Samedi 3 décembre 2016









EDITORIAL

Après PetroCaribe, PetroTrinidad


Les annonces de bonnes affaires pleuvent. Comme pour toute bonne affaire, il y a un gagnant et un perdant. Rarement deux gagnants. Prenons cette affaire de pétrole que Trinidad and Tobago va fournir à Haïti d’ici quelques mois. Trinidad a du pétrole, nous des besoins. Nous avons surtout un déficit non comblé par les approvisionnements en provenance du Venezuela dans le cadre de PetroCaribe. Trinidad va devenir notre fournisseur. Rien de nouveau. Le pétrole a des prix standards. Tout le monde achète ou vend pour des montants connus de tous. L’une des rares exceptions, hors don, est le mécanisme mis en place par PetroCaribe. Il concerne les modalités de paiement. Pas les prix d’achat qui sont adossés aux cours mondiaux. Si l’on comprend bien le miracle trinidadien, Haïti aura droit à du pétrole bon marché parce que l’Etat haïtien va renoncer à ses taxes. C’est le Premier ministre de Trinidad and Tobago, Mme Kamala Persad-Bissessar, qui en a fait l’annonce dans le Trinidad Guardian, un journal de son pays. Comme Trinidad compte aussi avoir sur place son propre port de débarquement, ses installations de stockage et ses stations-service, le miracle sera opéré au bénéfice de Trinidad. Du fait et fourni. Haïti aura le pétrole, mais pas les taxes qui, ordinairement, viennent avec. La population haïtienne sera heureuse de circuler à bas coût. Nous pourrons même exporter du pétrole… Tout sera parfait dans le meilleur des mondes si le modèle est soutenable. Mais - il y a toujours un mais - que va-t-il se passer quand le Venezuela se rendra compte que son pétrole ne nous séduit plus ? Bien entendu, en ne voulant pas augmenter notre quota, c’est PetroCaribe qui nous pousse dans les bras d’autres fournisseurs. Mais - car il y a toujours un autre mais - que va-t-il se passer quand les stations d’essence de Trinidad seront les seules qui écouleront son pétrole à bon marché ? Les autres enseignes fermeront sans doute boutique. Aussi simple que cela. Mais - il y a toujours plusieurs mais - que se passera-t-il quand l’Etat haïtien, ne percevant plus de taxe sur le pétrole, se retrouvera sans le sou ? Trinidad and Tobago se cherchera d’autres amis solvables. A chaque fois qu’une bonne affaire pointe son nez à l’horizon, surtout en Haïti, il faut chercher dans tous les sens, qui fait la bonne affaire. Dans toute bonne affaire, il y a toujours un gagnant et un perdant. De temps à autre deux gagnants. Rarement ici, le gagnant est Haïti.











AUTEUR
Frantz Duval duval@lenouvelliste.com Twitter:@Frantzduval

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