Lettre ouverte à la jeunesse et au peuple haïtien à la suite des émeutes des 6, 7 et 8 juillet 2018

Insertion Demandée

Publié le 2018-07-26 | Le Nouvelliste

Société -

Citoyens, Citoyennes,

Les événements que nous venons de vivre sont graves. Ils ont entraîné des drames humains et des pertes matérielles considérables. Et, en cette circonstance malheureuse, je veux dire ma peine et ma solidarité à tout le pays. Sans aucun doute, ces événements témoignent d’un malaise profond. Certains ont provoqué des incendies, ils ont brûlé des centaines de voitures, ils s’en sont pris aux hôtels et aux supermarchés de la région métropolitaine.

C’est une crise de sens, une crise de repère, une crise d’extrême pauvreté, bref, c’est une crise d’identité morale.

Face aux violences aveugles des dernières semaines, face aux souffrances et aux difficultés de tant de jeunes, notamment parmi les plus vulnérables ; la première nécessité, c’est de rétablir l’ordre public, car la violence ne règle jamais rien.

Nous ne changeons pas les choses en profondeur sans l’engagement de chacun. Sans une profonde évolution des esprits (sans un profond changement de nos mentalités).

Dans notre société, l’écart entre ceux qui peuvent compter sur la sécurité économique et ceux qui sont plongés dans la grande précarité ne cesse de s’accroître.

Par ailleurs, pour réduire cet écart, nous avons besoin d’une grande solidarité nationale (en scolarisation gratuite, en formation professionnelle gratuite, en réformant les salaires et en institutionnalisant des assurances (chômage, maladie et vieillesse).

C’est une des grandes responsabilités de l’État haïtien d’organiser cette solidarité, surtout dans les périodes de grandes difficultés économiques, car le système économique du pays est inégalitaire. En effet, nous avons besoin aussi d’un humanisme politique. Cet humanisme politique doit reposer nécessairement sur la recherche du bien commun.

Les plus jeunes sont les premières victimes de ce système.

Pourtant, après leurs formations professionnelles initiales, beaucoup d’entre eux attendent d’être appelés pour prendre leur place dans notre société. Mais, c’est la déception totale qui engendre l’exode massif vers les autres pays du continent.

Est-il aujourd’hui tolérable que des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants vivent sur notre territoire dans des conditions trop souvent inhumaines ?

C’est donc vers une économie du partage que nous devons avancer. Vers un partage plus équitable du travail et des fruits du travail. L’économie doit être au service du bien de tous et non seulement au profit de quelques-uns. En d’autres termes, il faut une politique forte de réduction des disparités.

La qualité humaine d’une société se juge aussi à la manière dont elle traite les plus faibles de ses membres : ceux qui sont laissés au bord du chemin de la prospérité, les jeunes, les mamans seules, les personnes âgées, les malades, les personnes handicapées. Le devoir de la République d’Haïti, c’est d’offrir partout et à chacun les mêmes chances !

Aux riches nationaux et étrangers, je voudrais vous dire quand on appartient à un pays ou à une communauté nationale on en respecte les règles de la vie en société, car l’adhésion à la loi et aux valeurs morales de la première République noire passe par la justice sociale, la fraternité et la générosité.

Nous ne pouvons être indifférents à aucune victime de notre société. Nous sommes responsables du respect de toute vie, de son commencement à sa fin.

Trop de nos concitoyens en sont arrivés à croire que la situation est bloquée et que personne n’est capable de la débloquer. Les ressources de notre pays, intellectuelles, humaines, culturelles et spirituelles, nous permettent de rejeter ce fatalisme.

Pour celles et ceux qui ont foi en Dieu et qui vivent dans la communion au Christ Jésus, les difficultés que nous rencontrons ne sont pas un appel au renoncement. Au contraire, elles nous acculent à investir toutes nos capacités pour construire une société plus juste et plus respectueuse de chacun. Cela s’appelle l’espérance !

Père Hygord Amédée Docteur en philosophie politique (Président de la Fondation Hygord Amédée) Auteur

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