Au grand dam des clercs et des fous des dieux : contre le tabou de l’homosexualité en Haïti

Publié le 2020-08-21 | Le Nouvelliste

Confronté à la progression des mentalités au niveau d’une partie de la société, surtout de la jeunesse éduquée, et à de multiples influences externes, le tabou que constitue la question homosexuelle[i] en Haïti est, de nos jours, sérieusement menacé. De ce fait, les gardiens du temple, à la moindre peccadille relative aux activités de la communauté LGBTI[ii], ici ou ailleurs, ressurgissent dans le débat haïtien sur l’homosexualité. Ces dernières semaines, en dépit du fait que la crise sociopolitique haïtienne s’envenime de plus en plus, avec entre autres, la tentation tyrannique du chef de l’Etat actuel, l’enchérissement exagéré du dollar américain et ses conséquences sur le marché haïtien, la corruption généralisée et la détresse existentiel au niveau de la société, le soupçon de la légalisation de l’homosexualité qu’un des multiples décrets présidentiels semble porter, quasiment toute la société bouillonne au rythme de la question homosexuelle. Généralement insensible à la corruption généralisée au niveau de l’Etat, au blanchiment d’argent dans le milieu des affaires, au pillage systématique du trésor public, aux viols et aux assassinats arbitraires au niveau de la société, l’Église s’insurge avec véhémence contre ce qu’elle appelle la déchéance morale nationale. Pour sa part, l’opinion publique se trouve partagée entre deux grandes tendances : une majorité qui s’oppose jusqu’à l’idée de débattre sur la question et une minorité, notamment des jeunes très éduqués et ouverts sur le monde, qui pensent qu’il faut au moins en débattre afin de mieux se situer et/ou d’aider le corps social à se situer par rapport aux influences culturelles externes. Comment comprendre cette réalité ? N’est-il pas nécessaire d’en débattre ? N’est-il pas utile de revenir un peu sur la dynamique occidentale de l’évolution des mentalités sur ce phénomène social ? En dépit du fait que nous partageons le même ordre civilisationnel, les sociétés occidentales périphériques sont-elles appelées à suivre aveuglement les sociétés occidentales du centre dans toutes leurs aventures culturelles ? Et si l’avènement de l’acceptation juridique de l’homosexualité en Haïti devenait inévitable, serait-il logique que la société haïtienne soit prise au dépourvu ? Ce sont autant de question qui motive cette réflexion. En effet, nous entendons mobiliser l’histoire et la socio-anthropologie pour tenter des réponses aux interrogations sus-évoquées.

Dans un premier temps, nous allons partir de la conjoncture initiale du vote par le Parlement français de la loi portant sur le « mariage pour tous » en 2013 et les conséquences que cet événement a eues dans le débat public haïtien sur la question. Dans un deuxième temps, nous allons, à la lumière de l’histoire et de la socio-anthropologie, suivre la dynamique occidentale de l’évolution des mentalités autour de la question homosexuelle. Et, dans un troisième et dernier temps, nous allons, à l’aide d’un résonnement sociologique, essayer de situer la société haïtienne et faire ressortir les enjeux des prises de position émises relativement à la question homosexuelle. Nous analyserons particulièrement la position de l’église qui pactise avec la corruption, le meurtre et le vol organisé de l’Etat, mais s’alarme contre l’activité sexuelle d’adultes consentants dans leur chambre.

Depuis qu’étaient parvenus jusqu’à nous les échos du vote par le Parlement français de la loi portant sur le « mariage pour tous » au mois de mai 2013, des prises de positions tranchées dans les espaces publics haïtiens tendaient à faire apparaitre le phénomène homosexuel comme la corruption de nos mœurs. Beaucoup de gens se sont inventés prophètes et ont prédit qu’Haïti connaitrait les mêmes passions infâmes de Sodome et de Gomorrhe, si jamais les dirigeants de l’Etat s’avisaient à légiférer pour régulariser l’homosexualité en Haïti. À cet effet, les arguments des plus vides de sens au plus saugrenus ont été avancés. C’est le cas des prêcheurs, prophètes et des fous des dieux de tout acabit qui, au mépris de toutes les recherches effectuées dans la science éthologique[iii], affirment que les animaux de même sexe ne s'accouplent pas. Tandis que des êtres humains font le contraire. De même, motivés par le même sentiment d’homophobie, d’autres secteurs du pays, se sont aussi prononcés contre toute velléité de légaliser l’homosexualité en Haïti. Des notes de presse, des avertissements publics, des invectives sont faits pour mettre en garde contre toute velléité de légaliser l’homosexualité dans le pays. Le discours commun ressassé est que le pays n’est pas encore prêt pour une telle initiative. Des propos dégradants et des élans agressifs envers tout individu ou groupe d’individus soupçonné, à tort ou à raison, d’être homosexuel résonnent dans presque tous les milieux et espaces sociaux d’Haïti. Que faire par rapport à cette situation ? L’enseignement historique, anthropologique et sociologique peut-il aider la société haïtienne à s’adapter à l’inévitable évolution sociale et historique ?

