Samedi 10 décembre 2016









ECONOMIE

UCDDJ, une organisation au chevet des enfants du Wharf Jérémie

Sans grands moyens, ils sont plus d’une dizaine d’animateurs et de volontaires qui travaillent à l’institution « La Maison du sourire » dans la scolarisation de deux cents enfants du Wharf Jérémie. Ces gens qui fonctionnent avec les moyens du bord depuis plus de deux ans espèrent trouver l’aide de l’État et d’autres organismes du secteur éducatif du pays afin de continuer ce travail.


À un mois de la réouverture des classes, les responsables de l’établissement « La Maison du sourire » multiplient encore les démarches auprès des autorités du pays afin qu’ils puissent venir en aide aux nombreux enfants déshérités du Wharf Jérémie. Il n’y a aucune trace des programmes sociaux du gouvernement dans cette partie du pays. À vue d’œil, la misère se lit sur le visage des gens de ce vaste quartier populaire de plus de 30 000 habitants. Est légion le nombre d’enfants qui n’ont pas été scolarisés au cours de l’année dernière. L’Union des citoyens pour la défense des droits des jeunes (UCDDJ) qui gère la Maison du sourire entend continuer à aider en ce sens. Le travail de cette organisation dans ce quartier est énorme. Depuis plus de deux ans, L’UCDDJ fait de l’éducation son cheval de bataille. Cette organisation n’a rien reçu de l’État central. Avec un staff composé de sept animateurs sous contrat et d’une dizaine de volontaires, elle a pu tirer son épingle du jeu en participant à la formation de plusieurs centaines d’enfants de cette zone défavorisée qui n’est même pas dotée d’une cantine populaire. À travers l’éducation, si l’on en croit les propos de Louis Joseph Romuald, responsable pédagogique de la Maison du sourire, l’UCDDJ entend faire la promotion pour un Wharf Jérémie pacifié. La Maison du sourire se veut, dit-on, un espace de prédilection pour tous les enfants de Cité-Soleil. Les enfants encadrés par cette école sont exempts de toute forme de violence. En plus de travailler avec les enfants, des réunions régulières se tiennent avec les parents en vue d’une meilleure prise en charge des petits qui doivent, espère-t-on, grandir dans un espace où la violence est bannie. Myriam Édouard, l’une des animatrices sociales de cette organisation a fait savoir que grâce au support inconditionnel du staff d’UCDDJ, plusieurs dizaines d’enfants violents se socialisent au fur et à mesure. Ils deviennent, poursuit-elle, de plus en plus humains. L'idéal des fondateurs de ce centre, à savoir Jean-Mary Ronald et Henry Ronald, est de travailler avec les enfants durant la majeure partie de la journée, soit jusqu’à quatre heures de l’après-midi. Leurs faibles moyens, regrettent-ils, ne leur permettent pas de matérialiser ce rêve. « Pour que cela soit effectif, il faut qu’on puisse donner un plat chaud aux enfants. Ce qui, pour l’instant, est impossible », a déclaré Jean-Mary Ronald. Les multiples efforts entrepris dans le souci de donner un plat chaud aux enfants se révèlent, jusqu’à présent, infructueux. Mais tout n’est pas perdu. Malgré les vacances d’été, des séances de formation et d’animation sociale et culturelle se tiennent régulièrement dans ce centre afin de maintenir mieux encore les enfants loin des scènes de violence. Depuis 2012, malgré l’existence du Programme de scolarisation universelle, gratuit et obligatoire (PSUGO), cette école n’est pas assistée. Jusqu'à aujourd'hui, seule l’organisation non gouvernementale italienne CESVI nous assiste financièrement. « Grâce au support de CESVI, nous avons pu clôturer la cour du centre et « payer » les animateurs », a martelé Louis Joseph Romuald. Les responsables du centre et les animateurs ne vivent pas tous dans la cité. Mais, cela ne les empêche pas, en dépit des turbulences sociales, certaines fois meurtrières, de se présenter régulièrement à leur poste. Au cours de la prochaine année scolaire, il est déjà prévu dans le calendrier de multiples activités à ce centre, d’assister davantage les enfants. En plus de la gratuité scolaire, les apprenants auront droit à tous les ouvrages gratuitement. Les responsables sollicitent l’apport des organismes étatiques et non étatiques afin d’étalager leur champ d’intervention. Tenant compte du fait que toute grande réussite découle d’une grande détermination, les responsables de l’UCDDJ se disent prêts à tenter tous les efforts possibles afin que le centre puisse continuer à desservir la population du Wharf Jérémie. Ces derniers considèrent la jeunesse comme l’avenir du pays. De ce fait, plus elle est éduquée, encadrée ou prise en charge, plus sa contribution ou la qualité de celle-ci façonnera positivement la vie de ce pays, et donc son développement, sa croissance économique…











AUTEUR
Jose Flecher

jflecher@lenouvelliste.com

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