La promotion du commerce extérieur en tant qu'instrument pouvant contribuer au développement économique d'Haïti (Suite)

Publié le 2014-09-03 | Le Nouvelliste

Economie -

Le processus de développement et de promotion du commerce extérieur haïtien dans le contexte de la mondialisation des échanges. Le processus du développement et de promotion des exportations d’Haïti se place dans le contexte spécifique de la globalisation des échanges. Celle-ci a d’ailleurs été exacerbée par les accords commerciaux multilatéraux du Cycle d’Uruguay conclu en 1994. Le cadre normatif de ces accords a pour effet de mettre les opérateurs économiques du commerce extérieurs dans les conditions optimales pour commercialiser les biens et services sur les marchés étrangers. L’Uruguay Round a, en effet, établi un ensemble de règles contraignantes dans les domaines du commerce de marchandises, du commerce des services et de la propriété intellectuelle. Ces règles sont incorporées dans les différents accords de l’OMC à travers l’Accord Général sur les Tarifs Douaniers et le Commerce de 1994 (GATT de 1994). L’opérateur économique exportateur haïtien qui se propose de se lancer dans les activités d’exportation est largement protégé par le dispositif de ces accords. Aussi doit-il en être bien imbu. Dans le domaine de l’accès aux marchés pour les marchandises, par exemple, l’abaissement des droits de douane notamment sur les marchés des pays développés et sur ceux d’une grande partie de pays en développement offre à l’exportateur haïtien des garanties essentielles en termes de non altération future de ces droits, ces derniers étant consolidés. Il s’agit de la sécurité d’accès qui permet aux entreprises exportatrices de faire des investissements et de planifier leur production. La consolidation des droits de douane figure d’ailleurs dans les listes de concessions tarifaires des Membres de l’OMC qui garantissent en quelque sorte la stabilité des marchés d’exportation pour des secteurs ciblés. Les droits consolidés sont ceux négociés par les Membres de l’OMC au cours des négociations commerciales multilatérales. Il s’agit des droits de douane et des taxes internes dont le niveau ne peut être relevé unilatéralement par les Membres sans passer par un processus de renégociations. Ils sont différents des droits appliqués qui grèvent effectivement les marchandises importées. Ces derniers figurent d’ailleurs dans le tarif douanier national. En ce qui concerne les services, les droits des exportateurs sont protégés et garantis par les engagements spécifiques contractés par les membres dans certains secteurs ou sous-secteurs de services. Ces engagements figurent dans les listes d’engagements spécifiques et sont également consolidés. Haïti a souscrit à très peu d’engagements spécifiques consolidés lesquels sont également insérés dans sa liste d’engagements. Il importe donc pour l’opérateur économique exportateur haïtien actuel, potentiel et futur de connaître la situation de l’accès aux marchés pour les produits d’exportation, y compris pour les services. Aspects institutionnels de la promotion des échanges en Haïti. En Haïti, il n’existe pas d’organisme de promotion des échanges (OPE), comme c’est le cas dans beaucoup de pays en développement. Pourtant une telle entité devrait être mise en place dans le cadre de la politique commerciale extérieure. Son action doit surtout être axée sur le développement de biens et services destinés aux marchés extérieurs, y compris sur leur commercialisation internationale. Mais les modalités de création d’une telle entité devrait être bien étudiée afin de ne pas répéter la même erreur qui a été à la base de la mise en place de PROMINEX, la seule structure de ce type a avoir été mise en place en Haïti dans les années 80. De même, il s’avère impératif que cette institution s’occupe exclusivement des opérations du commerce extérieur. Dans certains pays, la promotion des investissements et des exportations est réalisée à travers une même structure. C’est notamment le cas en République Dominicaine. En Haïti, le CFI est plutôt chargée de la facilitation des investissements et non de leur promotion. D’aucuns pensent que le mandat de cette entité devait inclure aussi la promotion des exportations. Cependant, pour éviter certaines interférences, il conviendrait plutôt que les deux fonctions soient réalisées en Haïti par deux entités distinctes. Il conviendrait dès lors de mettre en place un Organisme de Promotion des Echanges. En conclusion, la participation d’Haïti au commerce international devrait inciter les autorités publiques haïtiennes à accorder une attention soutenue au développement et à la promotion du commerce extérieur. L’économie haïtienne est une économie ouverte; mais la balance est plutôt en faveur des importations au lieu de l’être en faveur des exportations. Le premier Examen de Politique Commerciale soutenu par Haïti en 2003 au titre du Mécanisme d’Examen des Politiques Commerciales (MEPC) de l’OMC a permis de noter que l’ouverture de l’économie ne s’est pas accompagnée de la croissance nécessaire qui aurait facilité l’accroissement de la richesse nationale et corollairement le relèvement du niveau de vie de la population. Aussi faut-il croire que des actions concrètes dans le domaine du secteur externe auraient sans doute permis à notre pays de renverser la tendance en mettant en place le cadre indispensable au développement et à la promotion du commerce extérieur comme facteur déterminant pouvant contribuer au progrès économique et social du pays. Car, jusqu’ici, les moyens limités mis à la disposition des pays en développement, en particulier ceux les moins développés d’entre eux, par leurs partenaires mieux nantis, n’avaient pas été à même de faciliter le développement des exportations aux fins d’exploiter les opportunités existant sur les marchés de ces derniers. Le temps est révolu de continuer à faire dépendre le commerce extérieur d’Haïti seulement sur la coopération et l’aide internationales. Ceci pour dire que le développement du commerce extérieur au niveau de la composante exportation est avant tout une entreprise nationale qui doit être enclenchée à partir des efforts conjugués de tous les secteurs de la vie nationale, en particulier, des secteurs public et privé. Il s’agira donc de dégager sur le plan interne les ressources nécessaires pour atteindre un tel objectif. Car l’expérience a prouvé que, dans la majeure partie des cas, les pays qui sont parvenus à dynamiser leur commerce extérieur sont ceux qui ont su élaborer et mettre en oeuvre une véritable politique autonome assortie d’une stratégie appropriée dans des secteurs pour lesquels ils disposent d’un avantage comparatif. Cependant, en plus des ressources nationales à dégager pour engager le pays dans un processus soutenu de développement et de promotion des échanges, il conviendrait pour Haïti en tant que PMA d’exploiter de manière intelligente les ressources du Cadre Intégré Renforcé (CIR) et de l’Aide pour le Commerce (AFT) d’entreprendre des activités ciblées visant à accroître sa capacité d’offre. Il importe donc pour les pouvoirs publics de prendre des engagements fermes faisant état de leur volonté de considérer la relance du commerce extérieur comme une priorité nationale. Cet engagement devra se traduire dans les faits par la mise en place de la politique et de la stratégie, suivie des mesures d’accompagnement nécessaires (stimulants fiscaux, octroi de crédits financiers aux entreprises, etc.). Il s’agira donc de soumettre au Parlement une loi qui incorpore tout le package nécessaire pouvant susciter l’intérêt des opérateurs économiques producteurs nationaux et internationaux actuels, potentiels ou futurs désireux de se lancer dans les activités d’exportation.

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