Collectif pour la conférence Nationale souveraine (CNHS)

La valse des concepts... et l'expression Conférence Nationale...

Publié le 2005-02-04 | Le Nouvelliste

Il est un principe sociologique qui veut que "les changements apparents se fassent au niveau des mots et les changements profonds au niveau des significations". Par ailleurs, le célèbre poète haitien Georges Sylvain a écrit que "les noms que l'on nous donne sont des reflets changeants où l'âme parfois luit". Comment comprendre, face à la floppée d'expressions et d'appellations, la problématique réelle de l'exigence de réconciliation nationale haitienne? Volonté de particularisme? Sacrement des divisions pérennes? Excroissances de tendances centrifuges? Richesses conceptuelles? Pugilat idéologique? Les concepts sont pléthores et reflètent tant la profondeur de la crise structurelle haitienne que la volonté de tous les Haitiens de faire le "take off" vers le développement. Reflets de la crise profonde La Valse des concepts, loin d'être l'expression d'une "cacophonie" comme l'affirme Claude Moise, est l'expression de la nécessité pour tous les Haitiens de s'asseoir pour harmoniser leurs points de vue sur la question nationale. Elle est aussi le sacrement de la nouvelle tendance de tous les Fils d'Haiti à s'engager dans la quête d'une solution réelle aux problèmes majeurs du pays . En réalité, les concepts en cours sont le reflet fidèle de la crise profonde que connait notre pays. Il y a urgence! Toute attitude retardataire des responsables peut être assimilée à des actes criminels! Plus la situation dure, plus nous sommes promis aux désastres, plus nous nous exposons à compter des morts et des blessés. Et attention! Nous disons attention, car il existe dans tous les systèmes juridiques mondiaux la catégorie "crime involontaire" ! Dans toutes les légistations du monde , on punit pour "non assistance à personne en danger!" Nous invitons le monde développé ou surdéveloppé à prendre la mesure de leur participation à la commission du drame et à appuyer les efforts des nationaux au lieu de leur mettre les bâtons dans les roues par souci de paternalisme ou de domination politique. Pourquoi ne pourrait-on pas parler de "non assistance à pays en danger!?". Ainsi, Haiti peut accepter le support du monde international et des "pays amis". Mais nous récusons toutes les formes d'impérialisme qui nous menacent égoistement et planifient savamment notre "mort" ou notre réduction à un esclavage moderne sous le label "protectorat". La prolifération des concepts Chez nous, le nom est prédestination. Si on a un "grand nom", on est promis à une bonne fortune, un grand avenir. Pour souhaiter l'entente entre les Haitiens, les concepts sont multiples: Kombitisme"," Conférence nationale","Solidarité Nationale", "Solution pour Haiti", "Grand débat", " Chita tande, chita pale", "Forum" , "Assemblée de concertation", "Assemblée de conciliation", "Assemblée du peuple", "Congrès de la Renaissance", "Congrès du renouveau", "Congrès pour la refondation nationale", "Contrat Social", "Réconciliation Nationale", "Etats Généraux" et le dernier en cours, "Dialogue National ", traduit de l'Espagnol parce que-d'après les "on dit", il aurait été mis en route par les occupants latinoaméricains actuels. En effet, "dialogue" est fine traduction de l'Espagnol "diálogo"= "conservación entre dos personas"(conversation entre deux personnes). La Conféremce Nationale Haitienne Souveraine, pour répéter Rémy Mathieu, sera "le creuset d'une série de dialogues". Si les décideurs aspirent simplement à un dialogue politique, c'est leur droit! Qu'ils nous laissent travailler en paix et lutter pour le sauvetage de la nation. La Conférence nationale est incourtournable. Elle aura lieu quand ce pourra! En attendant, la plupart des concepts reflétent bien la volonté de tous les Haitiens de s'asseoir autour d'une table ou dans un forum pour échanger des vues et se parler et penser ensemble la question sociale. Pour les plus avisés, ils sont aussi le sacrement de la mentalité de division propre à