Samedi 1 octobre 2016









SPORT

Le football intimement lié à la paix

L’œil rivé / L’oreille tendue


Quand la longue saison arrive enfin à son terme, le joueur professionnel pense tout naturellement à retrouver sa famille ou à rentrer dans son pays d’origine. Ce qui revient au même. Puisque là d'où il est originaire, l’attendaient avec impatience les membres de sa famille. Un invité spécial au Mondial Or, en mai 2014, cette perspective souriante, réjouissante ne tenait pas de l’évidence. Oh oui! Une grosse pointure comme Zlatan Ibrahimovic retrouvait les siens aussitôt que le Paris St-Germain fut sacré champion de la ligue 1. La raison est connue : la Suède s’était fait éliminer par le Portugal lors des barrages de la zone européenne. Mais au fait, une carte d’invitation spéciale (Wild card) lui a été acheminée par le comité organisateur du Mondial pour suivre l’événement. On ne connaît pas les réactions du célèbre buteur. On peut penser qu’il avait emmené son petit garçon au Brésil. Comme un appel sous les drapeaux Zlatan est l’exception qui confirme la règle. Tous les joueurs dont le pays ne s’était pas qualifié pour le Mondial l’ont suivi devant le téléviseur. Pour cette catégorie-là, il n’y avait pas lieu d’accomplir un devoir patriotique; alors que pour les pays qualifiés, les sélectionnés étaient comme appelés sous les drapeaux. La une osée d’un magazine La preuve a été administrée en se remémorant la ferveur avec avec laquelle était entonné l’hymne national. De leurs poitrines jaillissait comme un cri. On sentait passer en chaque joueur la fibre patriotique. Les paroles étaient reprises en chœur. Une fois sur le champ de jeu, le joueur avait conscience qu’il représentait, avec ses coéquipiers, la nation. Un exploit individuel rejaillit sur la nation. De même une réussite collective. « Manière de voir »titrait en 1998, en prélude au Mondial français, sur sa page de couverture : « Le sport, c’est la guerre ». Sans vraiment le vouloir, le magazine faisait du joueur un soldat, un guerrier. Mais c’ ‘était un titre sensationnel, disons une création osée. Dans l’esprit du journaliste senior qui coordonna l’édition de ce spécial Coupe du monde, il s’agissait de frapper précisément les esprits. Pourquoi ? Le rapprochement des peuples Le sport, au – delà de la rivalité le temps d’une partie, véhicule une philosophie : celle de la paix. Le football, ce n’est pas la guerre. Ça sert à faire connaître les peuples et à les rapprocher. La preuve : Chelsea, club londonien, compte pas moins de 18 étrangers dans son effectif. Si le titre de presse en question disait vrai, cela signifierait que des combattants, des ennemis durant la compétition mondiale se retrouvent amis, tout au moins coéquipiers une fois repris l’entraînement de club. Abstraction faite des joueurs anglais de Chelsea qui évoluent évidemment à domicile, bref, sur leurs terres. Un fâcheux précédent Autant comprendre que le football est un vecteur de paix et de civilisation. La guerre du football a éclaté entre le Guatémala et le Salvador en 1969. Mais dans l’histoire de la FIFA, c’est l’une des rares fois où l’on a enregistré un casus belli entre deux pays voisins pour cause de foot. Israël a choisi d’évoluer dans un groupe européen. En raison d’un conflit sans fin au Proche-Orient. Depuis quelque temps, l’État hébreu évolue dans la zone asiatique. La FIFA a fait montre, sur les deux demandes, de compréhension et de réalisme. Ce choix de groupe non basé sur la proximité géographique est dû à la guerre. Mais c’est la seconde exception. La sportivité est une valeur Alors ? Qu’on arrête d’associer la pratique du football à un acte belliqueux ! Des hooligans se livraient dans le temps à des débordements dans les travées ou dans les rues à la sortie d’un stand anglais. On n’en entend plus parler. Preuve supplémentaire que le brasier n’est pas pour autant allumé quand l’arbitre donne le coup d’envoi d’un match de foot. Loin de là.











AUTEUR
Jean-Claude Boyer Vendredi 1er août 2014

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