Vivano/ 28 mars 2019

Quand Hans Berry Jacques chante Nat King Cole

Publié le 2019-04-12 | Le Nouvelliste

Roland Léonard

Selon certains, il aurait eu cent ans cette année, s’il vivait encore. Qui ? Le grand pianiste de jazz et «crooner» Nat King Cole, grande vedette américaine des années quarante et cinquante du XXe siècle, au souvenir et interprétations immortels. Mais sa date de naissance ne fait pas l’unanimité : les uns disent le 17-3-1919, à Montgomery en Alabama, d’autres pensent qu’il est né deux ans plus tôt dans la même ville le 17-3-1917. Nous savons tous en tout cas qu’il est décédé, jeune, le 15-2-1965, à Santa Monica, Californie, des suites d’un cancer à la gorge.

Gardant son originalité, ne cherchant pas à l’imiter, à en donner l’illusion par quelque maniérisme, le jeune et bon chanteur Hans-Berry Jacques a songé à l’honorer de sa voix de baryton sur la scène du «Vivano» le 28 mars 2019 dernier. Il était accompagné au piano par Josué Alexis, à la basse par le jeune Mardochée Williams, à la batterie par Jude Davens Texier et au saxophone ténor, dans des commentaires ou contre-chants par Ismaël Jean.

Hans-Berry Jacques, originaire de Léogâne, est un passionné de chant. Il détient un diplôme de la Faculté de droit et des sciences économiques de Port-au-Prince (FDSE) et un  autre en communication sociale de la Faculté des sciences humaines (FASCH). Chanteur, Hans-Berry Jacques doit son organe et son timbre de voix à la fréquentation des chorales protestantes dès son jeune âge et aux conseils de «master classes» de Kurt Eiling, de Cécile Mc Lorrin Salvant sur « YouTube».

C’est un public sélect, peu nombreux il est vrai, mais constitué de «happy few», enthousiaste et attentif, qui a applaudi ses performances vocales.

En onze morceaux célèbres, hits de jazz ou de variétés commerciales, Hans-Berry Jacques a évoqué Nat King Cole. Certaines chansons étaient arrangées dans des versions rythmiques différentes des originales.

Le programme

C’est le célèbre «Route 66 : Get your kicks» qui ouvre la soirée. Hommage à une route nationale et un «highway» traversant des contrées et villes célèbres. C’est très élevé, très swing avec quelques accents «bluesy». Solos : Ismaël Jean et Josué Alexis, scat du chanteur ponctué de «breaks» en 4/4 de la batterie.

Vient ensuite la ballade célèbre «Nature boy». D’abord exposée «ad lib»- récitée en quelque sorte – puis jouée en bossa-nova. Bon solo de Josué Alexis Scat de Hans Berry.

« I love you for sentimental reason » garde son rythme original de ballade en 4/4 avec un brin de mélancolie. On apprécie le chorus du saxophone ténor et la coda ou conclusion remarquable du chanteur.

« Little girl », ce swing modéré, vient en quatrième position. L’histoire raconte que Nat King Cole fut molesté en Alabama par le Ku-Klux-Klan, en interprétant cette chanson. «Unforgettable», son tube le plus connu, peut-être avec « Mona Lisa», lui succède, avec un remarquable commentaire au saxophone ténor. Il est suivi d’une version latine de «Smile», avec toujours le relief du saxophone. Le solo du piano est très afro-cubain dans la manière.

«Mona Lisa » en version bossa-nova nous change de l’ordinaire, de l’habitude. Elle sied bien par sa lenteur à la voix posée du chanteur, à ses «graves» surtout. Josué Alexis paraphrase la mélodie.

Il y a jusqu’à la fin du concert la succession suivante : « The very thaught of you», cette bonne ballade ; «When I fall in love», traduite savoureusement en créole ; « Quisas, quisas» boléro de Oswaldo Farres, l’incontournable « L.O.V.E.», morceau de swing modéré ; « Tèt mwen pati», composition et ballade de Hans Berry aux simples mots ; «What a wonderful world» à la demande de votre serviteur et en hommage à Louis Armstrong ; «At last» de Etta Jones, avec son «turn-around» harmonique, suite d’accords relatifs dans la première partie (A), et pont original distingué dans la deuxième partie (B).

Hans-Berry Jacques et ses musiciens ont été acclamés tout le long du concert, avec une ovation debout à sa fin.

Nous comptons sur lui pour persévérer dans le travail de la voix, la pratique des exercices de chant. C’est déjà un beau baryton qui doit cependant maîtriser la technique de la respiration, la connaissance exacte des limites de son étendue et de sa tessiture, améliorer aussi ses notes aiguës.

Nous avons été heureux de son hommage à Nat King Cole, ce ténor grave. Nous lui souhaitons de s’attacher davantage aux barytons-basses de son type comme Jhonny Hartman, Earl Coleman et - pourquoi pas?- le grand Billy Eckstine.

C’était une bonne soirée. Bonne continuation Hans-Berry Jacques !

Roland Léonard Auteur

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