la décoration. Mais la désolation se trouve à quelques pas. De l’autre côté de la rue, là, des marchands élisent domicile. Sur ce bout de trottoir bétonné, des chaises en plastique, des berceuses, des réfrigérateurs, entre autres, sont enquiquinés. Ce sont ceux qui sont traités comme des enquiquineurs.

« Des agents de la mairie de Port-au-Prince, des employés de la CSCCA nous demandent souvent de vider les lieux. Nous refusons de partir parce que les clients savent que nous sommes là.  C’est ici que nous avons rendez-vous avec eux. Si l'on veut chasser les marchands, il faudra tous nous chasser. Ils ne peuvent pas laisser ceux de la rue de Réunion qui nous font de la concurrence », fulmine un marchand.

 En outre, des bandits les chassent de l’ancien local du tribunal de la section Sud où un espace a été aménagé pour les accueillir. « Des bandits de la zone viennent récupérer des places au marché  pour les revendre. Cela peut arriver que tu arrives sur les lieux et qu’un gang vous déloge au profit d’une autre personne », se plaint un autre commerçant

Ces marchands réclament la sécurité au sein de l’espace qui doit servir de marché afin de faciliter leur déplacement. Entre-temps, ce lieu abrite un garage en plein air.

Germina Pierre Louis Auteur

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