PARLEMENT/FIN DE MANDAT

Une dernière séance avortée, la 49e législature part dans l'indifférence

Faute de quorum, la séance en Assemblée nationale prévue pour dimanche soir, peu avant la fin de la 49e législature le 12 janvier, a une nouvelle fois avorté. L'absence de la plupart des sénateurs proches du pouvoir et de 4 membres du G6 a fait avorter la séance et mis fin à toute tentative de prolongation du mandat des député et d'un tier du Sénat

Publié le 2015-01-12 | Le Nouvelliste

National -

Il est 12 h 30 le lundi 12 janvier 2015. A la barrière d’entrée principale du bâtiment logeant le Palais législatif au bicentenaire, des agents de sécurité (les uns tout de bleu vêtus et d’autres en bleu et blanc) montent la garde. Dans la cour, d’autres brigades du Parlement font le va-et-vient. Aucun véhicule aux vitres teintées et plaque officiel n’y est remarqué. Aucun parlementaire. Les quelques rares employés sont en train de vider les lieux. « Il n’y a plus de Parlement depuis hier soir ! », se désole sac en main une employée du Sénat visiblement attristée. « A cette heure, on nous a déjà donné la feuille de présence pour prouver que nous avons été là aujourd’hui, se plaint un autre employé, inquiet de l’avenir de son job. Notre poste est très menacé ! » Alors que cette date marque la fin officielle de la 49e législature, une séance en Assemblée nationale à la suite d'une nouvelle convocation des députés en session extraordinaire par le président Martelly a avorté dimanche soir. Si quelque 75 députés ont été présents à la salle des séances de l’Assemblée nationale jusqu’à 9 h 30 du soir, il n’y avait que neuf sénateurs au bureau du président du Sénat. Dieuseul Simon Desras, Anick François Joseph, Wencesclass Lambert, Jocelerme Privert, Jean William Jeanty, Maxime Roumer, Carlos Lebon, John Joël Joseph et Edo Zenny attendent en vain leurs autres collègues pour venir donner le quorum au niveau du Sénat pour la tenue de la séance. L’ambassadrice américaine Pamela White et le représentant de l’Organisation des Etats américains, Frédéric Bolduc, sont dans la mêlée. Aux environs de 7h 30 p.m, ces derniers ont foulé le sol du Parlement pour pressurer les sénateurs. « Restez là. Ne vous déplacez pas. Nous allons trouver une solution dans 30 minutes », exhorte Mme White, corsage mauve, pantalon noir, à des députés assis dans la salle. Les minutes filent. Les diplomates défilent. L’ambassadrice américaine, bien escortée, fait le va-et-vient, entre les deux chambres. Il a fallu attendre quelques heures pour voir le président du Sénat et de l’Assemblée nationale, Dieuseul Simon Desras, pénétrer dans la salle pour s’adresser à quelques députés, dont Jacques Stevenson Thimoléon, le président de la Chambre basse. Invitant celui-ci à une rencontre à son bureau, Dieuseul Simon Desras indique que la séance est reportée à lundi à compter de 10 heures. « Nous constatons avec amertume que le pouvoir et certains partis politiques ont décidé de dissoudre le Parlement, murmure le numéro un du grand Corps. C’est bizarre que ce soient les sénateurs qui supportent le pouvoir qui ont boudé la séance. C’est un plan bien concocté. » Très remontés contre les pères conscrits, les députés (qui attendaient l’ouverture de la session pour plancher sur la prolongation de leur mandat) disent ne pas comprendre pourquoi les sénateurs proches du pouvoir n’ont pas répondu à l’appel. « Notre mandat a pris fin ce soir à minuit. Plus de question de séance. C’est fini pour la 49e législature », regrette le député Abel Descollines, porte-parole de la majorité présidentielle. Point de vue partagé par la majorité des députés présents qui acceptent que leur mandat a pris fin. Ainsi s'achève la 49e légistlature. Dans la plus totale indifférence.

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