Jeudi 29 septembre 2016









SOCIETE

Lettre ouverte au ministre de l’Environnement Monsieur Jean François THOMAS


Port-au-Prince, le 13 août 2014 Monsieur Jean François THOMAS, Ministre de l’environnement. En ses bureau. Monsieur le Ministre, Nous avons l’insigne honneur de vous écrire aujourd’hui et profitons de l’occasion pour soumettre à votre attention la question qui va suivre. Depuis de cela plusieurs années, soit en 2001, dans la cadre d’une collaboration avec l’Institut Panos et dans un texte paru dans le Nouvelliste, nous avons attiré l’attention des autorités concernées sur les graves menaces qui pèsent sur les mangroves de la Savane, aux Cayes. Aujourd’hui d’autres menaces aussi imminentes que réelles viennent se greffer sur celles que nous avons soulignées déjà en 2001. Il convient de citer, entre autres : 1.-la construction d’infrastructures (pont, place publique et unités de maisons) dans la zone limitrophe de ces plantes et qui sans cesse réduisent l’espace occupé par celles-ci ; 2.-l’utilisation du site comme dépotoir de toutes sortes et comme lieu de défécation à l’air libre pour certains riverains ; 3.-l’utilisation abusive de ces plantes pour la construction de maisons de fortune et la production du charbon de bois ; 4.-l’intention manifestée par les décideurs de les détruire et ceci depuis déjà plusieurs années en vue d’étendre les unités de maisons ; 5.-l’absence d’un plan de la part des instances concernées visant la gestion et la protection de ce site. Ici encore, la liste est loin d’être exhaustive. En effet, Monsieur le Ministre, avons-nous besoin de rappeler que les mangroves, en plus d’être un rempart contre l’effet érosif de la mer sur le littoral, constituent un gîte de reproduction d’espèces aquatiques, notamment des crustacés, des mollusques, des palourdes et d’autres espèces. En outre, qu’elles sont connues comme un lieu d’hébergement d’espèces migratrices telles que les bécasses, les pluviers et autres oiseaux des côtes qui les utilisent comme aires de repos et de ravitaillement. On comprend mieux tout l’intérêt de la question abordée ici quand on sait que ces espèces nécessitent plusieurs dizaines d’années pour se développer. Beaucoup d’autres pays,en raison de leur importance, se sont même ingéniés à développer des mangroves artificielles. Face à une telle situation qui nous interpelle et qui interpelle déjà certains riverains sensibilisés à la protection de l’environnement, nous proposons donc que le ministère de l’Environnement, à travers son bureau départemental, - tout en s’appuyant sur les structures locales intéressées à la question,- prenne les mesures que voici : 1.-faire prendre un arrêté gouvernemental déclarant ce site zone protégée ; 2.-développer de concert avec les partenaires locaux un plan de protection et de gestion de ce site ; 3.-soutenir les organisations de pêcheurs dans la zone et faire cesser ainsi les agressions répétées contre les mangroves ; 4.-assurer la promotion d’une campagne de sensibilisation dans les médias sur l’importance des mangroves ; 5.-renforcer les organisations communautaires de la zone intéressées à la question. Déjà des organisations telles que SOS mangroves et Collectif pour le développement communautaire (CODEC) se portent volontaires pour un grand coumbite en vue d’offrir un meilleur avenir à la fois aux mangroves et à la zone dont l’économie est basée en grande partie sur la pêche. Tout en espérant que votre ministère va prendre les dispositions appropriées pour protéger cette espèce d’une extrême importance pour notre biodiversité, nous vous prions de recevoir, Monsieur le Ministre, l’expression de nos salutations patriotiques. Jean François St Félix Association SOS mangroves Email : sosmangroves@yahoo.fr











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