Samedi 3 décembre 2016









EDITORIAL

Le mauvais carnet


Depuis 1995, le ministère de l’Éducation nationale a cessé de publier les résultats détaillés, école par école, après la tenue des examens d’État. Pour les classes de 6e et de 9e année fondamentale, c’est fait. Le palmarès de cette année 2014 est connu. Un certain nombre d’écoles ont 100% de réussite, beaucoup n’ont aucun élève admis en classe supérieure. Sur toute l’étendue du territoire national, plusieurs centaines d’établissements se retrouvent en bas de tableau. Les directeurs des écoles concernées doivent s'en mordre les doigts et se demander pourquoi revenir à une transparence, inventée par le ministre Joseph C. Bernard à la fin des années 70, mais si peu à la mode depuis. Il faut dire qu’en rendant public le palmarès, le ministre de l’Éducation nationale qui le fait se met à l’index. Tout le système lui en veut, lui en voudra. Les écoles, les enseignants et ses employés le maudissent. Chaque échec dans le système met à mal la réputation de tous les acteurs du petit monde de l’éducation. Que des élèves échouent à un examen, cela arrive tous les jours. Qu’une école échoue à faire briller même un seul de ses élèves, c’est une catastrophe. Que plus de 400 écoles soient dans le même cas, l’hécatombe en appelle à de sérieuses mesures de redressement. Il faudra que le ministère de l’Éducation nationale tout entier s’arme de résolution et de courage pour, en ces temps de l’éloge de la plus petite performance, s’atteler à corriger les failles du système éducatif au lieu de porter au pinacle les petites victoires qui cachent si mal le désert qui, d’année en année, s’étend. La publication des détails des résultats devrait intéresser au plus haut point les parents, mais cela fait combien de temps qu’ils ne décident plus ou si peu de l’école où vont leurs enfants. C’est vrai pour les pauvres qui n’ont pas le choix, pour ceux de la diaspora qui ne sont pas sur place et pour ceux qui envoient leurs enfants en classe pour se sacrifier à la mode. Les professeurs et les syndicats d’enseignants devraient aussi dire un mot, se voiler la face, présenter des excuses. Ils ne le feront pas. Ce n’est pas de leur faute si l’école va mal. Pas de leur faute non plus si le ministère a eu le mauvais goût de laisser tout un chacun se pencher sur les résultats de chaque école.











AUTEUR
Frantz Duval duval@lenouvelliste.com Twitter:@Frantzduval

Réagir à cet article

Les commentaires sont modérés

Chaque contribution postée est soumise à modération. Vous pouvez alerter l'équipe du Nouvelliste, d'une contribution qui vous semble ne pas respecter notre charte en cliquant sur le bouton << Voter contre >>, présent sous chaque commentaire. Notre équipe sera automatiquement prévenue et fera le nécessaire.

La charte de moderation












Haut de la page