Jeudi 29 septembre 2016









CULTURE

Labadee

D’ici et d’aujourd’hui


Partout aux États-Unis, dans la Caraïbe, en Europe et en Amérique latine, l’American Airlines, qui va offrir, à compter du 2 octobre 2014, à ses clients l’accès au Cap-Haïtien (une ville en pleine mutation démographique et anarcho-urbanistique) est en soi un événement, disons-le sans risquer de nous tromper, un pas de géant pour Haïti qui, comme l’État voisin, a une vocation touristique indéniable. C’est une grosse et remarquable compagnie, membre fondateur de oneworld alliance, dont les membres et les membres élus servent environ 1 000 destinations avec plus de 14 250 vols quotidiens vers 150 pays. Mais qu'offre effectivement le Cap-Haïtien en termes d’attractions touristiques et culturelles ? Moi, je dirai tout de suite, les yeux fermés, sa fameuse et paradisiaque plage Labadee qui est la destination touristique la plus prisée de la Caraïbe, à côté de Puerto Plata, Punta Cana (République dominicaine), Montego Bay (Jamaïque). Une perle du monde! La Citadelle Laferriere et le Palais Sans Souci, malgré les efforts de lifting entrepris ici et là, restent toujours des sites peu fréquentables, peu accessibles, peu attrayants, dans le cadre d’un tourisme de masse, à cause de l’état médiocre des infrastructures environnantes et intrinsèques. Il faut regarder la réalité en face. Par contre, Labadee, située dans la bande nord à proximité de la ville du Cap-Haïtien, «is the best» ! Mais le hic, c’est la route Cap-Haïtien/Labadee. Il faut la réaménager de fond en comble, outre les travaux d’envergure à effectuer au niveau de l’aéroport du Cap-Haïtien. Et le port ! Un autre casse-tête. Un bord de mer attrayant pourrait être construit si on arrive à assainir la petite anse, peuplée de taudis et consorts. Car je crois, les voyageurs et les touristes de American Airlines, en plus des croisiéristes, vont certainement chercher à aller à Labadee pour découvrir ses charmes, irrésistibles, fascinants, merveilleux. À part Labadee, il y a beaucoup d’autres sites balnéaires enchanteurs dans le Sud, les Nippes, le Nord-Est, la Grand-Anse, l’Ouest. Identifié comme secteur prioritaire en tenant compte des atouts naturels du pays qui avait connu un fort taux de croissance dans les années 70, le tourisme est une industrie transversale aux exigences incontournables, constantes, immenses. La propagande à l’eau de rose ou la diplomatie d’affaires ne suffit pas pour la faire décoller. C’est un objectif collectif. Il n’y a pas de miracle ici. Mais, contrairement aux discours ronflants des uns et au pessimisme des autres, la toute première est la stabilité politique. Tout est là. On ne peut pas nier cette évidence. Les luttes dévastatrices pour le pouvoir et, conséquemment, la mauvaise image de notre pays dans le monde entier (dans les médias nationaux et étrangers) dissuadent les investisseurs et les multinationales du tourisme même s’ils reconnaissent nos fortes potentialités. Le défi majeur à relever est avant tout d’ordre politique.











AUTEUR
Pierre-Raymond Dumas

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