Causerie sur la liberté d’expression au Centre PEN Haïti

Pour commémorer la « Journée internationale de la fin de l'impunité pour les crimes commis contre des journalistes », le Centre PEN Haïti organise le 1er novembre 2020 une causerie sur le thème « Liberté d'expression. Liberté en danger ».

Publié le 2020-10-27 | lenouvelliste.com

Le centre PEN Haïti organisera le dimanche 1er novembre une causerie sur le thème « Liberté d'expression. Liberté en danger » avec l'écrivain Lyonel Trouillot, la militante des droits de l'homme Colette Lespinasse et le journaliste Hérold Jean-François, à 5h de l’après-midi dans ses locaux à la rue Levasseur, Delmas 75. Plusieurs activités sont prévues, le micro sera ouvert au public pour des témoignages et des séances de lecture de poèmes de circonstance. Pour clôturer cette soirée en mémoire des journalistes et des écrivains assassinés, une marche aux chandelles aura lieu pour dire non à l'impunité qui règne en Haïti. 

Depuis décembre 2013, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution intitulée « La sécurité des journalistes et la question de l’impunité » qui a proclamé à la date du 2 novembre la "Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre des journalistes." Cette résolution a exhorté les États membres à prendre des mesures précises pour combattre la culture actuelle de l’impunité. Par ailleurs, la date de la journée internationale a été choisie en mémoire de deux journalistes français, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, assassinés le 2 novembre 2013, au Mali.

Ces dernières années ont été terribles pour les journalistes haïtiens. Plusieurs d’entre eux ont été assassinés, Néhémie Joseph, assassiné à proximité du parc de Bayas, à Mirebalais, le 10 octobre 2019, Pétion Rospide, son corps sans vie a été retrouvé aux environs de la rue des Arts plastiques le 10 juin 2019, sans compter la disparition de Vladjimir Legagneur. Tout compte fait, de nos jours, dans ce pays qualifié de « trou de m.. », la justice loge aux abonnés absents, les enquêtes se poursuivent à l’infini, les criminels coulent tranquillement leur vie tout en mettant sous haute tension de paisibles citoyens. 

Selon Reporters sans frontières (RSF), une année durant, Haïti est passé de la 62e à la 83e place dans l’échelon qui évalue chaque année la situation du journalisme. 

RSF est une organisation indépendante basée à Paris. Cet organisme a brossé un sombre tableau de la situation de la presse en Haïti. Dans ce rapport, Reporters sans frontières (RSF) indique que « les journalistes haïtiens sont particulièrement vulnérables et régulièrement pris pour cible lors des manifestations. 

« PEN Haïti » est une association d'écrivaines et d'écrivains haïtiens faisant partie du réseau « PEN international » mais indépendante administrativement et financièrement. Cette association internationale d'écrivains a été fondée en 1921 au Royaume-Uni pour promouvoir l'amitié et la coopération intellectuelle entre les écrivains, souligner le rôle de la littérature dans le développement de la compréhension mutuelle et de la culture mondiale, se battre pour la liberté d'expression et agir au nom des écrivains harcelés et emprisonnés.

Fermé à cause de la crise sanitaire, le « Centre Pen » rouvrira bientôt ses portes pour continuer son objectif : valoriser la littérature et défendre la liberté d'expression.

Notons que la bibliothèque du Centre Pen Haïti est garnie de livres spécialisés dans les métiers du livre, l’édition, l’art de l’écriture, les littératures caribéennes, pour ne citer que ceux-là.

Ricot Marc Sony
Auteur


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