Un plan pour rentabiliser l’EDH

L’entreprise publique responsable de la production et de la vente d’électricité dans le pays, l’Électricité d’Haïti (EDH), pour devenir rentable, selon le président de l’AMCHAM Haïti, Carl-Auguste Boisson, doit mettre l’accent sur le coût de la production, sur un système de transport et de distribution en état et sur un service de recouvrement opérationnel. Un programme a, en effet, été élaboré en ce sens. Selon les prévisions de ce dernier, l’entreprise devrait réaliser annuellement, rien que dans ces trois domaines, au moins 208 millions de dollars américains de gain.

Publié le 2016-09-20 | Le Nouvelliste

Economie -

Le plan a été présenté à la première édition de la Foire de l’énergie de l'AMCHAM, le 17 septembre au local de la compagnie de production d’électricité E-Power, à Drouillard. Un ensemble de facteurs sont pris en compte dans le cadre de ce programme qui devrait s’exécuter sur une période allant de 18 à 24 mois. L’homme d’affaires, très sûr de lui, a passé en revue l’institution publique, laquelle, explique-t-il, devient au fil du temps un poids trop lourd pour l’État haïtien. Avec chiffres à l’appui, le responsable affirme que certains fournisseurs de l’État sont prêts à réduire leur coût de production pourvu que ce dernier paie les factures à temps, ce qui leur permetterait de maximiser la production du mazout. Le programme prend en compte des gains sur la production, sur la récupération des clients inactifs, sur le traitement des demandes en attente, sur le traitement des compteurs à consommation nulle, sur la récupération des petits clients et des fraudeurs et sur la récupération des clients actifs non facturés. Sur le plan de la production, les concepteurs du programme projettent d’économiser 36 millions de dollars. Les voies et moyens sont identifiés. SOGENER, la première société privée de production d’énergie électrique en Haïti, propose, dit-on, de faire des concessions allant jusqu’à 12 millions de dollars annuellement. Cette même réduction devrait s’opérer au niveau des coûts de production des trois usines construites dans le cadre de la coopération tripartite Venezuela, Cuba et Haïti. Ces compagnies, selon M. Boisson, produisent pour les coûts les plus élevés. La logique, explique-t-il, voudrait que ces boîtes produisent au moins pour les mêmes coûts que l’entreprise qui produit le moins cher. Si tout marche comme prévu et que l’État central arrive à améliorer la gestion de ces dernières, l’on l’arrivera à économiser 18 millions de dollars rien qu’au niveau de la production de ces trois usines. En vue d’atteindre les 36 millions prévus, les tenants du programme demandent aux autorités gouvernementales de lancer un appel d’offres pour la fourniture d’électricité au mazout ou au gaz naturel dans le Sud, ce qui leur permettrait de réduire le coût de production dans cette partie du pays. Les prévisions montrent qu’un tel procédé pourrait permettre au pays d'économiser environ 6 millions de dollars. Des actions au niveau du service de facturation La production est, certes, importante pour rentabiliser l’entreprise publique mais, la plus grande opportunité réside dans le service de facturation. Pour l’instant, l’on dénombre 243 000 clients sur la base de données de l’EDH. De ces clients, 81 000 détiennent des compteurs inactifs et 55 000 compteurs à consommation nulle. A ce niveau, les données rendues publiques font croire qu’il y a plus de 30 000 demandes de compteurs non satisfaites et plusieurs milliers d’appareils sur le réseau public non enregistrés. Les problèmes de cette institution résident également dans la livraison des factures. Si l’on tient compte des propos de Carl-Auguste Boisson, l’institution ne facture que 36% de ses clients. Ainsi, les concepteurs exigent à l’institution publique d’entreprendre des actions afin de redresser la barre. Le première, souhaitent-ils, est la libéralisation du marché des compteurs dans le pays. Dans ce cas, des firmes privées ayant accès au réseau de l’EDH pourraient importer, revendre et placer des compteurs en vue de faciliter le travail de cette compagnie. Aussi ce même procédé, espèrent-ils, devrait-il être appliqué au niveau de la livraison des factures. Ils recommandent que des firmes spécialisées soient engagées afin de mettre sur pied une grande campagne d’installation et de remplacement de compteurs. Dans le but d’alléger la charge de l’EDH, les concepteurs enjoignent l’entreprise publique à installer ces appareils dans les institutions publiques, notamment dans les mairies. Il est également recommandé au ministère de l’Économie et des Finances de prendre les mesures qui s’imposent de concert avec le ministère de l’Intérieur pour que les dettes soient acquittées. Si tout marche comme prévu, l’EDH pourra accumuler 39,3 millions sur le volet récupération des clients inactifs, 19,3 sur le traitement des 30 000 demandes en attente, 28,3 millions sur les 55 000 compteurs à consommation nulle. De plus, en prenant des décisions pour formaliser les petits consommateurs et les fraudeurs, l’entreprise empochera pas moins de 21,9 millions et 63,2 millions sur les clients actifs non facturés. Le volet transport et distribution n’a pas été pris en compte dans le cadre de ces prévisions. Car, cela, argumente le présentateur, exigerait des investissements lourds pour les partenaires intervenant dans le secteur. Les premières estimations font état de plus de 300 millions de dollars américains. Ce programme, de l’avis des tenants, est conçu dans le but de rentabiliser l’institution publique. Pour y arriver, il est recommandé d’entreprendre un ensemble de mesures en commençant par déclarer que l’EDH est une entreprise en difficulté. Il ne s’agit alors que d’un souhait. En effet, aucun haut cadre de l’EDH n’a réagi à ce sujet. Toutefois, tout à porte croire que l’institution est partie prenante de ce programme. Mais toujours est-t-il qu’aucune date n’est encore retenue pour la mise en place de ce plan selon lequel le nombre de clients actifs devrait, au cours de la période considérée, atteindre 423 000.

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