Douanes/Grève/Sous-traitance

Troisième journée de grève des douaniers, six entreprises ferment leurs portes

Publié le 2018-03-07 | Le Nouvelliste

National -

La grève des douaniers n’est pas sans conséquences sur le commerce en Haïti. Parmi les secteurs les plus touchés, le textile. Faute de matières premières, six entreprises dans la sous-traitance ont déjà fermé leurs portes. Le président de l’Association des industries d’Haïti (ADIH), Georges Sassine, appelle le gouvernement à trouver un consensus avec les grévistes pour éviter le pire…

Pour forcer le gouvernement à publier dans le journal officiel du pays, Le Moniteur, le statut particulier des douaniers, ces derniers entament depuis lundi une grève générale dans l’administration des douanes à travers tout le pays. Le secteur commercial, la sous-traitance et le textile commencent à ressentir l’effet de la grève.

Selon le président de l’Association des industries d’Haïti (ADIH), dans le secteur de la sous-traitance et le textile, des entreprises ont commencé à fermer leurs portes depuis mardi. On en est maintenant à au moins six entreprises qui, faute de matières premières bloquées à la douane, sont obligées de renvoyer les ouvriers et fermer leurs portes, a dénoncé Georges Sassine. Il y en aura plus ce jeudi, a-t-il annoncé avec angoisse et frustration.

Il s’agit de 47 000 ouvriers avec en moyenne 350 gourdes par jour, « cela vous donne une idée de l’argent perdu dans le pays », a-t-il fait remarquer dans une entretien téléphonique accordée au Nouvelliste mercredi soir.

D’autres secteurs liés à la production nationale ou à l’importation ne sont pas épargnés par la grève des douaniers, a souligné M. Sassine. Des produits périssables bloqués à la douane commencent à pourrir et cela représente beaucoup d’argent perdu, a-t-il indiqué au journal.

Georges Sassine appelle le gouvernement à faire le nécessaire pour stopper l’hémorragie. Il a fait savoir au Nouvelliste qu’il s’est déjà entretenu en ce sens avec le Premier ministre, les ministres des Finances et du Commerce pour leur expliquer la gravité de la situation. Le président de l’Association des industries d’Haïti (ADIH) commence à subir les pressions des commanditaires étrangers.

« Nous avons décidé d’entrer en grève afin de forcer le ministre de l’Économie et des Finances, Jude Alix Patrick Salomon, à publier le statut particulier des douaniers dans le journal officiel comme il a été prévu dans le protocole d’accord signé le 21 octobre 2017 », a déclaré Michelson Nelson, porte-parole du comité de l’Association des douaniers haïtiens (ADH).

« Le titulaire du ministère de l’Économie et des Finances, Jude Alix Patrick Salomon, avait promis de publier le statut particulier des douaniers dans un délai de 90 jours, a précisé le porte-parole. Depuis le 21 janvier 2018, cette publication aurait dû être effective. On a accordé un délai d’un mois à ce dernier, mais rien n’a été fait. Après cette prolongation, on a consenti d’accorder un autre délai jusqu’au 1er mars pour la publication du statut particulier, mais le ministre n’a pas fait son devoir. Alors, on a décidé de passer à la grève ce lundi 5 mars. »

Ce statut particulier permettra aux douaniers d’avoir des garanties sur des points comme la promotion, la pension, entre autres.

Le ministère de l’Économie et des Finances, Jude Alix Patrick Salomon, a indiqué avoir déjà accordé aux douaniers en octobre 2017 une augmentation de 40% de leur salaire. Selon le ministre, le document relatif au statut particulier des douaniers est actuellement à l’étude à l’Office de management et des ressources humaines (ORMH).

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