Une modeste proposition : un code d'identification des communes haïtiennes

Publié le 2005-02-10 | Le Nouvelliste

Le souci de l'Homme de désigner et d'organiser son habitat se retrouve comme une constante dans l'histoire de ses sociétés, des provinces romaines aux caciquats indiens. Il répond sans doute à de puissantes impératives innées. L'animal humain est territorial et il renforce son grégarisme en s'identifiant au lieu bien déterminé où il évolue. Il finira même par s'attacher ce trait fortuit pour se distinguer des autres. On se définit Haïtien, (pas Jamaïcain), Capois (pas Jacmélien), Rivanordais (pas Aculois). Cette tendance collective a reçu un nom des psychologues : "l'esprit de clocher": souvenir du temps où la loyauté des habitants, et souvent leur monde, s'arrêtaient à ce qu'ils pouvaient observer du clocher de leur village. La globalisation et ses effets Mais le progrès a fait pousser plus de gratte-ciel que de cathédrales, et de bien plus grands. Les clochers ont peu à peu disparu et, avec eux, beaucoup de l'esprit qu'ils symbolisaient. La révolution informatique a emporté le reste. De ses satellites géocentriques, le nouvel esprit voit plus loin qui, des Français et des Allemands, voudrait faire des Européens. Le monde est, nous dit-on, un village où l'on s'entre parle et s'entre-tue à la vitesse de la lumière. L'avalanche des "courriels" et le constant bourdonnement des appels cellulaires ont sans doute éclipsé un des premiers grands succès de l'informatique: la réorganisation de notre habitat en de multiples régions désignées par des codes conventionnels et convenables au traitement par ordinateur. De façon bien moins pittoresque, par exemple, et pour bien plus de personnes qu'ils n'auraient jamais pu imaginer, "509" de nos jours désigne la "terre montagneuse" des Arawaks. Adopté à la fin des années 60, le "zip code" américain représente l'exemple le plus marquant de ce succès. Trois chiffres suffisent pour designer chaque région d'un pays 300 fois plus grand que le nôtre. L'addition de deux autres chiffres va restreindre la spécification au quartier i. Les Haïtiens sont sans doute familiers aux 112 pour Brooklyn (11226 pour la région de Flatbush qui comprend l'avenue Toussaint Louverture) et 331 pour Miami-Dade (33138 pour Little Haïti, avec l'avenue Félix Morisseau Leroy). D'autres pays ont suivi qui ont vite compris que l'importance d'un système de codification national ne se limite pas au service postal. La France attribua un code de cinq chiffres à chacune de ses plus de 40,000 communes. Paris septième par exemple, devint 75007 ii. Le Canada développa un code plus sophistiqué à 6 entrées (chiffres et lettres) pour ses régions. Ainsi, "H1G 1H1" et "H1R 3P1 ou H1P 2R6" remplacèrent respectivement Montréal Nord et St-Léonard dans des adresses connues des Haïtiens iii. De ce village global, Haïti est le petit coin oublié, où l'esprit de clocher survit encore bel et bien dans l'anonymat. Elle n'a pas pu échapper tout à fait à la révolution informatique mais l'absence de codes pour ses 133 communes brille avec l'intensité d'une lampe tèt gridap. Cet anachronisme en négatif est révélateur et plus qu'un indice de sous-développement. Il s'explique mal en plus au moment où un consensus veut nous présenter la décentralisation comme une panacée. Les grands plans de développement, ceux-là mêmes qui prônent la fragmentation du pays en de multiples Etats autonomes, n'ont pas cru bon d'inclure un tel système comme un préalable presque incontournable. A vrai dire, cette absence n'a pas que des désavantages. En particulier, elle maintient ce flou convenable dans lequel sont mal définis les besoins des communes, leurs rapports avec l'Etat central et les responsabilités de ce dernier à leur égard. Elle cache aussi les disparités intercommunales ou, tout au moins, rend plus difficile leur mise en évidence objective. Peut-être que le succès tant manifeste