5 ans pour le président, 6 ans pour les sénateurs ?

Publié le 2013-10-03 | Le Nouvelliste

Les contours de notre paysage politique et électoral se précisent. L'épée de la tabula rasa est suspendue sur le 2e tiers du Sénat et, conséquemment, le Parlement, mais le vide institutionnel et la crise politico-électorale qui s'ensuivront risquent de tout déstabiliser, y compris la présidence. Le débat entre le pouvoir et les dix (10) sénateurs de 2009 a confirmé que, derrière les enjeux de pouvoir et les argumentaires savants, c'est le reste du mandat de cinq (5) ans du président Michel Joseph Martelly qui est bien l'enjeu de la bataille de l'un et l'autre camps. La gravité de ce débat vient en grande partie du fait que nous préférons souvent les combinaisons extraconstitutionnelles aux prescrits constitutionnels. Le respect de la Constitution (art. 95), qui indique clairement la durée du mandat des sénateurs (six ans), exige la rectitude, et non la confusion ou la confrontation. Il faut bannir la logique de la loi électorale de 2008, une arme à double tranchant qui achèverait de consacrer la violation de la Constitution comme la formule délétère à travers laquelle s'enflent les crises, et non les solutions de sagesse. Si le président fait effectivement de la consolidation de l'Etat de droit le pivot de sa stratégie et de sa gouvernance concernant la stabilité politique et institutionnelle, il devrait d'abord faciliter, stimuler, appuyer sans ambages la tenue des élections partielles (collectives, locales et législatives) dans les délais prévus par la loi mère. C'est avant tout l'exécutif qui est mis en cause lorsque les élections ne sont pas organisées ou sont mal organisées. Il n'y a pas de discussion la-dessus! Le temps perdu ne se rattrape jamais, surtout en politique. Et l'accumulation des échéances électorales (non respectées) ne fait qu'aggraver la situation générale du pays. Est-ce qu'un consensus politique très net peut se dégager chez les protagonistes autour d'un calendrier électoral réaliste relatif au renouvellement du tiers du Sénat et des mairies au cours du 1er semestre de 2014? Ou bien, va-t-on s'entendre sur la tenue des élections pour les deux tiers du Sénat à la fin de 2014? Ce qui implique une participation sereine et pragmatique de tous les opérateurs politiques dans la gestion du dossier politico-électoral sur le plan constitutionnel. Car la crise actuelle est fondamentalement une crise constitutionnelle. En ont-ils la volonté et les capacités ou risque-t-on de voir les partisans extrémistes l'emporter sur le fil? La sagesse politique, les hommes politiques haïtiens ne l'ont pas en général. Opposants conspirateurs compulsifs et dirigeants autistes, ils se gourent régulièrement, avec fracas. A entendre les uns et les autres, incapables de résister aux turbulences, on frémit de peur. Aux appels d'une partie de l'opposition au départ prématuré du président qui a un mandat constitutionnel de cinq (5)ans, se succèdent désormais une atmosphère de grogne et une mauvaise perception du pouvoir dans la presse, malgré les gros efforts gouvernementaux et la propagande y afférente, réalisée souvent de façon abrupte. La stratégie de déstabilisation des ennemis du président Martelly - ce ne sont pas des simples ou normaux adversaires, - consiste en somme à profiter de l'agitation et de l'incertitude que suscitent d'habitude les controverses politiques, électorales, institutionnelles et constitutionnelles, pour souligner qu'il faut à la tête du pays un capitaine qui tienne le cap, un président rassembleur. Et qui celui-ci peut-il être? Le chef qui risque de franchir le Rubicon de l'après-2e lundi de janvier 2014 ou celui qui est ouvert au dialogue?
Pierre-Raymond Dumas Auteur

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