La mort chez les anciens et les modernes

Comprendre la mort pour mieux vivre sa vie. Une approche scientifique et philosophique. « Ne crois à ce que je te dis. Ne rejette pas ce que je te dis. Ce qui en restera sera ta vérité. » Bouddha

Publié le 2020-06-24 | Le Nouvelliste

Il existe plusieurs arguments scientifiques à verser dans le dossier de la survie de la conscience après la mort.  D’autres seront examinés par la suite. Toutefois, l’Expérience de Mort Provisoire parait le plus solide, car il est issu d’une des disciplines scientifiques les plus reconnues et qui pose le diagnostic de mort : la médecine.  En vue d’une meilleure compréhension, essayons de voir comment deux textes antiques appréhendaient la question : le livre des morts égyptien et le livre des morts tibétain.

Le livre des morts des anciens Égyptiens

 Les Égyptiens croyaient en l’existence d’une âme survivant après la mort. Ils craignaient cette dernière tout en étant sûrs de pouvoir la vaincre. Une grande partie des activités sociales, politiques et religieuses de ce peuple tournaient autour de ce thème. Le « livre des morts  Égyptien »  avait en fait, pour titre véritable : « Livre pour sortir le jour ».   Il s’agit d’écrits et de dessins sous forme de papyrus placés dans le tombeau de la personne décédée et qui devaient le guider  à passer  la frontière  où il sera jugé concernant ses actions bonnes ou mauvaises. Ce privilège d’apprivoiser la mort était donc d’abord  destiné aux  pharaons, considérés comme les représentants des dieux sur terre. Par la suite, cette pratique se démocratisa. Le livre avait pour but d’aider le décédé à éviter la seconde mort, la plus terrible. Le dieu Osiris  préside le tribunal constitué de 42 juges. Le mort doit prouver au jury sa pureté morale et sa bonne conduite sur terre. En fait, ce jugement consiste à placer sur l’un des plateaux de la  balance, le  cœur ou âme du défunt et sur l’autre, la plume d’autruche de la déesse de la justice appelée Maât. S’il a bien vécu, son âme devrait être aussi légère qu’une plume d’oiseau. Si cette dernière s’avère plus lourde, l’intéressé est admis dans la suite du  dieu Osiris et considéré lui-même comme un Osiris. Dans le cas contraire, son âme est avalée par le monstre Babai, et il disparait définitivement : c’est la seconde mort.

Le Bardo Thodol ou Livre des morts tibétain

Si  le livre des morts égyptien est basé surtout sur la croyance, le Bardo Thodol, texte de base du bouddhisme tibétain  repose sur la méditation (bien comprise) et l’étude empirique du phénomène de la mort. « Le bouddhisme n’est pas une religion au sens occidental du terme. Il ne se fonde pas sur la notion d’un créateur et n’exige donc pas un acte de foi. On pourrait le définir comme une  science de l’esprit et une voie de transformation qui mène de la confusion à la sagesse, de la souffrance à la liberté ». (Matthieu Ricard)

Le titre véritable du livre, en tibétain, est « Bardo Todrol Chenmo », ce qui signifie : la grande libération par l’audition pendant le « bardo ». Ce dernier terme est synonyme de frontière, ou mieux, de transition. Pour  Sogyal Rimpoché, maitre bouddhiste, il s’agit de l’achèvement d’une situation et le début d’une autre. Cet intervalle, notamment celui de la mort, est généralement source d’incertitude, voire de peur et de souffrance. D’où la nécessité d’accompagner le mourant afin qu’il ne panique point et qu’il demeure conscient durant tout le processus. Le Bardo Todrol Chenmo est donc  une sorte de guide précis, de carte routière destinée à être lue au mourant, par un ami ou un maitre spirituel, pendant le décès et après,  afin qu’il puisse atteindre l’Éveil, si  ceci n’a pas été réalisé auparavant  par la méditation doublée de l’étude de la vie et plus particulièrement de la mort. Selon le bouddhisme, l’Esprit ou Conscience, la réalité ultime,  est obscurcie durant la vie terrestre par nos désirs sans fin, nos pensées, nos émotions, nos attachements, d’où notre souffrance. Tout est impermanent alors que nous sommes toujours en quête de permanence. Atteindre l’Éveil consiste donc à sortir de l’ignorance, à réaliser intimement, (pas tellement du point de vue conceptuel) que la vie est  une illusion ou  « samsara » et que deux choses  y sont essentielles : la connaissance et l’amour du prochain. Pour y arriver, nous nous réincarnons sur terre autant de fois que nécessaire sous des identités diverses. Le concept de réincarnation du monde occidental  est toutefois  différent de celui du bouddhisme. Si le rêve de  l’occidental est de revenir sur terre autant de fois que possible, celui du bouddhiste est au contraire de mettre fin à cette ronde incessante de vies marquées par la souffrance. Ce dernier n’admet pas l’existence d’une âme individuelle, mais parle plutôt d’un « flot de conscience » qui s’incarne et se réincarne avec les connaissances, aptitudes et tendances bonnes ou mauvaises (mais corrigibles) acquises dans les vies antérieures, ce conformément à la loi du karma ou loi de cause à effet. Ce « flux de conscience » emprunterait, à chaque vie, un véhicule corporel différent voué à la déchéance due à la vieillesse, à  la maladie et  à la mort. Il existerait donc   quatre (4) grands bardos existentiels selon le bouddhiste tibétain :

Le bardo naturel de cette vie qui s’étend de la naissance à la mort

Le bardo douloureux de la mort qui s’étend de l’agonie jusqu’à la cessation des fonctions vitales (l’arrêt du cœur et surtout la mort  du cerveau)

Le bardo de la « dharmata » qui se manifeste  par la luminosité ou « claire Lumière » de l’esprit, comme cela est perçu dans l’Expérience de Mort Provisoire

Le bardo du devenir qui correspondrait à une assimilation  des acquis de la vie précédente  et qui se terminerait au début de la renaissance laquelle peut se produire assez rapidement ou après une longue période. La réincarnation ne se fait point si l’Éveil a été atteint à moins que l’intéressé ne le décide pour venir en aide à l’humanité. C’est le cas des « bodhisattvas » ou êtres accomplis.

