Le Collectif pour les droits à la santé sexuelle et reproductive exige le respect des droits des femmes

Publié le 2020-12-14 | Le Nouvelliste

En Haïti, les violences faites aux femmes sont endémiques, systémiques et structurelles. Elles sont transversales à tous les secteurs de la vie nationale. Particulièrement dans le domaine de la santé, ce, nonobstant la consécration par la Constitution de 1987 du droit à la santé, de l’égalité des sexes et de l’interdiction de la discrimination sous quelque forme que ce soit.

Malgré un plan directeur décennal de santé prévoyant une place centrale aux droits à la santé sexuelle et reproductive, bon nombre de femmes n’ont pas accès aux informations de base sur leur sexualité en général, voire sur les voies et moyens à mettre en œuvre pour se protéger contre les Infections sexuellement transmissibles et les grossesses non désirées. Le taux d’intégration des méthodes de contraception est largement en dessous des besoins de la majorité des femmes en âge de procréer. Elles sont encore les plus touchées par les IST et plus particulièrement par le VIH/Sida au point où l’on reconnait« la féminisation » de la pandémie. Cette disparité sanitaire est d’autant plus accrue en ce qui concerne les femmes de condition modeste que nous devons admettre que l’accès à la santé pour la majorité devient le parcours du combattant et le droit à la santé un projet chimérique.

Si on note quelques progrès, le taux de mortalité maternelle est encore l’un des plus élevés  de l’hémisphère occidental avec 359 décès pour 100 000 naissances. La maternité à risque est donc un état de fait,  au point où il est à se demander si la grossesse est un droit fondamental ou une punition sociale en Haïti.

Malgré certaines avancées sur le plan juridique, tel que le décret sur la criminalisation des violences faites aux femmes et la réforme du code pénal, il est à  constater malheureusement des insuffisances où les droits en santé sexuelle et reproductive ne sont ni reconnus ni protégés. Il en résulte un sérieux décalage de l’état actuel du droit positif haïtien en la matière par rapport aux besoins de la lutte émancipatrice des femmes en Haïti. L’accès à la justice pour les survivantes - de  viols individuels et collectifs, de tortures et de massacres – a un caractère purement théorique sans aucune effectivité dans la réalité. La justice est marquée au sceau du machisme dominant et se vend au plus offrant.

Force est de constater que les conditions des droits en santé sexuelle et reproductive sont et demeurent, en Haïti, extrêmement précaires.

L’accès réel et effectif aux droits à la santé sexuelle et reproductive est une condition sine qua non à l’émancipation et à l’épanouissement de la femme haïtienne.

Que cessent les violences et les abus en tout genre contre les femmes de toutes conditions, en général, mais en particulier, les femmes vulnérables, les femmes opprimées, les femmes humiliées, les femmes des couches défavorisées et exploitées, tel est le sens de notre combat au Collectif DSSR que nous tenons à honorer et à mener jusqu’au bout !

Katia Hilaire, coordonnatrice du DSSR

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