nos leaders, toujours en quête d'une suprématie égoiste et individuelle, fruit, peut-être, de l'éducation reçue dans les meilleures écoles de notre pays. Ceci dit, analysons, dans une approche holistique, les concepts les plus utilisés et les "titres" commis par la panoplie d'efforts haitiens actuels en vue de réaliser l'entente entre les nationaux d'Haiti. Le panorama est à la fois riche et colorié. Certains concepts semblent venir du folklore ou de la culture profonde du pays. D'autres paraissent avoir été choisi au coup d'oeil rapide dans un dictionnaire sans souci de leur pouvoir de compréhension . Et ce n'est que plus tard que les protagonistes essayent de les "redresser". Car, ils se rendent comptent, a posteriori, que les mots ou les concepts ont aussi leurs limites. Ils se rendent compte, après coup, qu'ils ont choisi "chaise" au lieu de "meuble". En effet, toutes les chaises sont des meubles, mais tous les meubles ne sont pas des chaises. "Fruit" peut comprendre "mangue" et "pomme", mais "mangue ne peut s'étendre à "fruit" et "pomme". Dans certains cas, l'on pourrait même, au regard des prétentions affichées, accuser les tenants de certains courants de "prélogisme". Beaucoup de concepts ne peuvent embrasser que certains pans de la réalité. Force ,donc, est de reconnaitre que les mots ont leur "pouvoir"et leur "limites". "Contrat Social" peut bien être un chapitre important de la Conférence Nationale et non l'inverse. C'est la problématique du pouvoir d'extension et de compréhension des concepts. Et c'est la Science et l'amour d'Haiti qui réalisera l'entente entre tous ces concepts. Je ne verrais aucun problème à ce qu'on dise: CONFERENCENATIONALE/CONTRAT SOCIAL HAITIENS SOUVERAINS(CNCSHS), surtout si l'économie de la démarche sera l'entente et l'universalisation haitiennes du dossier. Nous comprenons bien la situation et nous n'en faisons pas un drame. En Haiti, le nom que l'on reçoit est parfois et souvent une promesse pour l'avenir. C'est ce que prêche Georges Sylvain. Ce n'est pas pour rien que l'on commence dans les "kindergarten" du pays à enregistrer des "Wyclef". Ce n'était pas pour rien que la mère d'un garcon présenté au tribunal civil du Cap- Haitien dans le passé avait créé la surprise. Le garçon s'appellait "Magasin Altieri". Fils de l'arrière-pays, ses parents lui avaient donné le nom du plus grand magasin qui existait au Cap Haitien pendant les années 50. En Haiti, "les noms que l'on nous donne sont des reflets changeants où l'âme parfois luit". Trêve de dilatoires. Seules les " significations" peuvent être base de compromis. Le vent est aux dilatoires! La pléthore de concepts les alimentent! Pourtant l'entente entre les Haitiens doit être une. Les merveilleux rêveurs du Collectif pour la Conférence nationale Haitienne Souveraine invitent tout le monde à dire avec eux: "La division nous a appauvris! L'entente et la concorde nous enrichiront! Tout compromis doit se faire d'abord au niveau des significations et en fonctions de l'urgence d'apporter un baume aux souffrances nationales. "Les changements apparents se font au niveau de mots et les changements au niveau des significations". Si l'on n'évacue pas l'idée de souveraineté et si l'on n'écarte pas l'option de résoudre les problèmes générés par la crise structurelle, l'entente entre les concepts est possible, viable et faisable. L'idée de "Souveraineté" n'est, cependant pas négociable. En tout état de cause, le constat est simple et patent. Nous sommes dans le pétrin! Il faut effacer le tableau pour sortir du marasme économique. Tout compte fait, si nous voulons améliorer les conditions de vie dans le pays, nous devons divorcer d'avec les pratiques qui consistent à élire ou nommer des gouvernants qui n'ont d'autres options que d'entretenir la division et le maintien d'un statu quo désastreux, de respecter passablement des prescrits constitutionels qui ne sont nullement les fruits d'un consensus national. Ce divorce exigé est l'une des conditions sine qua non du changement. Nous ne devons plus nous mettre en quête d'un