Samedi 1 octobre 2016









SOCIETE

Des organisations socioprofessionnelles s’interrogent sur le silence autour de l’assassinat de Me Osner Févry Jr


Nous, membres des organisations socioprofessionnelles ci-dessous, avons pris acte de l’acte vil et lâche d’assassinat de Me Osner Févry Jr, dit Nicko, pasteur à l’Église évangélique de Delmas 75, conseiller à l’ambassade d’Haïti au Japon. Ce crime a été perpétré le 1er juillet 2014. D’après les différentes déclarations publiques de la famille, confirmées par les témoins présents sur la scène, ce crime qui révolte la conscience nationale a été réalisé dans des conditions qui laissent clairement apercevoir que les gens armés qui l’ont commis sont des tueurs professionnels habitués à commettre de telles atrocités et à couvrir par leurs fonctions ceux qui les commettent. Nous sommes donc inquiets et très préoccupés du silence de la société civile, de la classe politique, du Parlement, des barreaux du pays, du secteur privé des affaires, des voix morales de la communauté internationale, et des secteurs religieux et des églises locales autour de ce drame crapuleux que des responsables enquêteurs de la police ont tenté, dans un premier temps, de masquer par des mensonges et des manipulations de l’opinion publique à travers les médias. Nous comprenons les réticences et les inquiétudes de la famille du défunt qui demande publiquement et avec raison la formation d’une commission spéciale d’enquête autour de ce crime, comme l’a confirmé le père de la victime, Me Osner Févry. Car il n’est pas possible que des enquêteurs se prononcent par des déclarations aux médias sur un cas avant même le début de leur enquête. C’est inacceptable ! Mais, face à ce drame humain bouleversant qui a coûté la vie à ce jeune professionnel de 34 ans, qui était aussi fils de la nation, nous nous sentons dérangés par le silence autour de ce crime. Et face à ce silence des uns et des autres, nous nous posons les questions suivantes : - Pourquoi ce silence des forces morales du pays autour de ce crime ? - Où sont les défenseurs des droits humains et des libertés publiques ? - Où est le barreau de Port-au-Prince ? - Où est la Fédération des barreaux du pays ? - Que dit la Fédération protestante d’Haïti ? - Où est l’Église catholique ? Est-ce qu’elle attend l’assassinat d’un prêtre ou d’un monseigneur pour agir et prendre position ? - À quel niveau se trouve l’enquête à l’Inspection générale de la PNH ? - Est-ce que la presse démocratique et les journalistes responsables vont laisser passer ce coup de manipulation pour appeler suicide un cas d’assassinat visiblement et matériellement observable ? Car comment comprendre qu’un jeune pasteur de 34 ans, sain de corps et d’esprit, se soit lui-même torturé le front, brisé la mâchoire, frappé le visage par des coups, les bras, l’avant-bras, les pieds et les genoux blessés, par suite se coucher calmement, les pieds et les bras allongés, ses habits propres, sans une goutte de sang, et une arme cachée sous sa cuisse gauche ? N’est-ce pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages,m comme le disait une fois Jean Léopold Dominique ? - Que disent les responsables de la sécurité publique autour de ce drame ? - Où est l’opposition démocratique dont les leaders aspirent à prendre le pouvoir ? - Quelle est la position du secteur privé des affaires? - Qu’en est-il de la communauté internationale dont les forces militaires et de police accompagnent la PNH et ses dirigeants pour les aider à protéger et servir ? - Pourquoi ce silence quasi complice de ceux-là qui, en certaines occasions, crient fort pour dénoncer et condamner les violations de droits humains et des libertés ? - Est-ce parce qu’il s’agit du fils de Me Osner Févry qu'il doit tout seul – lui et les membres de sa famille – assumer la conduite de cet acte d’assassinat sur un fils qui, pourtant, est un citoyen de la nation et qui mérite l’attention de tous ? - Est-ce que le pays entier (ses leaders, ses cadres de toutes classes sociales confondues), ne se rend pas compte qu’après avoir assassiné ce 1er juillet 2014 le fils de Me Osner Févry, les assassins tentent, par des enquêtes dirigées et partisanes, d’assassiner la mémoire de ce jeune pasteur en induisant la nation entière en erreur, est-ce qu’il ne se rend pas compte qu’après le fils de Me Févry, «Nicko», ce sera demain l’un des nôtres soussignés, ou nous-mêmes, ou l’un des fils d’un sénateur, d’un député ou d’un autre dirigeant-leader ou d’un fils du peuple ? Et si des fils d’un sénateur, d’un député ou d’un autre dirigeant-leader ou d’un fils du peuple ? Et si l’on traite ainsi le cas de «Nicko», le fils de Me Osner Févry, qu’en est-il des fils de «soyèt» ? Nous proposons ces questions de réflexion à la nation tout entière et demeurons vigilants et saisis de cette question de l’assassinat de Me Osner Févry Jr. Jusqu’à ce que la police d’Haïti arrête les criminels impliqués dans ce crime, les livre à la justice pour qu’ils soient jugés et condamnés conformément aux lois de la République et à la procédure qu’elle a tracée en pareille circonstance. Mais notre question principale et fondamentale demeure celle-ci : À qui profite ce crime ? La loi est dure mais c’est la loi ! La justice élève une nation mais les crimes impunis font la honte des peuples ! Port-au-Prince, ce onze (11) août deux mille quatorze (2014).











AUTEUR

Réagir à cet article

Les commentaires sont modérés

Chaque contribution postée est soumise à modération. Vous pouvez alerter l'équipe du Nouvelliste, d'une contribution qui vous semble ne pas respecter notre charte en cliquant sur le bouton << Voter contre >>, présent sous chaque commentaire. Notre équipe sera automatiquement prévenue et fera le nécessaire.

La charte de moderation












Haut de la page