Pour mieux comprendre ce phénomène, il est impérieux de briser le château de la paresse intellectuelle afin de s’investir dans la quête de son explication scientifique. En fait, les sociétés humaines sont toutes appelées à évoluer incessamment. Dans leur inévitable évolution, elles voient apparaitre en leur sein des phénomènes sociaux dont certains offusquent catégoriquement certaines valeurs traditionnelles et/ou religieuses établies antérieurement. En fait, durant l’Antiquité, l’homosexualité était une pratique courante et relativement tolérée. Dans l’antiquité grecque, les rapports homosexuels étaient extrêmement codifiés entre un homme adulte, considéré comme l’éducateur, et un jeune garçon autour de la puberté. En d’autres termes, comme le souligne Daniel Borrillo[iv], le monde antique privilégiait une forme spécifique d’homo-érotisme : l’amour des éphèbes. Elément essentiel dans l’éducation des jeunes garçons (paideia) ; ainsi, la pédérastie pédagogique pouvait en effet s’accompagner de désir sexuel. L’amour conjugal bénéficiait d’un statut privilégié en ce sens qu’il assurait la continuité de la Polis. Cependant, les relations homosexuelles [entre l’éducateur et le jeune garçon] méritaient la plus haute considération. Tout de même, cette sorte d’homosexualité rituelle devait cesser dès que le jeune garçon devienne pubère, sous peine d’être réprimée socialement en tant que relations sexuelles entre adulte de même sexe. Cette dimension de rituel initiatique homosexuel, rite de passage, si on utilise le jargon anthropologique, se retrouve aujourd’hui encore dans de nombreuses sociétés traditionnelles d’Asie ou d’Afrique pour marquer l’entrée des jeunes hommes dans la communauté des adultes[v].

Les débuts des sentiments réprobateurs et des constructions argumentatives contre l’homosexualité se situent dans la tradition du judaïsme, précisément avec le livre de Genèse[vi] de l’Ancien testament, notamment avec la légende de Sodome et Gomorrhe, où il est relaté que Dieu avait puni les habitants de ces villes pour les crimes contre nature commis contre ses envoyés. Cependant, si on ne tient pas compte de l’influence de la philosophie stoïcienne[vii] sur la morale sexuelle romaine, on peut dire que c’est vers le début de notre ère, avec l’avènement et le développement du christianisme, que les pratiques sexuelles n’ayant pas la procréation comme finalité furent condamnées. C’est effectivement la prédication de l’apôtre Paul[viii] qui jeta les bases d’une nouvelle norme sexuelle fondée, non pas sur le rôle du partenaire (actif/passif), mais sur la référence au caractère naturel de l’accouplement hétérosexuel. En effet, l’homosexualité, condamnée religieusement allait l’être aussi juridiquement. Ainsi, dès le IVème siècle, l’homosexualité, considérée comme un crime contre nature, fut passible du bûcher. Toute la période médiévale fut donc marquée par une rhétorique anti-homosexuelle ; mais, comme le souligne John Boswell[ix], ce fut précisément à partir du XIVème siècle, que l’Europe occidentale allait céder à une haine farouche et obsessionnelle de l’homosexualité, conçue comme le plus effroyable des péchés.

