Une insinuation de Pierre-Louis Opont

Publié le 2015-03-16 | Le Nouvelliste

Editorial -

Après la publication du décret électoral dans le journal officiel Le Moniteur, l’élaboration et l’adoption du calendrier électoral par le Conseil électoral provisoire, le président de la République a convoqué, par arrêté présidentiel en date du 13 mars 2015, le peuple dans ses comices pour le 9 août, le 25 octobre et le 27 décembre 2015 afin de renouveler la Chambre des députés et les deux tiers du Sénat, d’élire le président de la République et les membres des collectivités territoriales. En adoptant ces trois décisions dans un temps record, le pouvoir exécutif et l’institution électorale semblent vouloir donner le signal d’engager le pays sur le chemin de la réalisation des élections qui devaient avoir lieu depuis plusieurs années. Les partis politiques et différents secteurs du pays suivent de près les actes posés par ce Conseil qui ne bénéficie pas de toute la confiance de la population en raison de différentes déceptions dans le passé. Traditionnellement, les Conseils électoraux provisoires préparent les élections et prennent la plupart des décisions qui se rapportent aux opérations électorales suivant la volonté du président de la République et dans l’intérêt du parti au pouvoir. La méfiance des partis politiques de l’opposition vis-à-vis de ce Conseil reste jusqu’à présent fondée. Pierre-Louis Opont et les autres membres du Conseil devront, au fur et à mesure que le processus s’accélère, prouver leur indépendance face à l’équipe au pouvoir pour mettre fin aux contestations répétées d’élections frauduleuses qui sont à la base des crises politiques que le pays a connues pendant ces vingt dernières années. Il est encore tôt pour déterminer si l’institution électorale va accepter l’ingérence flagrante de certaines ambassades, de la MINUSTAH et de l’Organisation des Etats américains dans le processus électoral de cette année comme ce fut le cas en 2010 et en 2011. Les visites des ambassadeurs au siège du Conseil électoral et au Centre de tabulation ne devraient plus être tolérées si le CEP s’en tient à son indépendance vis-à-vis de ces diplomates qui sont, la plupart du temps, favorables à l’élection d’un chef d’Etat manipulable. Dans un sens comme dans l’autre, le CEP n’a pas encore pris de décision attentatoire à l’organisation des prochaines joutes électorales pouvant susciter la colère des partis politiques qui sont la raison d’être du processus devant conduire au renouvellement du personnel politique dans toutes les sphères du pouvoir. Certains observateurs restent perplexes par rapport à un point du calendrier électoral. Pourquoi le Conseil électoral provisoire a-t-il prévu l’acte de candidature des citoyens qui veulent briguer la présidence dans la même période que ceux qui veulent se porter candidats au Sénat et à la Chambre des députés ? Il demeure entendu que les élections législatives se tiendront le 9 août tandis que la présidentielle est fixée au 25 octobre, soit à deux mois et quinze jours d’intervalle. Le Conseil, sous l’impulsion de Pierre-Louis Opont, n’a pas agi au hasard, même si la plupart des conseillers n’ont pas saisi la portée politique d’une telle initiative. Le CEP va recevoir les déclarations de candidature des citoyens qui veulent briguer la présidence au mois de mai, quelques jours après avoir reçu les dépôts de candidature pour les législatives. La machine sera mise en branle pour les élections du 9 août. Et il n’y aura à cette date aucune activité pour la présidentielle d’octobre. Pourquoi le CEP n’a–t-il pas attendu le mois de juillet pour effectuer les dépôts de candidature pour la présidentielle du 25 octobre ? La réponse ne doit-elle pas être fournie par Pierre-Louis Opont ?

Lemoine Bonneau lbonnneau@lenouvelliste.com Auteur
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