des systèmes de codification nationaux dans le domaine postal a éclipsé son importance dans d'autres plus administratifs, non moins essentiels, mais certainement moins évidents aux Haïtiens habitués à vivre avec les lenteurs et autres déficiences dans la livraison de leur courrier iv. Considérations mathématiques On peut pourtant construire un système de codification simple pour les communes haïtiennes à partir de la classification de l'Institut Haïtien de Statistique et d'Informatique (IHSI) v. Le pays est divisé comme suit, en dix départements, ceux-ci en arrondissements et ces derniers en communes. Départements Numéro (IHSI) Nombre d'arrondis-sements Nombre de communes Ouest 1 5 18 Sud-Est 2 3 10 Nord 3 7 19 Nord-Est 4 4 13 Artibonite 5 5 15 Centre 6 4 12 Sud 7 5 18 Grande-Anse 8 3 12 Nord-Ouest 9 3 10 Nippes 10 2 6 Total --------- 41 133 Tableau 1. Ordre des départements haïtiens, d'après l'Institut Haïtien de Statistique et d'Informatique (IHSI), et nombre d'arrondissements et de communes par département. On note au tableau 1 que le département du Nord a le plus grand nombre d'arrondissements (sept). De même, le raisonnement mathématique montre que seuls les départements de l'Ouest et du Sud pourraient avoir un arrondissement de dix communes ou plus, si on admet qu'un arrondissement doit nécessairement en avoir au moins deux, son chef-lieu et une autre. Par exemple, le département du Nord est divisé en sept arrondissements et dix-neuf communes (voir tableau 1). Si un de ces arrondissements comptait dix communes, il en resterait neuf à partager entre les six autres, une impossibilité mathématique puisqu'il faut au moins deux communes par arrondissement. On peut vérifier que, pour les départements de l'Ouest et du Sud, les arrondissements de Port-au-Prince et des Cayes respectivement ont chacun un maximum de six communes (huit pour Port-au-Prince, si on admet Tabarre et Cité Soleil). En conclusion, aucun des dix départements du pays ne comprend plus de neuf arrondissements et aucun arrondissement plus de neuf communes. On déduit de ces considérations mathématiques que dans tout système de codification national haïtien, il faudra deux chiffres pour indiquer le département (puisqu'il y en a dix. On peut ignorer le zéro initial pour les neuf premiers), un seul pour l'arrondissement et un quatrième pour la commune. Le code DAC Le système proposé ici (dénommé "code DAC" pour Département- Arrondissement-Commune ou DAK en créole) comprend un maximum de quatre chiffres dans l'ordre mentionné plus haut, d'après la classification de l'IHSI. Il admet deux règles simples: le chef-lieu d'un département est toujours son premier arrondissement et, de même, le chef-lieu d'un arrondissement sa première commune. Ainsi par exemple, dans ce code le numéro DAC 123 (en réalité 0123) désigne sans équivoque la commune de Grand-Goâve. On lit de gauche à droite : premier département (l'Ouest) - deuxième arrondissement (Léogane) - troisième commune. On arrive bien sûr au même résultat en interprétant ce numéro de préférence de droite à gauche : troisième commune du deuxième arrondissement du premier département. De même, le numéro DAC 512 se lit comme suit : cinquième département (l'Artibonite) - premier arrondissement (les Gonaïves) - deuxième commune, c'est à dire Ennery. (De droite à gauche : deuxième commune du premier arrondissement du cinquième arrondissement). Le lecteur pourra vérifier, pour prendre un dernier exemple, que DAC 1024 réfère à l'Asile, la dernière commune du pays dans le classement actuel : dixième département (Nippes) - deuxième arrondissement (Anse à Veau) - quatrième commune vi. On peut déjà de là déduire certaines généralités. Le numéro DAC de la commune chef-lieu de l'arrondissement lui-même chef-lieu du département, se termine nécessairement par 11. Par exemple DAC 711 indique la commune des Cayes : septième département (Sud) - premier arrondissement (les Cayes, son chef-lieu) - première commune (du même nom, chef-lieu de l'arrondissement). Par contre, le code de la commune chef-lieu d'un arrondissement autre que le chef-lieu du département se termine par 1, précédé d'un chiffre différent de 1. Ainsi, DAC 721 réfère à la commune de Port-Salut : septième département - deuxième arrondissement - première commune (chef-lieu de l'arrondissement). Le lecteur perspicace aura sans doute déjà inféré que la commune de Port-au-Prince porte le numéro DAC 111 : premier département (Ouest) - premier arrondissement (chef-lieu) - première commune. Un léger raffinement à ce système permet de distinguer l'élément primaire dans la division administrative actuelle du pays (la commune) d'un ensemble (l'arrondissement ou le département). Un code terminé par zéro indique une totalité, un zéro simple : l'arrondissement (à distinguer de la commune du même nom) et un double zéro : le département. Par exemple DAC 620 désigne l'arrondissement de Mirebalais (sixième commune - deuxième arrondissement), c'est-à-dire l'ensemble de ses communes, son chef-lieu du même nom (code 621) et les deux autres Saut d'Eau et Boucan Carré (codes 622 et 623 respectivement). DAC 600 désigne l'entièreté du département du Centre, les quatre arrondissements : Hinche, Mirebalais, Lascahobas et Cerca la Source (611, 621, 631, 641 respectivement) et leurs douze communes vii. Ce principe s'illustre peut-être mieux dans le cas de La Gonâve, le seul arrondissement du pays dont le chef-lieu (Anse à Galets) porte un nom différent du sien. DAC 150 réfère à l'île entière : premier département - cinquième arrondissement, qui comprend deux communes: son chef-lieu (151) et Pointe-à-Raquette (152). Marmelade vs Saint-Michel de l'Attalaye Le cas de Marmelade est intriguant. L'IHSI fait de cette commune le chef-lieu du cinquième arrondissement, qui porte son nom, du département de l'Artibonite (page 51 des "Résultats Préliminaires", voir aussi la carte géographique à la page 47). A ce titre et en vertu des règles exposées antérieurement, elle porterait le numéro DAC 551, chef-lieu du cinquième arrondissement du cinquième département. Pourtant, ce même livre place Marmelade en deuxième position dans la liste des communes (page 51), après Saint-Michel de l'Attalaye, en claire dérogation à la logique appliquée aux 132 autres communes et aux 41 arrondissements. De l'avis de l'auteur, qui recommande 551 pour Marmelade et 552 pour Saint-Michel de l'Attalaye (et pas l'inverse), il vaut mieux s'en tenir à des principes bien définis plutôt que de créer une exception, qui avant longtemps amènerait une autre. Importance d'un système de codification Un système de codification organise l'habitat. C'est une infrastructure virtuelle mais aussi essentielle pour le développement d'un pays que des routes et qui joue un rôle similaire à celui d'un système d'identification individuelle pour ses habitants (eg. le SSN : Social Security Number aux USA). Outre son application la plus évidente dans le domaine postal, il permet de mieux recueillir et, avec les grands moyens de l'informatique, de beaucoup plus facilement manipuler les données statistiques. Il fournit donc une assise scientifique aux décisions politiques, ce qui en fait, de nos jours, un préalable à tout progrès et un outil essentiel dans la mise en application de tout plan de développement, surtout dans un pays qui doit dépenser ses maigres ressources avec la plus grande pertinence. Les codes facilitent l'étude des relations non seulement intra-sectorielles (par exemple entre les communes d'un même arrondissement) mais aussi inter-sectorielles (entre toutes les communes et entre tous les arrondissements) et dans tous les domaines, éducation, santé et travaux publiques, justice, religion etc... Par exemple, l'auteur de cet article a codifié d'après le système DAC les données de l'IHSI sur le recensement de la population