VIe sommet internationl sur la finance

Moderniser les ports pour faire progresser l’économie

Les responsables de l’Autorité portuaire nationale (APN) ont présenté mardi un ambitieux projet de réforme du secteur portuaire à l’occasion de la deuxième journée du Sommet international sur la finance. L’APN entend moderniser le secteur portuaire, s’ouvrir aux investissements privés, améliorer les infrastructures afin de mieux se positionner dans la région caribéenne et stimuler l’économie.

Publié le 2016-04-20 | Le Nouvelliste

National -

Le réseau portuaire occupe une place importante dans les rapports commerciaux d’un pays et son économie. Haïti entend ainsi se positionner au cœur d’une Caraïbe en pleine expansion. Alix Celestin, directeur général de l’Autorité portuaire nationale, a profité du sixième Sommet international sur la finance pour présenter le projet de réforme du secteur portuaire haïtien. Les travaux d’agrandissement du canal de Panama vont intensifier le passage de fret maritime au large des côtes de la République d’Haïti, et pour mieux se positionner, il faut rechercher des partenaires nationaux ou étrangers permettant à l’APN d’accommoder les retombées de ce flux de marchandises qui doivent être transbordées sur de plus petits navires, selon la présentation faite par Jean-Carrel Delpé, cade de l’APN. « Il importe de reformer, de restructurer, de s’ajuster, d’aménager pour créer les conditions d’un développement ordonné du pays et faire face à ces retards qui entravent la facilitation du commerce », a déclaré le directeur général de l’APN. Haïti a donc intérêt, de par sa position géographique, à mettre ses infrastructures portuaires en adéquation avec cette explosion de trafic maritime en construisant des ports de transbordement ». Le projet de réforme de l’APN vise comme objectif général d’aboutir à un système portuaire compétitif jouant pleinement son rôle de vecteur de la croissance économique nationale et servant d’outil performant à même de répondre à l’ambition du pays d’arrimer son développement économique à la mouvance des marchés régionaux. Tel que défini, le projet de réforme passera par trois grandes phases. D’abord la modernisation et l'assainissement de l’APN pour la rendre compétitive, ensuite la séparation de l’APN en deux (2) entités : Régulation / Exploitation, enfin, l’ouverture du secteur portuaire à la concurrence. En effet, l’APN sera scindée en deux nouvelles entités. Une première aura à se concentrer essentiellement sur un rôle de régulateur, de gestionnaire d’infrastructures portuaires, d’orientations stratégiques, d’aménagement, de police et de promotion de la place portuaire. La deuxième entité sera consacrée à l’exploitation: elle aura pour mission de gérer et d’exploiter les installations portuaires publiques de la République dont l’entité de Régulation lui aura confié la gestion. La réforme du système portuaire préconise toute une nouvelle politique dans le secteur. Le secteur privé pourra investir et avoir un plus grand engament dans le système, selon le document présenté mardi au gratin du monde des affaires. L’Etat haïtien prévoit des responsabilités de planification, d’administration et de contrôle du secteur. « Il est envisagé d’intégrer davantage le secteur privé dans la gestion des ports publics, toutes les fois que cela sera utile pour améliorer l’efficacité des services. Il demeure entendu que la participation du secteur privé dans la gouvernance du secteur portuaire devra répondre aux conditions fixées par la loi et les règlements pour mieux protéger l’intérêt de la population », peut-on lire dans le document détaillé par monsieur Delpé. « Les ports maritimes d’Haïti ne devraient pas être seulement de simples lieux de transit et d’échange qui servent à la réception et à l’expédition de marchandises, mais on doit les considérer dans le cadre de la politique de décentralisation et de déconcentration prônée par le gouvernement comme des supports aux pôles de développement local et régional intégré », a dit monsieur Delpé. Selon lui, les ports doivent donc jouer le rôle de levier de développement économique et de vecteur de croissance. Le développement du réseau portuaire à l’échelle nationale doit intégrer le concept plus général de réseau maillé, en synergie avec tous les autres réseaux afin de participer pleinement au développement socio-économique du pays. Selon monsieur Delpé, les espaces limitrophes des ports maritimes ne doivent pas être uniquement de simples lieux réservés aux agents maritimes pour le stockage de conteneurs. Ils devront être aussi des lieux où peuvent se développer des activités industrielles et commerciales, aptes à impulser l’économie haïtienne non seulement en termes de création d’emplois, de création de richesses, de mise en valeur de nouveaux terrains ; mais aussi en termes d’augmentation du volume de marchandises à passer par les ports maritimes, et profiter ainsi d’une économie d’échelle, permettant de réduire les coûts portuaires étant donné qu’on aura des frets tant à l’import qu’à l’export.

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