Vendredi 9 décembre 2016









TICKET MAGAZINE

Palmyre Séraphin : Son chemin vers Haïti…

Palmyre Séraphin est incontestablement la grande découverte du milieu évangélique en Haïti. Grâce à son album retrouvé fortuitement par Alléluia FM, la voix de la chanteuse qui évolue aux USA se taille progressive une place dans la musique évangélique locale, notamment avec son hit « Se sou Li mwen kanpe ». A l’initiative de la radio, Palmyre joue au Café Trio ce dimanche 10 août, aux côtés des groupes YES et Alléluia, pour rencontrer son public admirateur.


Palmyre en concert en Haïti a tout d’un hasard, mais c’est l’œuvre de la providence selon l’artiste et les organisateurs de l’événement. Sa dernière visite au pays remonte à environ huit ans. Ses parents et sa famille étant tous aux États-Unis, le tourisme serait son seul prétexte pour venir en Haïti. Quand elle vient, elle fait sa petite liste gastronomique à exploiter pendant son séjour. La chanteuse ne se doutait vraiment pas qu’elle viendrait en 2014 pour un concert ! Pendant ses vacances aux USA en 2012, un proche de Karl Foster Candio lui remet un disque, « Ou se Jéhovah », d’une certaine Palmyre Séraphin, tout en l’invitant à apprécier quelques morceaux particuliers. Réflexe d’animateur, il zappe, et tombe sur « Se sou Li mwen kanpe », qui retient son attention. Cette chanson va consacrer l’artiste en Haïti et connaître un succès sur la radio dont Karl est le directeur de programme quelques mois plus tard. Sorti deux ans plus tôt, cet album n’a pourtant pas cassé trois pattes à un canard côté popularité, malgré sa très bonne qualité. La chanteuse est une lampe qui brille sous une table. Aujourd’hui, quand Palmyre conte son histoire, on réalise que cela faisait partie d’un cheminement. La carrière de Palmyre commence aux côtés de sa mère, chanteuse elle aussi. Née un 16 octobre dans une famille chrétienne, la petite Palmyre de 5 ans accompagne religieusement sa mère dans ses prestations à l’église. Selon elle, n’était l'initiative de cette dernière, elle n'aurait peut-être pas découvert son talent dans la musique. Un beau jour, la mère est empêchée. Elle demande à sa fille aînée, adolescente, de la remplacer. Celle-ci est invitée à chanter encore une fois, deux fois…Voilà comment débute l’aventure. Palmyre a grandi en Haïti jusqu'à l’âge de 16 ans quand elle a dû émigrer définitivement aux USA, particulièrement à New York, où elle est a vu le jour. Avant son départ pour le pays de l'Oncle Sam, elle a étudié le solfège, a appris à jouer au piano avec Fritz Hunter et Richardson Léopold. Elle a aussi fait des études en droit et en éducation. Mariée et mère d’une fille, l’idée d’avoir un album et une carrière a part entière n’a jamais effleuré l’esprit de Palmyre jusqu'à ce qu’elle fasse une rencontre… Une rencontre qui change tout « Tout ce qui se déroule dans ma vie se fait selon le plan de Dieu, et va à l’ encontre de ce que j’avais comme projet », exprime Palmyre à l’émission Bonjou Kretyen sur Alléluia FM le lundi 4 août. Tout a commencé par une rencontre avec Wilkenson Théodore dans le cadre du projet « Atis Pou Ayiti » (APA) qui a réuni pas mal de grands noms de la musique haïtienne comme Emeline Michel, Beethova Obas, Shoubou, entre autres. A l’issue de ce projet où Palmyre a prêté sa voix comme background vocal, Wilkenson, épris de son talent, lui a proposé de travailler à son studio comme choriste et arrangeuse. C’était une expérience toute nouvelle pour Palmyre qui allait ressentir pour la première fois l’effet que ça fait de s’entendre chanter dans un studio, plus intense que le cachet. Là, elle a posé sa voix sur plusieurs albums. C’est ce même Wilkenson, membre de la Brooklyn Tabernacle Choir, qui l’a invitée d’abord à cette assemblée, ensuite à l’audition pour ladite chorale. À cette époque, Palmyre devait choisir entre American Idol et BTC. À la fréquence dont se déroulaient les auditions de American Idol, Palmyre s’est résolue à laisser tomber ce rêve de participer à ce grand show. Elle a donc loupé le test de Brooklyn Tabernacle et a eu un traitement spécial, un jeudi pour convaincre les responsables de cette grande chorale. Pendant la période passée au sein de BTC, Palmyre avoue avoir beaucoup appris spirituellement à travers les enseignements mais aussi musicalement. La chanteuse n’avait jamais pensé à une carrière solo évangélique. « Je ne voulais pas me lever un bon matin et commencer à travailler sur un album uniquement parce que j’ai du talent », justifie Palmyre. Il lui fallait un motif. Quand elle a écrit son premier texte à caractère évangélique, « Ou se Jéhovah », puis « Jésus est vivant », et ensuite « L’ap toujou la », Palmyre a réalisé qu’elle devait partager ces paroles avec le reste du monde à travers un album. Avec le support de plusieurs grands musiciens notamment Charleson Duverné dit Poppy, l'artiste a réalisé son premier disque, « Ou se Jéhovah », en 2010 dont la sortie a malheureusement coïncidé avec sa grossesse. Cet album, qui selon certains observateurs est un bijou, a fait les frais d’un manque de promotion. Changement de priorité. La nouvelle maman est devenue moins disponible pour la musique, pour des déplacements, encore moins pour Brooklyn Tabernacle Choir. Quatre ans, un album sans aucune ride… L’album « Ou se Jéhovah » garde sa fraîcheur même après quatre années. Résultat de son inexploitation ? Peut-être. A New York où elle vit, Palmyre arrive à écouler ses disques grâce au dévouement de sa mère. Entre 2013 et 2014, le secteur évangélique haïtien est en train de découvrir ce disque de treize pistes, les unes plus belles que les autres. Cet opus, musicalement, est une compilation de touches professionnelles agrémentées d’une voix à la fois puissante, aiguë et feutrée. Celle de Palmyre. C’est exactement ce que la chanteuse voulait. Ses connaissances en musique lui font des exigences, accomplies dans chaque arrangement et chaque variation. L'artiste annonce à Ticket qu’elle rentre en studio en novembre ou décembre de cette année pour un album différent, sans donner de détails. Entretemps, « Ou se Jéhovah », auquel la découverte de l’interprète par le public local accorde un nouveau souffle, est un album à apprécier. Palmyre et l’avenir Une chose est sûre : Palmyre est une voix très prometteuse dans le secteur évangélique en Haïti. Sa prochaine visite en Haïti sera peut-être pour du tourisme. La chanteuse n’a pas encore épuisé sa liste de lieux et de spécialités haïtiennes à apprécier. Mais elle a désormais sa place sur la scène musicale évangélique. Elle a retrouvé son rythme et a renoué avec ses anciennes habitudes musicales, il y a plus d’un an. Sa fille grandit. Palmyre pense pouvoir progressivement se consacrer beaucoup plus à la musique pour la gloire de son Maître.











AUTEUR
Joël Fanfan

joelfanfan@gmail.com

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