Questions fondamentales

Ce que je pense

Publié le 2004-12-23 | Le Nouvelliste

Par Pierre Robert Auguste Quand on perd le sens de l\'histoire, on se condamne à des erreurs. Mais quand ceci relève d\'un acte volontaire, c\'est un crime. Crime de l\'ignorance calculée ! L\'absence de l\'approche historique, flagrante dans la démarche de la communauté internationale, dans l\'action du gouvernement intérimaire, imitée seulement par des acteurs politiques, sociaux, économiques sous le trait d\'une auto-dépersonnalisation par rapport à l\'étranger, expose la société à vivre sous la menace permanente des catastrophes humaines. Eux tous agissent contre l\'Etat, qui s\'appelle Haïti. Or, tout Etat, attaché à ses prérogatives propres de souveraineté, réagira toujours par la rébellion que n\'importe lequel de ses sujets se fera le devoir d\'incarner. L\'exacerbation de la crise actuelle n\'a pas d\'autre origine. ONU viole son droit international contre un pays membre. Le gouvernement, par manque de personnalité, acteurs économiques, sociaux, politiques haïtiens, par intérêt mesquin. Ils concoctent un virus appelé à aggraver la crise: la violation par consentement concerté de la Constitution 1987 et la remise en question même de l\'essence de cet Etat. Existe-t-il un Etat nommé Haïti? Dispose-t-il d\'un cadre normatif pour régir ses rapports avec d\'autres Etats, déterminer la politique économique, sociale, administrative entre ses sujets? La doctrine, répondent Patrick Daillier et Alain Pellet dans la septième édition de leur ouvrage \"Droit international public\", est unanime pour estimer qu\'une collectivité humaine ne peut être un Etat que si elle dispose d\'une population, d\'un territoire et d\'une autorité politique (\"gouvernement\"). Ces éléments constitutifs de l\'Etat, qui ont un caractère objectif, sont nécessaires mais non suffisants. Il faut également que l\'entité qui prétend à la qualité d\'Etat bénéficie de la souveraineté (ou indépendance)\" Peut-on ordonner à un Etat de violer sa souveraineté, sa Constitution? Appelée à se prononcer sur ce cas, la Chambre d\'appel du tribunal pénal international pour l\'ex-Yougoslavie affirme: \"En droit international coutumier, les Etats, par principe, ne peuvent recevoir d\'ordres, qu\'ils proviennent d\'autres Etats ou d\'organismes internationaux\". Alors, pourquoi cette infidélité impie à l\'histoire, en déniant de droit de survie à l\'armée, qui a libéré le pays de l\'esclavage des blancs par condescendance à leur ressentiment d\'aujourd\'hui et violations gagée de la Constitution en vigueur? Honni ! Reste à la nation, réunie en assemblée souveraine, (Etats généraux, conférence nationale, dialogue national), de décider si elle s\'en remet à une tutelle imposée, un protectorat au rabais ou si elle tient à son armée historique, qui ne peut et ne doit être que républicaine, c\'est-à-dire respectueuse des principes démocratiques, notamment de la prééminence du pouvoir civil sur l\'ordre militaire.
Pierre-Robert Auguste Auteur

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