Les Haïtiens en République dominicaine, une cause oubliée

Publié le 2015-01-30 | Le Nouvelliste

La situation des Haïtiens en terre dominicaine ne s’est pas améliorée ces derniers mois. L’Etat voisin continue de violer les droits des ressortissants haïtiens. Les déportations illégales se poursuivent quotidiennement le long de la frontière entre les deux pays. Alors qu’en Haïti tous les regards sont tournés vers la crise politique, la cause des immigrants haïtiens semble être oubliée. L’organisation internationale de défense des droits humains, Amnesty international, tiré le mercredi 28 janvier la sonnette d’alarme. Dans une note publiée sur son site web, l’organisation a appelé à des « actions urgentes » en faveur des immigrants haïtiens en terre dominicaine. Amnesty fait état dans son document de la déportation de 51 immigrants, dont 30 mineurs, par les autorités dominicaines. Tout s’est passé le 27 janvier. « Deux minibus transportant 30 enfants âgés de sept à 13 ans, tous nés en République dominicaine, certains d'entre eux accompagnés de leurs mères (sept Haïtiennes), 14 autres migrants haïtiens, ainsi que plusieurs responsables religieux, roulaient en direction de San Juan de la Maguana dans l'Est de la République dominicaine. Ces mères souhaitaient inscrire les enfants au programme national de régularisation des étrangers en terre dominicaine », selon le récit fait par Amnesty international. « À une vingtaine de kilomètres de San Juan de la Maguana, où se trouvent les bureaux les plus proches traitant les demandes d'inscription pour les procédures de naturalisation et de régularisation, les minibus ont été arrêtés à un poste de contrôle militaire. Des soldats ont refusé de laisser le groupe se rendre dans la ville, prétextant qu'il s'agissait de «migrants sans papiers. « À la suite de négociations avec les responsables religieux, il leur a été demandé d'obtenir un laissez-passer auprès du bureau de la direction des migrations à Elias Piña, près de la frontière entre Haïti et la République dominicaine. Une fois arrivés sur place, ils ont été arrêtés et accusés de vagabondage illégal », selon Amnesty international. Et comme conséquence, les autorités ont ordonné leur expulsion immédiate vers Haïti sans leur offrir la possibilité de faire examiner leur cas individuellement. Ils n'ont donc pas pu contester l'ilégalité de leur détention ni la décision de les envoyer en Haiti. L’histoire telle que rapportée par l’Amnesty International est confirmée par le Groupe d’appui aux réfugiés et rapatriés (GARR). « Ce n’est qu’en arrivant à Elias Piña que j’ai pu remarquer qu’ils voulaient illégalement rapatrier les enfants et leurs parents. Je me demande pourquoi ces militaires rapatrient même les migrants-(es) haïtiennes qui ont parfois leurs documents ou ceux/celles qui sont en passe d’être régularisés-(es) au PNRE » a raconté la sœur Isabella Pomares, une religieuse qui accompagnait les victimes, citée par le GARR. Le GARR informe aussi que cinq (5) personnes avaient été aussi rapatriées le samedi 24 janvier 2015, dont 3 étaient munies de leurs documents et une autre disposait d’une fiche d’enregistrement au PNRE. L’organisation, qui travaille dans la défense des droits des migrants haïtiens depuis de nombreuses années, appelle les autorités dominicaines au respect du protocole d’accord sur les mécanismes de rapatriements paraphé le 2 décembre 1999 par les autorités haïtiennes et dominicaines. Un protocole violé à répétition par l’Etat dominicain. Interrogé sur ces derniers cas de violation, le tout nouveau ministre des Haïtiens vivant à l’étranger se dit au courant. « Nous continuons à nous informer de tous ces cas de déportation. Chaque fois que nos ressortissants sont victimes de cette manière, ça nous rend triste en tant que peuple », a fait savoir Olicier Pieriche. Vers une réévaluation du PIDIH Tout cela arrive alors que le gouvernement haïtien peine à mettre en application son programme d’identification des étrangers. A ce sujet, le nouveau titulaire du MHAVE annonce une réévaluation du Programme d’identification et de documentation des immigrants haïtiens (PIDIH). « Nous avons entendu beaucoup de complaintes et des frustrations que nous comprenons », a fait savoir le remplaçant de Francois Guillaume II. Le ministère est censé réaliser une visite de terrain dans les prochains jours pour évaluer le programme en vue de porter les améliorations nécessaires. Depuis son lancement, le programme d’identification des ressortissants haïtiens n’a pas donné de grands résultats. Seulement un millier de ressortissants haïtiens ont pu recevoir leurs pièces d’identité via ce programme. Une pièce qui, de toute façon, ne servira pas à grand-chose face à l’attitude de l’Etat dominicain. Quand parmi les personnes déportées ne figurent pas de citoyens dominicains, on trouve des immigrants munis de leurs passeports, avec les visas valides, résidant en République dominicaine. Un simple programme d’identification ne pourra empêcher le gouvernement dominicain de violer les droits des migrants.
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