Dimanche 25 septembre 2016









EDITORIAL

La dernière tentative du Sénat


En organisant une rencontre mardi avec le Conseil électoral provisoire, la Chambre haute a tenté une nouvelle aventure aux fins de sauver la face à la suite de la séance avortée du jeudi 31 juillet dernier. Les pères conscrits n’ont pas pris l’initiative d’investir les médias électroniques pour justifier l’échec de la séance. En agissant ainsi, ils se sont rendus à l’évidence que, malgré l’appui des six partis politiques, ils ne jouissent plus d’une bonne presse. Très critiqués au sein de l’opinion publique pour n’avoir rien produit comme travaux législatifs, sinon le blocage du grand Corps, les six sénateurs hostiles à l’administration Martelly-Lamothe ne trouveront probablement aucun argument pour justifier le bilan du Parlement à la fin du mandat que la population leur avait confié. Les autres sénateurs proches du pouvoir ne sont pas non plus en odeur de sainteté dans la mesure où les réalisations du pouvoir législatif concernent les deux assemblées législatives sans distinction d’appartenance à un quelconque bloc parlementaire. Rien ne laisse augurer que la première rencontre, réalisée mardi avec la délégation du Conseil électoral provisoire, composée de Max Mathurin, Léopold Berlanger et Néhémie Joseph, peut remettre les pendules à l’heure au sein du Sénat. La présence d’un seul membre du groupe des six, en la personne de Jean William Jeanty, le moins irréductible, ne constitue pas un signal porteur d’espoir. Seul un consensus avec les six sénateurs ou à défaut avec trois d’entre eux peut changer la donne. L’institution électorale n’a d’autre choix que de laisser du temps au temps. Les échanges réalisés entre les trois membres du CEP et les parlementaires, pour la plupart proches du pouvoir, ne peuvent produire quant à présent aucun effet. L’idée de retirer la loi électorale de la navette parlementaire aux fins de permettre à l’institution électorale d’effectuer les changements nécessaires est un processus extrêmement difficile, car il y va de la souveraineté de l’Assemblée. Si cette dernière devrait abonder dans ce sens, elle aurait pu amender la loi électorale en réalisant des séances de travail avec le CEP dans les chapitres concernés dans le texte. Pourquoi s’engager dans un processus difficile alors qu’une procédure simple peut résoudre le problème des articles à amender ? Du côté du pouvoir, l’initiative prise par le gouvernement de confier au porte-parole de la Primature, Pierre-Michel Brunache, le rôle d’invectiver les parlementaires du groupe des six à l’image de l’ancien ministre chargé des Relations avec le Parlement est un très mauvais calcul. Les diatribes lancées à l’endroit des six sénateurs ne permettront pas de trouver une solution au problème de l’amendement de la loi électorale. Le gouvernement ferait mieux de rejeter la responsabilité de l’échec des élections de cette année sur le groupe des six. En sa qualité d’ancien ministre, Pierre-Michel Brunache ne s'est-il pas discrédité en hypothéquant son avenir comme grand commis de l’Etat ? Lemoine Bonneau lbonneau@lenouvelliste.com











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