Toutefois, après la période Moyenâgeuse, comme nous l’informe Daniel Borrillo[x], entre la Renaissance et le siècle des Lumières, une certaine liberté des mœurs allait caractériser l’Occident. Mais cette période ne fut qu’une parenthèse dans l’histoire. Car, à la fin du XIXe siècle, s’opère une nouvelle manière d’approcher la question homosexuelle. Pour l’esprit scientifique de l’époque, il a été nécessaire de la faire sortir du registre religieux pour l’analyser sous l’angle de la science. Certains physiologistes allaient donc développer l’idée que les comportements homosexuels répondaient à un dérèglement hormonal précoce. Cependant, comme le souligne Gayle S. Rubin[xi], avec l’ethnographie, on a cessé d’envisager l’homosexualité comme un problème individuel, et l’on s’est intéressé aux communautés ; l’on a cessé de la concevoir comme une maladie pour l’envisager comme une variance dans une série de pratiques sociales et culturelles. Ainsi, comme nous l’avons brièvement exposé, de la médecine légale, en passant par la psychanalyse, la psychiatrie, jusqu’à la sociologie, l’appréhension de l’homosexualité est passée, au fil des années, d’une question médicale à une question sociale.

Quelle est de nos jours l’appréhension faite de l’homosexualité en Occident ?

Certaines sociétés européennes et des Amériques qui ont légiféré sur l’homosexualité et qui l’ont établie comme un droit de l’homme inaliénable, ont aussi investi gros pour modifier les perceptions autour de cette réalité chez elles, également au niveau internationale. Entre autres, les sciences humaines et sociales ont été largement mises à profit dans cette entreprise. Ainsi, des pratiques d’éducation culturelle impliquant des approches philosophiques, anthropologiques, ethnologiques sur l’homme comme être biologique et historico-culturel ont aidé ces sociétés contemporaines à atteindre un niveau de pensée basé sur la tolérance des variances culturelles, comportementales et sur le respect des choix individuels. Ainsi, facilement, de tabou et d’immoral, l’homosexualité est devenue pour les habitants de ces sociétés un fait social ordinaire, normé et normal pour ceux et celles qui la pratiquent.

Au grand dam des clercs et/ou de tous les autres fous des dieux et des mœurs figées, les discussions et débats à propos se font de nos jours au détriment des représentations et préjugés des institutions religieuses et des gardiens auto-proclamés du fixisme social et sociétal. L’orientation sexuelle est devenue un simple aspect de la vie privée. Et, de plus en plus, les mentalités, des plus flexibles aux plus réticentes, parviennent à intérioriser cette donne sociale comme une évidence. C’est donc le résultat d’un immense travail de rééducation sociale qui s’en est suivi d’un processus de législation apte à sceller juridiquement l’avancée obtenue afin de contribuer à l’intégration et à la consolidation sociale. L’hétérosexualité tout comme l’homosexualité constituent ce qu’on appelle des choix sexuels et sont établies comme étant des droits protégés par des lois et dont la violation implique sommation par devant les appareils judiciaires compétents.

Qu’en est-il du cas haïtien ? Comment situer la société haïtienne dans cette progression des mentalités autour de l’homosexualité ?

L’appréhension de la question homosexuelle en Haïti est à saisir sous l’angle des rapports que nous entretenons avec l’Occident. Le rapport que la société haïtienne entretient avec les ingrédients politiques et culturels de l’Occident est teinté de méfiance. Cette méfiance peut être expliquée par notre aventure/mésaventure avec la modernité occidentale. C’est donc au travers d’une atroce entreprise coloniale que nous avons croisé la route de l’Occident. En effet, de Bois Caïman à Vertières, nous avons pris soin de forger une identité qui tient orgueilleusement en horreur l’Occident esclavagiste, et, de surcroit, tout ce qui y provient et que la mémoire collective peut rapprocher avec l’histoire colonial. L’implication supposée de certaines ambassades à Port-au-Prince dans la promotion et le financement des campagnes et/ou des activités liées à l’homosexualité est orgueilleusement identifiée comme étant un affront culturel occidental. Ainsi, cet affront supposé est évalué par la conscience collective comme une énième tentative occidentale d’imprimer un autre rythme à la dynamique endogène de notre société. Par ailleurs, la pensée magico-religieuse constitue encore le cadre de référence dominant au niveau de la société pour analyser et comprendre les événements sociétaux historiques. Surtout que l’Église (tant catholique que toutes les variantes confessionnelles protestantes), pour garder sa cohérence historique (à savoir soutenir les plus forts au détriment des plus faibles tout en prétendant exercer le contraire), dans un vilain jeu de manipulation autour du divin, a vivement alimenté l’inculture et l’intolérance populaire par rapport à des cibles spécifiques au niveau de la société. En fait, elle a toujours aidé les gouvernants à évacuer les problèmes sociaux pour canaliser l’attention populaire sur des accessoires sociaux. Ainsi, dans le contexte actuel, l’Église est parvenue à forcer le traitement des problèmes sociaux comme le vol des deniers publics, les assassinats de masse, les viols sur mineures, la corruption généralisée et la paupérisation accélérée des classes moyennes comme accessoires. En organisant des manifestations de rue uniquement contre l’intention de l’Etat de légaliser l’homosexualité dans le pays, elle parvient à dresser celle-ci comme le principal problème du pays.