Synthèse des Expériences de Mort Provisoire (EMP) et de Mort Imminente (EMI)

La différence entre  les Expériences de Mort Provisoire et de Mort Imminente est d’ordre purement clinique ou médicale. Dans le premier cas, (notamment les arrêts cardiaques), l’électroencéphalogramme est plat : donc la mort est scientifiquement prouvée conformément aux critères du XXIème siècle. Dans la deuxième éventualité, par contre, elle ne l’est pas, ce qui n’exclue pas le décès, l’absence de preuve ne signifiant pas forcément la preuve de l’absence. Sinon, on n’enterrerait actuellement personne dans les pays en voie de développement et on ne l’aurait pas fait dans les siècles précédents, l’électroencéphalographie étant indispensable.  De toute façon,  les deux catégories d’ « expérienceurs » rapportent, grosso modo, les mêmes éléments d’information. Selon Jeffrey Long et Paul Perry, deux médecins ayant mené  pendant dix ans, une grande enquête scientifique et  statistique  portant sur 1300 témoignages,  voici, en résumé, quels que soient l’âge, le niveau d’étude ou les croyances des intéressés, les principales étapes  :

Décorporation (ou sortie du corps) : séparation de la conscience et du corps physique

Conscience et lucidité renforcée

Émotions ou sentiments intenses et généralement positifs

Traversée d’un tunnel

Lumière mystique 

Rencontre de proches décédés ou d’êtres mystiques

Perception d’une modification du temps ou de l’espace

Passage en revue de leur vie

Découverte de royaumes spirituels (« célestes »)

Accès à des connaissances particulières

Frontière ou limite à ne pas franchir

Retour dans leur corps, volontaire ou involontaire

Il est étonnant que divers éléments des  descriptions rapportées par les rescapés de la mort (décorporation, être de lumière.etc.)  figurent dans des textes antiques, religieux ou  mystiques, comme la Kabbale, le Livre des Morts Egyptiens, Le Livre des Morts Tibétain. Selon les enseignements contenus dans ces documents, il existerait plusieurs réalités ou plans d’existenc. (sept selon l’hindouisme, et correspondant aux différents « chakras » ou centres énergétiques). Au plan physique, correspond le corps physique, instrument de perception de la réalité physique. Au plans astral ou éthérique, correspond les corps éthérique ou astral que les Egyptiens appelaient le Ka et les vodouisants le « Bon Nanj ». Les différents  plans, normalement, ne s’interpénètrent pas, car leur fréquence est différente. Toutefois, certains individus  doués de facultés dites paranormales ont  la possibilité de communiquer avec d’autres  plans ou de voyager, durant leur vie, d’un plan à un autre.  C’est le cas de Nicolas Fraisse  capable de sortir à volonté de son corps (décorporation)  et qui a été  scientifiquement étudié pendant dix  ans par Sylvie Dethiollaz, docteur en biologie moléculaire et par  Claude Charles Fourrier, psychothérapeute spécialisé depuis  vingt-cinq ans dans les états modifiés de conscience non ordinaires.

  A la mort, le corps  astral se détacherait de son homologue physique. C’est le phénomène de « décorporation » ou « sortie astrale » ou « Out of Body Expérience » vécu par les mourants qui, « revêtus de leur corps éthérique », observent leur corps physique mais  n’arrivent plus à communiquer avec leurs proches.  Mais, ce double éthérique, nous dit le bouddhisme, est appelé à se dissoudre dans la Claire Lumière. Toutefois, des attaches matérielles trop fortes peuvent retarder ce processus. Le décédé  ne réalise point qu’il vient de  laisser le plan terrestre et peut alors continuer (via ce double) à hanter son ex lieu de résidence, comme cela a été signalé dans certaines zones, par des témoins, après le séisme haitien du 12 janvier 2010. Ecoutons «  Le livre des Morts Tibétain », écrit plus de cinq siècles avant Jésus-Christ,  s’adresser directement  au mourant :   

«  La clarté fulgurante de la Lumière Vide et Sans Couleur, va avec une rapidité plus grande que celle de l’éclair, t’apparaitre et t’envelopper… Sache que tu as abandonné le corps que tu as animé. Regarde-le…  Il git, inerte. »

Selon le bouddhisme, l’hindouisme, la Rose-Croix, la Franc-Maçonnerie et le Christianisme primitif,  l’Etre humain  serait une parcelle d’un Esprit ou Conscience universel  habitant un corps physique qu’il abandonnerait au moment du décès avant de se réincarner à chaque fois dans une nouvelle enveloppe charnelle jusqu’à atteindre l’Évolution lui permettant de réaliser le  Retour/Fusion initial.

Dr Erold Joseph Courriels : eroldjoseph2002@yahoo.fr et eroldjoseph2002@gmail.com Auteur

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