Ébola : Le gouvernement haïtien a déjà son plan de riposte

Le Premier ministre Laurent Lamothe a présidé, mercredi, une importante réunion autour d’un plan de riposte contre une éventuelle apparition de l’épidémie d’Ébola en Haïti. La ministre de la Santé publique et de la Population, Florence Duperval Guillaume, a fait le point, après cette rencontre, sur les multiples mesures préventives et les efforts de sensibilisation que le gouvernement est en train de prendre pour parer à toute éventualité.

Publié le 2014-10-15 | Le Nouvelliste

National -

Tout comme beaucoup de pays africains, Les États-Unis sont en train de perdre leur course contre le virus Ebola avec la découverte, ce mercredi, d’une deuxième personne atteinte de ce virus. Avec des vols en provenance des États-Unis ou encore avec la rotation des membres des agences internationales (MINUSTAH ou autres) dans la pays, Haïti n’est pas à l’abri de cette épidémie qui a déjà fait plus de 4 000 morts depuis sa remontée vertigineuse en mars dernier dans des pays africains comme la Guinée, Sierra Leone et le Libéria. Le gouvernement haïtien ne reste pas indiffèrent face à une telle menace qui pèse sur la population haïtienne. En effet, le chef du gouvernement a convoqué, mercredi, la ministre de la Santé publique et de la Population, Florence D. Guillaume, le ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, Nesmy Manigat, et d’autres commis de l’État pour une importante réunion sur la situation d’Ebola qui est en train de gagner du terrain à travers le monde et sur la mise en application du plan de riposte du MSPP. Élaboré en août dernier, le plan de riposte qui comporte trois phases, vise, selon la ministre de la Santé publique et de la Population, à anticiper une éventuelle apparition de cette épidémie dans le pays. Un comité a été constitué par des ministres du gouvernement haïtien, des responsables de la Police nationale d’Haïti et des partenaires internationaux pour suivre l’évolution de cette épidémie en vue d’apporter le cas échéant une réponse appropriée. Si, au début du mois de septembre, le MSPP avait demandé aux agences internationales (MINUSTAH, ONG entre autres) de suspendre toute rotation de leurs membres dans des pays où des cas de fièvre hémorragique à virus Ébola se sont avérés Florence D. Guillaume a précisé mercredi que le gouvernement haïtien a eu finalement le support de la MINUSTAH qui a pris un ensemble de mesures pour contrôler ses membres qui rentreront dans le pays. « Les agents de la MINUSTAH qui rentrent en Haïti subissent obligatoirement des tests et sont munis d'un carnet de sécurité sanitaire, a-t-elle expliqué. Ils subissent un deuxième examen en Haïti et, ensemble avec les docteurs de la MINUSTAH, nous vérifions le résultat de ces différents tests qui leur permettront d’avoir un autre carnet de sécurité sanitaire», soulignant en outre que la MINUSTAH dispose même d’une salle d’isolement au cas où les examens révèleraient un cas suspect. Elle a de plus fait savoir que le gouvernement déploie déjà un dispositif de contrôle sanitaire à l’aéroport international Toussaint Louverture en vue de réaliser un contrôle sur les personnes en provenance des zones déjà touchées par le virus. « Nous avons également déjà placé au niveau de l’aéroport des écrans géants qui diffusent à longueur de journée des spots publicitaires annonçant des mesures à prendre pour éviter d’attraper ce virus, a-t-elle dit. Nous allons aussi assister les personnels de nos aéroports à l’aide de formations spécifiques sur les précautions à prendre face à des personnes susceptibles d’être contaminées par ce virus.» Elle a souligné que son ministère est en train de prendre des mesures similaires dans les différents ports du pays. La ministre de la Santé publique a, par ailleurs, annoncé que son ministère travaille actuellement avec le ministère de l’Éducation nationale en vue de réaliser un documentaire sur les précautions à prendre pour éviter d’attraper le virus Ébola. « Nous sommes inquiets au niveau du ministère de la Santé et du gouvernement en général, a-t-elle dit. Mais nous sommes en train de prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter ou réduire considérablement le risque d’une éventuelle apparition de ce virus dans le pays», a-t-elle ajouté annonçant le ministère de la Santé va être toujours à la disposition de la population en cas de l'évolution de la situation. Depuis son extension en mars dernier, le virus Ebola n’a pas manqué d’inquiéter les chefs d’État du monde entier. Dans les trois pays les plus touchés, Sierra Leone, Guinée et Liberia, le taux de mortalité atteint déjà plus de 70% des personnes touchées par ce virus. Selon l’Organisation mondiale de la santé, la fièvre hémorragique a fait déjà 4 447 morts, sur un total de 8 897 cas déclarés depuis mars. Une situation qui a mis les responsables sanitaires du monde entier dans leurs petits souliers. « Ébola a une longueur d'avance sur nous », a déclaré, mardi, Anthony Banbury, le chef de la mission des Nations unies chargée de coordonner la réponse d'urgence à Ébola, ajoutant que l'épidémie « est loin devant nous, elle va plus vite que nous et elle est en train de gagner la course » « Si Ébola gagne, nous, les peuples des Nations unies, nous perdrons énormément. Soit que nous arrêtons Ébola maintenant, soit que nous devons affronter une situation sans précédent et pour laquelle nous n'avons pas de plan», a-t-il déclaré lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU consacrée à l’épidémie. Anthony Banbury a en outre déclaré qu’il y a beaucoup de mauvaises nouvelles sur Ébola, mais la bonne nouvelle est que les Nations unies savent comment l’arrêter. «Nous devons vaincre Ébola et nous devons le faire vite, a-t-il martelé. Chaque jour qui passe voit le nombre de malades augmenter.»

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