Par ailleurs, en parallèle et dans les coulisses, des pratiques homosexuelles sont et ont toujours été courantes dans certains milieux et espaces sociaux du pays. Par contre, elles n’ont jamais eu l’approbation publique de la société et ont toujours été reléguées au statut de tabou et d’immoralité. En science humaines et sociales, c’est une variance sociale. Une bonne partie de la population du pays n’a jamais cessé d’exprimer un sentiment d’homophobie à l’égard de ces êtres qu’ils trouvent étranges, anormaux et parfois même, malades, possédés par des loas, ridicules et honteux. Ce comportement de rejet, d’ironie et souvent de peur exprimé à l’endroit des homosexuels peut être compris à la lumière des valeurs que chaque Haïtien intériorise durant les différentes phases de sa socialisation et qui sont relayées par les institutions qui assurent la permanence de ces valeurs au niveau du corps social. L’intériorisation de ce comportement en tant que fait social, conditionne la perception de chaque individu partageant ces valeurs et les porte à voir les homosexuels comme des déviants appelés à subir les sanctions sociales telles : la moquerie, l’isolement, le mépris, la marginalisation et souvent même, la violence verbale et parfois physique ; ou des sanctions légales, telles : la réclusion, l’imposition d’une amende, etc. Ce qui constitue un grave accroc au droit de la personne et, de surcroit, à l’intégration sociale. C’est donc un déni du droit de l’autre à choisir son orientation sexuelle et à être toléré comme individu à part entière dans la société.

En guise de conclusion, contrairement à une certaine conception, fondée sur le conservatisme propre aux religieux, qui préfigure la fixité des valeurs et des mœurs, le raisonnement socio-anthropologique indique qu’elles ne sont pas immuables. En tant que produit des sociétés et de l’histoire, elles sont constamment soumises à des ablations et à des emprunts et varient de formes et de contenus, d’une région à une autre, d’un contexte culturel à un autre et, assez souvent, d’une époque à une autre. De nos jours, sous les assauts de la mondialisation qui, pour être plus efficace dans son souci d’universaliser économiquement, politiquement et culturellement la planète, se dote de tous les outils nécessaires (entre autres, les NTIC), il devient carrément impossible de se replier dans un petit monde à soi, protégé contre toutes les influences. Tout comme la libre circulation des biens qui est propre au marché économique, il y a aussi une libre circulation des influences qui est propre au marché culturel. Autant comprendre l’impossibilité de toute souveraineté culturelle. Le métissage culturel est donné comme règle fondamentale de survie identitaire dans le globalisme culturel ambiant. L’homosexualité comme pratique culturelle, faussement considérée comme venant d’ailleurs, est, de nos jours, donnée comme une inéluctabilité pour toutes les sociétés humaines. De ce fait, les agitations enregistrées dans la société haïtienne ces dernières semaines sur la question homosexuelle indiquent que le mode d’approche de la question est non-productif. L’explication scientifique du social doit être mise à profit dans cette entreprise. En lieu et place des jurons apocalyptiques, l’histoire, la psychologie, l’anthropologie, la sociologie, le Droit doivent servir de bouclier pour aider la société à cultiver la tolérance et le respect des droits individuels et des différences. Aucun nationalisme de la vertu ne peut empêcher l’avènement d’un phénomène de société.

[i] Le terme homosexualité que l’on doit à l’écrivain autrichien Karl Maria Kertbeny a progressivement remplacé d’autres appellations comme « inversion » pour les hommes et « saphisme » (du nom de Sappho, poétesse du VIIème siècle avant J.C. qui résidait sur l’Ile grecque de Lesbo) pour les femmes.

[ii] Lesbienne, Gay, Bisexuel, Transsexuel et Intergenre.