et celles du ministère de l'éducation nationale sur le nombre d'écoles par commune. Il a pu ainsi obtenir le rapport du nombre d'habitants en âge scolaire par école publique pour toutes les communes du pays (voir la figure 1 pour celles du département de l'Ouest). Ce critère objectif est essentiel dans le choix de la commune pour la construction d'une nouvelle école viii. [ INSERER GRAPHE EN JPG ] Figure 1. Nombre d'habitants en âge scolaire (5 ans < âge < = 18 ans) par école publique dans les communes du département de l'Ouest. (Sources : IHSI, 4eme Recensement Général de la Population et de l'Habitat, 2003; Ministère de l'Education Nationale, de la Jeunesse et des Sports (MENJS), Répertoire de Ecoles Fondamentales, Secondaires et Pré-scolaires d'Haïti, 2003) Au prime abord, un tel système peut paraître renforcer la centralisation. A la réflexion, le contraire est plus vraisemblable. Aux Etats-Unis ou ailleurs, l'usage des codes régionaux n'a pas diminué le pouvoir des autorités locales, pas plus que l'introduction des codes téléphoniques. En fait, toute Fédération exige un Etat central fort juridiquement et économiquement, certainement un qui dispose de critères objectifs pour prendre et justifier ses décisions au niveau national. Pour utiliser une analogie militaire, c'est là, que par l'intégration des données régionales, doivent s'élaborer les grandes stratégies de développement. La tactique, c'est à dire leur mise en application, revient aux autorités communales. La victoire ne s'obtient qu'au prix d'une bonne coordination entre les deux. L'exploitation de l'esprit de clocher par d'habiles politiciens et d'autres intérêts régionaux et/ou internationaux conduira vite sinon à de multiples conflits sécessionnistes et, à plus ou moins long terme, à la désintégration de la Fédération en de petits Etats périphériques, de jure ou de facto. L'importance d'un tel système se révèle aussi crucial dans un domaine d'actualité. Des bulletins de vote codés sont plus facilement traités par ordinateur. Ceci bien sûr active le comptage, mais aussi, et de façon beaucoup plus importante, diminue considérablement les risques de fraude par manipulation humaine. On peut aussi obtenir le nombre exact de suffrages dans chaque commune et vérifier ainsi que, le jour des élections, elle n'a pas connu une soudaine explosion démographique d'électeurs plus sympathiques à un candidat en particulier. Conclusion Nous présentons ici le "code DAC", conçu d'après les principes établis plus haut. Notez que l'auteur ne revendique pas sa paternité. Sous une forme quelque peu plus compliquée, il est déjà utilisé par les statisticiens de l'éducation nationale et probablement par d'autres. On peut supposer que l'IHSI, qui doit relever des données au niveau de la commune (par exemple pour la population), procède d'un système similaire. Nous proposons donc, en toute modestie, son adoption au niveau national, dans les rapports statistiques des ministères, des ONG et de tout organisme qui doit fournir à un Etat central les données nécessaires à l'application d'une politique rationnelle et à tout citoyen les moyens de l'évaluer. Notons pour terminer que ce code limite à neuf le nombre d'arrondissements par département et de communes par arrondissement. Même avec Tabarre et Cité Soleil, Port-au-Prince peut donc encore s'offrir une nouvelle commune et le Nord deux nouveaux arrondissements. On pourrait contourner cette restriction mathématique, mais elle semble bien convenir à la superficie du pays en prévenant son morcellement à outrance, à des fins purement politiques. Par contre, l'addition d'un suffixe de deux chiffres permettra assez facilement d'étendre ce code à la section communale qui est en fait l'unité primaire de la division administrative du pays. Il faudrait simplement qu'au préalable, les communes définissent et ordonnent mieux leurs sections. ----------------------- i Robert Moon, un