messie, d'un leader , d'un haitien capable de galvaniser le peuple par des paroles enflammées de bonnes intentions. Le moment est au leadership pluriel. Nous partageons l'idée d'un "Etat Fédéral Haitien". Il nous faut une équipe avec des bras assimilables aux tentacules d'une pieuvre pour embrasser tous les problèmes. En accord avec ce nouvel objectif, le COLLECTIF POUR LA CONFERENCE NATIONALE HAITIENNE SOUVERAINE a créé un Comité scientifique et a vécu le 12 décembre 2004 le premier carrefour de ce COMITE SCIENTIFIQUE. Pour mobiliser la nation en profondeur, il nous faut les actions concertées et le soutien de toutes les forces les plus actives et expérimentées de notre société. Conscient du fait, que pour la réalisation des tâches de refondation de la nation le pays aura besoin aussi de ses élites, le CNHS s'est doté d'un bras technique composé de professionnels éprouvés émanant de tous les secteurs de la divison sociale du travail. Il a été mis en place un COMITE SCIENTIFIQUE au sein du CNHS avec des professionnels divers (santé, éducation, environnement, agriculture, économie, droit, gestion des grands travaux, science politique etc...) L'expression "CONFERENCE NATIONALE" a un plus grand pouvoir de compréhension Par rapport aux appelations choisies ou en vogue un peu partout dans le pays, l'expression " Conférence Nationale" est une expression dotée d'un plus grand pouvoir de compréhension et d'extension. Dans cette perspective, les expressions ou concepts recensés souffrent objectivement de certaines lacunes en ce qui concerne leur pouvoir de compréhension. La plupart s'accomoderait parfaitement d'un rôle de chapitre au sein du processus de Conférence Nationale. Le prélogisme est flagrant quand nous entendons parler dans les médias "d'organiser un "dialogue national" pour "aboutir à une Conférence Nationale". On ne peut aucunement, si l'on veut demeurer rationnel, remplacer un terme de plus de compréhension par un terme de moindre extension. En clair, l'on ne peut pas remplacer "meuble" par "chaise". Toute chaise est un meuble mais tous les meubles ne sont pas des chaises. Ceci dit, l'on ne peut qu'applaudir et encourager les efforts honorables consentis par certains acteurs, en petits ou grands groupes, en vue d'obtenir que les Haitiens , enfin, s'entendent pour bien vivre dans le pays. Le besoin d'échanger et de discuter sur la question nationale est une préoccupation de tous. On ne peut que féliciter tous ceux qui ont contribué à cette prise de conscience généralisée: la solution à la crise structurelle passe par un parler et une entente entre tous les Haitiens sans exception. C'est cette révolution pacifique qui apportera la paix véritable à notre pays en lambeaux. L'expression "CONFERENCE NATIONALE" jouit d'une historicité mondiale et internationale A côté du plus grand pouvoir d'extension, l'expression "Conférence Nationale" jouit d'une historicité internationale notoire. L'expression s'est frayée divers chemins dans le globe terrestre et l'expérience réussie au Bénin a inspiré nombre de sociétés d'Afrique et d'autres continents. Elle est déjà entrée dans le vocabulaire des peuples comme " l'organisation d'un grand débat structuré en vue de poser les vrais problémes d'un pays, enclencher une révolution pacifique et réconcilier la nation avec elle-même en vue d'aboutir à un plan de développement durable". La Conférence Nationale haitienne est conçue comme le lieu de rencontre de toutes les volontés et de tous les espoirs. Elle suppose les efforts concertés de tous, l'implication de tous les Haitiens , san exclusive, petits et grands, riches et pauvres, citadins et paysans, noirs, mulâtres et blancs haitiens, créolophones, francophones, hispanophones et anglophones haitiens pour un changement de mentalité, un changement de structures, une tranformation profonde du pays et des citoyens. Le 22 janvier 2005
Professeur Amary Joseph NOEL Coordonnateur Technique du Collectif Pour la Conférence Nationale Haitienne Souveraine (CNHS) Auteur

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