Vendredi 9 décembre 2016









CULTURE

Triomphe!

D’ici et d’aujourd’hui


Les travaux de rénovation et d’agrandissement du Ciné Théâtre Triomphe entrepris par l’Unité de construction de logements et de bâtiments publics (UCLBP) sont en voie d’achèvement d’un point de vue strictement technique, mais les efforts de réaménagement fonctionnel (ameublement, logistique, appareillage technologique, etc) qui seront tout aussi décisifs et imposants constitueront les piliers les plus remarquables de cette œuvre de réhabilitation tant attendue. Ce qui est en train d’être fait en ce sens mérite d’être encouragé et apprécié. C’est là une réussite éclatante !!! Les pays qui ont un art vivant sont ceux où les artistes ont des espaces pour «performer», à tous les niveaux. N’oublions pas que les salles de spectacles, avant d’être des lieux bon chic, bon genre, sont des lieux de loisirs et d’éducation. C’est là incontestablement une réalisation louable lorsqu’on se rappelle l’état déplorable dans lequel se trouvait le Ciné Théâtre Triomphe depuis sa fermeture en 1988. On y a assisté aussi à la disparition de toutes nos salles de cinéma. Cette catastrophe a rendu, en tous points, le pays impuissant, même au niveau des autorités gouvernementales. Elle a eu une fonction anesthésiante. Construit en 1974, il représentait un superbe espace de spectacles très fréquenté, très prisé. Sa «démobilisation» fut un drame. Evoquée et abordée même par la plupart des gouvernements antérieurs, sa réhabilitation allait rester lettre morte. Réaliser ce que les précédents pouvoirs ont esquivé correspond vraiment à une prouesse. Une autre question surgit. C’est un paradoxe : jamais l’intérêt pour les activités et les entreprises culturelles n’a été aussi fort – après 1986 –, et pourtant les infrastructures culturelles restent médiocres, pour ne pas dire inadéquates, insuffisantes. Alors là, le retour prochain (avant la fin de cette année ?) du Ciné Théâtre Triomphe sur la scène culturelle nationale va brancher tout le monde, évidemment. Mais quelles sont les principales caractéristiques de l’ouvrage ? Doté d'équipements sophistiqués et appropriés (un lobby, un espace de réception, une salle habillage, une cuisine, un hall de réception, un bar, etc.), il comprend trois niveaux avec chacun des spécificités spatiales complémentaires pour une capacité totale de 1 100 places. La salle multiusage, donc, capable de servir aussi de salle de projection, c’est le niveau 2. Super équipée, la salle de projection proprement dite se trouve au niveau 1. Le niveau 3 est occupé par le restaurant et la terrasse. On a affaire ici à un bâtiment parasismique polyvalent, conçu pour recevoir les spectacles des arts de la scène (danse, théatre, concert), des projections cinématographiques et des rencontres en tous genres (séminaires, conférences, colloques, etc.). Orchestrés sous la supervision technique de l’UCLBP et l’expertise appropriée du Conseil des arts de la scène mandaté depuis juin 2012 par le président Michel Joseph Martely, les changements, les nouveautés par rapport au bâtiment initial sont notables, frappants. Puisque toutes les catégories artistiques ont explosé, nos besoins en matière de consommation culturelle pressants, nous sommes condamnés à construire ou à réaménager des infrastructures culturelles et artistiques de plus en plus éclectiques, polymorphes. Ce n’est pas forcément un mal dans le cas d’un pays comme le nôtre qui fait face à d’énormes carences sur le plan infrastructurel.











AUTEUR
Pierre-Raymond Dumas

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