employé des postes, proposa en 1944 ce système qui d'abord ne comprenait que les 3 premiers chiffres. Etendu à cinq, il fut imposé à tous les utilisateurs en 1967. Un zip code à neuf chiffres a été récemment introduit. D'emploi facultatif, il restreint la spécification à un pâté de maisons ou même à un immeuble en particulier. ii Le code français liste les départements par ordre alphabétique, Paris est le 75ième. Les trois derniers chiffres indiquent la commune. iii Le système canadien se distingue des autres de façon intéressante. La combinaison de chiffres et de lettres permet en effet d'obtenir des codes beaucoup plus succincts et mieux adaptés à l'immensité d'un pays 360 fois plus grands que le nôtre (le Québec à lui seul fait près de trois fois de la France en superficie). Seuls les trois premiers symboles de ce code (appelés RTA : Région de Tri par Acheminement) désignent effectivement une région. Les trois derniers (UDL : Unité de Livraison) réfèrent à des succursales des bureaux de postes. iv Il existe bien depuis quelque temps un code postal haïtien composé de quatre chiffres précédés du préfixe HT, éminemment redondant. Une lettre qui nous arrive de l'extérieur devra de toutes façons porter la mention Haïti. Ce système semble avoir été conçu sous des pressions internationales et n'a aucune relation évidente avec les divisions administratives du pays. v Spécifiquement l'auteur réfère à la classification présentée dans les "Résultats préliminaires du 4eme Recensement Général de la Population et de l'Habitat." Il a ici détaché les Nippes de la Grande-Anse mais conservé Tabarre et Cité Soleil dans l'arrondissement de Delmas. vi Les mathématiciens Asilois s'en contenteront peut-être. Le nombre 1024 (2 exposant 10, communément représenté par la lettre "k") est l'unité de référence en informatique. vii Les zéros terminaux sont en réalité superflus mais ils préservent la cohérence du code. 62 pourrait désigner l'arrondissement de Mirebalais (sixième département-deuxième commune), tout comme 6 le département du Centre. viii Une illustration de la persistance de l'esprit de clocher chez nous, au plus haut niveau, est cette tradition qui semble obliger tout Président de la République à "faire quelque chose" pour sa commune natale. Le présent, d'un gouvernement de transition, n'y a pas échappé. Il vient d'inaugurer à Ganthier les travaux pour la construction d'une école publique. La figure 1 (d'une étude à paraître du même auteur) montre que Croix des Bouquets, commune voisine et chef-lieu de l'arrondissement, a 33% plus d'habitants en âge scolaire par école publique que Ganthier.
Francis Saint-Hubert, MD, MPH Auteur

Réagir à cet article

Nous avons remarqué que vous utilisez un bloqueur de publicité.

Notre contenu vous est présenté gratuitement à cause de nos annonceurs. Pour continuer à profiter de notre contenu, désactivez votre bloqueur de publicité.

C'est éteint maintenant Comment désactiver mon bloqueur de publicité?

How to disable your ad blocker for our site:

Adblock / Adblock Plus
  • Click on the AdBlock / AdBlock Plus icon on the top right of your browser.
  • Click “Don’t run on pages on this domain.” OR “Enabled on this site.”
  • Close this help box and click "It's off now".
Firefox Tracking Prevention
  • If you are Private Browsing in Firefox, "Tracking Protection" may casue the adblock notice to show. It can be temporarily disabled by clicking the "shield" icon in the address bar.
  • Close this help box and click "It's off now".
Ghostery
  • Click the Ghostery icon on your browser.
  • In Ghostery versions < 6.0 click “Whitelist site.” in version 6.0 click “Trust site.”
  • Close this help box and click "It's off now".
uBlock / uBlock Origin
  • Click the uBlock / uBlock Origin icon on your browser.
  • Click the “power” button in the menu that appears to whitelist the current website
  • Close this help box and click "It's off now".