[iii] Dans un article publié dans le magazine en ligne Animaux et Confort, sous le titre « Peut-on parler d’homosexualité chez les animaux ? ». Dominique Séjalon soutient que dans les années 90, les biologistes ont mis en évidence « l’homosexualité » de 450 espèces animales, dont 300 espèces de mammifères et oiseaux. [Consulté le 2 septembre 2013]. Delphine, une étudiante en Biologie poursuit pour dire que les mammifères ne sont pas les seuls représentants de la gay attitude, les lézards du genre Cnemidophorus sont très intéressants à de nombreux égards. En effet, cette espèce ne possède plus de mâles. Et pourtant, l’espèce perdure. Par quels mécanismes me direz-vous ? La parthénogénèse : reproduction sexuée sans fécondation. Mais si les demoiselles n’ont plus besoin de ces messieurs pour assurer leur retraite, leur ovulation se doit tout de même d’être "excitée" par un accouplement. Rien de plus simple pour ces lézardes inventives, qui se travestissent chacune à leur tour pour aider leur copine à fabriquer ses petits œufs. [Lisez dans la Revue Etho-logie : Delphine, « L’homosexualité chez les animaux », 1 décembre 2006]

[iv] Daniel Borrillo, « homosexualité et droit: une réconciliation fragile », in Le droit étatique, vecteur de reconnaissance ou d'exclusion des acteurs ? Droits et cultures, No 56, 2008, pp. 35-47

[v] Comme le rapporte Julien Najoux, au début des années 1980, le livre d’un anthropologue américain, Gilbert Herdt, décrivait comment, chez les Sambia des Hautes-Terres de Papouasie, les jeunes garçons étaient contraints – dans des circonstances précises – à des rapports sexuels avec des hommes adultes. Plus précisément, ils devaient avaler leur semence au cours de fellations répétées. G. Herdt montrait que cette pratique faisait partie des rites d’initiation masculins, et lui donna le nom d’« homosexualité rituelle ». Il s’avéra bientôt que des pratiques analogues existaient – ou avaient existé – dans bon nombre de sociétés voisines : chez les Kaluli, chez les Baruya étudiés par Maurice Godelier, et d’autres tribus encore. En fait, différentes pratiques homosexuelles étaient connues depuis longtemps en Nouvelle-Guinée. Elles avaient été signalées chez les Marind Anim dans les années 1920 par Jan van Baal, et chez les Vailalas par Franci [Homosexualités rituelles en Nouvelle-Guinée, Julien Najoux, Mis à jour le 15/06/2011]

[vi] Terre calcinée, corps brûlés, pluie de souffre et malédiction éternelle de Yahvé à cette race maudite qui avait commis le plus infâme des péchés, le crime contre nature, résume en gros ce qu’on peut lire dans Genèse 13, des versets 20 à 33, In La bible. En outre, la violence du récit de la Genèse est renforcée par les prescriptions du Lévitique : « Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme ; ce serait une abomination » ou « Quand un homme couche avec un homme comme on couche avec une femme, ce qu’ils ont fait tous les deux est une abomination; ils seront mis à mort, leur sang retombe sur eux ».

[vii] Le stoïcisme dont les origines remontent à 300 av. J. C., précisément avec Zénon de Citium de la Grèce antique, est la philosophie la plus influente dans l’empire romaine jusqu’à l’essor du christianisme. Elle promeut entre autres, la valorisation du contrôle des pulsions et l’encouragement du sexe orienté exclusivement vers la procréation.

[viii] Dans son épitre aux Romains, précisément dans Romain 1, verset 26, Paul écrit : « C’est pourquoi Dieu les a livrés à des passions infâmes : car leurs femmes ont changé l’usage naturel en celui qui est contre nature ; et de même les hommes, abandonnant l’usage naturel de la femme, se sont enflammés dans leurs désirs les uns pour les autres, commettant homme avec homme des choses infâmes, et recevant en eux-mêmes le salaire que méritait leur égarement ».

[ix] John Boswell. Christianisme, tolérance sociale et homosexualité. Les homosexuels en Europe Occidentale des débuts de l’ère chrétienne au XIVe siècle, Gallimard, 1985.

[x] Op. cit.

[xi] Gayle S. Rubin. « Les sciences sociales à la découverte de l’homosexualité », in La construction sociale de l’homosexualité, Genre, sexualité et société, Hors-séries, No 1, 2011 (traduction française de Christophe Broqua)

 Ralph Stherson SENAT, Sociologue.

Ralph Stherson SENAT, Sociologue. Auteur

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