Haiti-Education/ Symposium

La « MIT-Haïti initiative » s’engage dans l’amélioration du système éducatif haïtien

Publié le 2017-04-04 | Le Nouvelliste

La « MIT-Haïti initiative » a tenu la semaine écoulée un symposium sur la possibilité d’apporter des innovations dans le système éducatif haïtien, à l’hôtel Marriott. Organismes partenaires, chercheurs et professeurs d’universités, et enseignants du niveau classique et autres personnalités avaient pris part à cette activité. Une occasion pour les acteurs de procéder à une évaluation des différentes réflexions et travaux effectués depuis 2010, mais aussi de dégager des perspectives qui permettront de rendre concrets les objectifs qu’ils veulent atteindre, d’après le responsable de la MIT-Haiti, Michel DeGraff, professeur de linguistique à Massachusetts Institute of Technology (MIT). La vision dégagée au sein de la « MIT-Haïti initiative », lancée en 2010, est échafaudée sur trois piliers qui, selon le professeur DeGraff, membre de l’académie du créole haïtien, visent à l’amélioration du système scolaire, de l’enseignement supérieur et de la recherche dans le pays. Il y a la pédagogie participative. Une nouvelle manière d’enseigner qui permet aux apprenants eux-mêmes de s’engager activement dans le processus d’apprentissage, ou dans la recherche. « Ils coconstruisent leur connaissance ». Le deuxième élément consiste à « l’utilisation de la langue maternelle », le créole. L’on constate que les apprenants peinent à s’engager, du moins à s’adapter et appréhendent mal la connaissance lorsque celle-ci n’est pas transmise dans la langue qu’ils maîtrisent. Le troisième pilier concerne l’utilisation des outils techniques ou technologiques liés à l’apprentissage, tant au niveau des écoles qu'au niveau des universités. Participant au symposium, l’écrivain- pasteur Pauris Jean Baptiste, président du conseil d’administration de l’académie du créole haïtien, a salué les efforts de réflexion et le travail des acteurs du système qui participent à la lutte qui vise à rendre efficace le système. Pour lui, beaucoup de travail reste à faire pour accepter le créole, sans rejeter les autres langues, comme une langue prioritaire d’enseignement dans le pays. Cela nous permettrait, d’après lui, d’avancer vers le progrès. A l’exemple de l’académicien, d’autres participants à ce symposium ont souligné l’intérêt d’une telle activité pouvant apporter de nouvelles touches dans le système éducatif. Plusieurs ateliers de formation, et séminaires ont été déjà réalisés pour des enseignants du système éducatif haïtien, en vue de développer plus de compétences pour transformer le système. Les responsables veulent constituer un noyau de cadres, enseignants, professeurs, chercheurs qui sont eux-mêmes capables de manipuler les outils technologiques, les logiciels (matériels) pédagogiques pour enseigner les mathématiques, la physique, la biologie et la chimie. Ils cherchent également à aider ces acteurs à maîtriser les nouvelles méthodes d’enseignement, tout en encourageant l’utilisation du créole, langue maternelle, pour faciliter la transmission et la production du savoir.
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