Clôture en beauté du premier salon vodou en Haïti

La Bibliothèque nationale d’Haïti a été, le jeudi 13 septembre 2018, le théâtre de la clôture du premier salon vodou en Haïti. Expositions des œuvres littéraires sur le vodou, d’articles de presse sortis sur le vodou, de photographies de Max Beauvoir, l’un des anciens chefs spirituels vaudous en Haïti, et sa famille, voilà ce qui constituait le décor de cette 2e et dernière journée du salon. Le public qui a fait le déplacement en a eu pour son compte avec Dominique Domerçant et Didier Dominique, les deux panélistes du jour.

Publié le 2018-09-13 | lenouvelliste.com

« Cette première édition du salon vodou est organisée pour valoriser cette dimension étroitement liée à Haïti qu’est le vodou », affirme d’entrée de jeu Dominique Domerçant, auteur de « pouvoir politique et responsabilité culturelle ». L’intervention de Didier permettra en outre à l’auditoire de cerner le principal objectif du salon : Rendre un hommage bien mérité à Max G. Beauvoir dont la mort remonte à 3 ans (12 septembre 2015-12 septembre 2018). Ami et proche de la famille Beauvoir, habitué du « Lakou Beauvoir » anciennement appelé « Temple de Mariani », Didier Dominique était l’intervenant idéal.

C’est dans un discours élogieux et empreint de fierté que M. Dominique a prononcé ses mots sur la personne de Max Beauvoir, après avoir invité le public à se recueillir pendant une minute en mémoire du feu « Ati » national. Un personnage extraordinaire, une icône de la culture haïtienne et une légende du vodou haïtien, Max Beauvoir restera pendant longtemps dans les annales, selon Didier Dominique, qui a coécrit avec Rachel Beauvoir, la fille de Max Beauvoir, l’ouvrage titré « SAVALOU E ».

L’auteur a fait un retracé du parcours ô combien passionnant de Max Beauvoir, mais surtout de son importante contribution dans le secteur du vodou en Haïti. Un secteur qui doit sa franchise en grande partie aux luttes menées par Max G. Beauvoir. « Si se pa t Max, lè konsa nou pa t ap la », sont les paroles d’un chant vodou, si on s’en tient au dire de Didier Dominique. Les « mambo », les « houngan », peuvent dorénavant fonctionner sans aucune crainte. Les « Ounfò », Les « Badji » et les « Peristil » peuvent exercer leurs rituels sans avoir à se préoccuper des conséquences néfastes que cela pourrait entraîner. Et tout cela, grâce à Max.

Dans la foulée, on ne saurait parler de Max Beauvoir, sans parler de sa fille Rachel. Cette dernière a tenu les rênes du « Lakou Beauvoir » après la mort de son père, et est morte dans l’exercice de ses fonctions, toujours selon le professeur Didier Dominique.

Le vodou est à ce jour très reconnu et très répandu. Est-ce en tant que tradition, culture, ou religion ? Une problématique qui susciterait sans doute pas mal de remous et commentaires divergents, de l’avis de Didier Dominique. Par ailleurs, des legs, la famille Beauvoir nous en a laissé. « La continuation de la tradition même, la mise en valeur de l’aspect culturel, intellectuel et synthétique du vodou à travers les bouquins, les différentes prises de position et les documentaires, la conviction et l’engagement dans la mort, qui traduit un sérieux dans le travail effectué, et un héritage au niveau de l'Afrique Ginen », explique Didier Dominique quand on lui demande d’énumérer ces héritages.

Le salon vodou en Haïti, une première réussite pour les organisateurs qui se préparent sans doute déjà pour une deuxième édition.



Réagir à cet article