« Kwen kay », une exposition de nos maisons au BNE

Le Bureau national d’ethnologie (BNE) a organisé, le jeudi 10 mai, le vernissage officiel de l'exposition «Kwen kay ». Un véritable miroir des différents coins de nos maisons. Une mise à nue tout simplement.

Publié le 2018-05-14 | lenouvelliste.com

Rakèt, lalwa, moso glas, soulye, bwòs, alimèt, kiyè, revèy, balèn, bijou, kalbas, djakout... tous enrôlés à un « poto mitan » devant la grande porte d’entrée du musée forment le décor. Une image diversifiée pour signifier une chose simple « Kwen kay ». Devant des centaines de personnes qui s’impatientent, le directeur du Bureau national d’ethnologie, Érol Josué, jeans délavé, invite le public à revoir une facette de notre forme de vie à travers cette exposition. Ancrée dans notre héritage culturel, elle représente pour les Haïtiens un devoir de mémoire.

A l’intérieur du musée, les coins sont répartis en différentes parties de l’organisation et du fonctionnement de la maison familiale dans la société haïtienne. On peut admirer le coin du célibat, les coins des « panye rad sal », « kwen kay madan Luders », d’autres avec des titres tirés de nos proverbes, comme « tèt ki konn abitye met chapo ap toujou met chapo », « Ti boutèy gen bouchon, gwo boutèy gen bouchon, danmijann gen bouchon », « Si fè pa t koupe fè machòkèt pa t ap viv ». L’exposition réunit plusieurs outils et artefacts plus ou moins lointains. Tous les objets de nos maisons, de celles de nos voisins et de nos grands-parents vivant en province sont au rendez-vous.

Cette petite rencontre au BNE s'affirme comme un rendez-vous important consacré exceptionnellement à la valorisation de nos us et de nos mœurs. « Que vous soyez protestants, catholiques ou vodouisants, les Haïtiens ont l’organisation de leur logis comme point commun. Pye lalwa ki plante devan kay la pour signifier qu’ils sont les seuls maîtres de leurs maisons. Se yo ki fè lalwa ladann », a commenté le directeur du BNE pour plonger le public dans le bain de notre culture.

Manifestement, cette exposition est conçue dans le but de sauvegarder et de mettre en valeur les pièces, les objets, les documents et les symboles relatifs à cette longue histoire du fonctionnement des domiciles haïtiens et la vie qui y règne. L’habitat et ses recoins sont présentés dans leurs moindres détails. Erol Josué définit l’exposition comme « un regard plus réaliste, plus ethnographique et plus attentif à l’autre ».

Justement, « Kwen kay » propose des expressions multiples, des figures, accessoires et des décorations qui interrogent notre relation à l’environnement et notre rapport à l’Antiquité ainsi qu'à la modernité. Cette exposition entre l’idylle et la dévotion est une longue histoire d’amour et d’attachement à nos maisons. Les décorations, le soin avec lequel nous arrangeons les ustensiles de cuisine, de chambre… en sont la preuve. C’est une exposition à voir et à revoir. Si l’on croit l'adage, la maison du charpentier est faite de tronçons de bois, et encore de tronçons écourtés. Et la vôtre ?



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