Vendredi 9 décembre 2016









CULTURE
Symbi Roots | Concert

Dieuvela Étienne sur les traces de Symbi

« Symbi Roots », appelé autrefois Rara Fanm, sera en concert ce samedi 9 août 2014 à Le Perroquet (ancien El Cubano), à la rue Lamarre à Pétion-Ville. La musique vaudoue, le rara parfumé d’autres sons empruntés à l’opéra, au soul et au rock et aussi des chansons porteuses de message pour un lendemain meilleur seront au rendez-vous, d'après ce qu'a fait savoir Dieuvela Étienne, le lead vocal du groupe. Elle nous en dit plus long.


L.N. : Dieuvela Étienne, vous êtes le lead vocal de « Symbi Roots » et surtout l’initiatrice de ce qu’on pourrait appeler le « bann à pied » au féminin. Dans quel cadre s'inscrit ce concert? D.É. : Ce sera un concert dédié à des amis français actuellement présents en Haïti et aussi à la ville de Grenoble où l’on a beaucoup d’amis. Je veux surtout parler de la famille Vermande qui nous a beaucoup soutenues pour démarrer avec la formation des membres de Symbi Roots en guitare et de notre ami Philippe Savoye qui fait ce qu’il peut pour nous aider à aller vers l’avant. À travers ce concert, nous voulons leur adresser des remerciements très chaleureux. En même temps, ce sera le premier spectacle musical du groupe avec des instruments autres que les percussions. Tout le monde sera bienvenu à cette soirée; nous attendons tous ceux qui aiment la musique, la beauté et la justice. L.N. : En quoi consiste le menu de ce concert? D.É. : Ce concert du 9 août sera très chaleureux avec d’autres artistes invités au tambour, au Keyboard et à la guitare. Les femmes sont majoritaires. Elles jouent au tambour, chantent et dansent et c’est encore une femme qui joue aux instruments électroniques. Cependant, nous aurons aussi une présence masculine. Nous recherchons le mariage entre musiciens hommes et femmes sur scène. Il n’est plus question de présenter uniquement des femmes quand on évolue sur un podium; en jouant, nous voulons suggérer un monde uni où les hommes et les femmes jouissent des mêmes privilèges. La musique vaudoue, le « rara » parfumé d’autres sons empruntés à l’opéra, au soul et au rock et aussi des chansons porteuses de message pour un lendemain meilleur seront au rendez-vous. Je promets une soirée où le « spirit », la joie, la danse et la beauté couleront jusque dans les verres qu’on portera à la bouche. Car tout se déroulera dans un hôtel et restaurant situé à la rue Lamarre, ancien El Cubano, appelé aujourd’hui Le Perroquet. De Rara Fanm à Symbi Roots Le Nouvelliste (L.N.) : On connaissait avant « Symbi Roots » sous le nom de Rara Fanm. Qu’est-ce qui vous a poussé à changer aujourd’hui le nom du groupe ? D'où est venue l'idée de Symbi Roots? Dieuvela Étienne (D.É.) : L’œuvre de « Symbi Roots » se range dans la catégorie « musiques racines » ou « Roots » en langage international. C’est un groupe révolutionnaire qui met en avant les femmes musiciennes, particulièrement les femmes percussionnistes, sans exclure la présence d’artistes de sexe masculin, car sa lutte est pour la parité et la justice. « Symbi Roots » compose et interprète de la musique vaudoue et rara avec des touches originales et particulières empruntées au rock, à l’opéra et au soul. Le groupe s’inspire du patrimoine musical haïtien sous toutes ses formes : sacrées, bal et bande à pied. Le vocable Symbi est aussi évocateur de mystère, de beauté, de merveilleux, de profondeur ; le groupe aspire à matérialiser ce monde en danses et musiques. Par ailleurs, le travail que poursuit « Symbi Roots » était déjà entamé par Rara Fanm, mais à cause du nom Rara Fanm, les gens ne nous catégorisaient que de « bann rara ». Or, nous n’avons jamais été que cela. Nous sommes et avons toujours été une formation musicale qui explore différentes facettes de la musique sans préjugés. Et nous avons voulu combattre les préjugés sociaux, religieux et sexistes sur les belles et riches traditions culturelles et musicales haïtiennes comme le rara. Nous avons réussi dans un grand pourcentage. Nous avons aussi changé le nom pour éviter la confusion avec d’autres groupes qui ont adopté le nom Rara Fanm. L.N. : En juillet dernier « Symbi Roots » a participé à la troisième édition du carnaval des fleurs de juillet 2014. Comment estimez-vous cette participation ? D.É. : Au carnaval des Fleurs, c’était Symbi Roots en mode parade. C’était aussi le « Rara Fanm » de Dieuvela Étienne, le premier bann à pied au féminin, celui qui a ouvert la route à d’autres femmes. Le mot rara fanm est né avec l’émergence du groupe Rara Fanm, et aujourd’hui beaucoup d’autres femmes l’utilisent comme sous-titre ou comme une partie du nom de leur groupe. Lancer Rara Fanm qui est devenu un mouvement aujourd’hui n’a pas été chose facile, il a fallu construire et diffuser des discours solides à l’intérieur comme à l’extérieur du groupe. Il a fallu aussi construire une nouvelle image, un nouveau regard sur le rara en posant de nombreuses actions allant au-delà de la création musicale. Beaucoup de gens adorent nous voir, nous étions là pour eux et aussi pour rappeler qu’il y a eu un premier qui a déclenché les autres, ça c’est très important. Car la lutte n’est pas finie, aujourd’hui encore, beaucoup de personnes perçoivent très mal le rara. Nous avons offert une animation sublime sous la pluie le 3e jour, nous étions une trentaine de femmes le dernier jour. Après ce carnaval nous ne pouvons plus circuler; tout le monde nous comble de félicitations, les gens ont beaucoup aimé notre passage au carnaval. Mais il est important de retenir que « Symbi Roots » n’est pas un groupe rara, ce n’est pas non plus un bann à pied. Nous explorons tout simplement les multiples facettes de nos riches traditions musicales. L.N. : À quand l'album de Symbi Roots? D.É. : Le premier album qui affichait le nom de « Rara Fanm » adoptera bientôt le nom de Symbi Roots avec des remix sur la plupart des morceaux. Il y aura dans le même temps un deuxième album avec des titres tout à fait nouveaux. Nous travaillons sur ces projets. Nous voulons prendre notre temps pour finaliser un bon produit. Je crois que le public pourra goûter à ces fruits délicieux avant 2016, si Dieu le veut bien.











AUTEUR
Dieulermesson PETIT FRERE

dpetitfrere@lenouvelliste.com

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