Samedi 10 décembre 2016









IDEES ET OPINIONS

Le chômage des jeunes, un mal qui ne finit pas en Haïti


Le chômage en général et celui des jeunes en particulier constitue un problème important pour au moins trois raisons. Premièrement, le chômage constitue une perte de ressources disponibles du fait que les chômeurs représentent un stock de main-d’œuvre non utilisé. Deuxièmement, le chômage cause une misère personnelle au chômeur. Le travail permet de créer de la valeur ajoutée et l’agent économique gagne de revenu, de salaire ou de profit à travers sa participation au processus de production. L’implication directe est que, le chômeur ne participant pas à la création de la richesse, il ne dispose donc pas de ressources financières pour acheter les biens et services nécessaires pour satisfaire ses besoins. Troisièmement, un taux de chômage important peut conduire à des problèmes sociaux généralisés pouvant aller à l’instabilité économique et politique. En effet, le chômage des jeunes ou le sous-emploi de ces derniers constitue un problème politique ou d’actualité cruciale en Amérique latine et en Haïti en particulier en plus des autres problèmes sociaux. Le chômage alimente les conflits et la criminalité, qui tous deux, à leur tour, accroissent encore plus le chômage par ses effets négatifs sur les performances économiques, la confiance des investisseurs et les structures sociales tant physiques qu’institutionnelles. Par conséquent, la création d’emplois est un outil de prévention des conflits et d’amélioration du bien-être des ménages. Aujourd’hui, cela ne fait pas l’ombre d’un doute que les jeunes Haïtiens vivent pour la plupart sous le seuil de la pauvreté. Ils vivent dans une situation de chômage chronique. Ils cherchent de l’emploi mais ils ne trouvent pas. Ils ont l’âge de travailler, ils ont le diplôme requis pour être embauchés, mais il leur manque quelque chose, dit-on, l’expérience professionnelle. Pardonnez la liberté que je prends en tant que jeune ayant au moins quatre qualifications professionnelles de poser une question à propos de l’emploi des jeunes. Existe t-il une boutique ou un magasin où on peut acheter de l’expérience professionnelle ? S’il en existe dans ce pays, les jeunes n’ont pas assez de moyens pour en acheter puisqu’ils n’ont jamais commencé à travailler un jour. Que doivent-ils faire pour se procurer un emploi dans ce pays ? Les jeunes Haïtiens doivent-ils aller voler, quelque part, de l’expérience professionnelle ? La question de l’emploi des jeunes nous conduit à nous poser cette question: Comment fonctionnent nos institutions ? Quelle est la place des jeunes dans la société haïtienne ? Quel rôle jouent-ils dans l’économie haïtienne ? Comment pouvons-nous atteindre un chiffre de croissance considérable dans ce pays si les jeunes Haïtiens ne font rien ? Les jeunes constituent une source intarissable de capital humain pour la croissance de ce pays. C’est dire que la croissance économique de notre pays perd de sa valeur si les jeunes Haïtiens ne travaillent pas. Or, il ne faut pas oublier que le capital humain est bel et bien l’un des déterminants de la croissance économique. Il faut qu’il y ait une politique d’emploi pour les jeunes chômeurs haïtiens. Il faut dès à présent réfléchir aux politiques capables d’améliorer le bien être de la population haïtienne sans miser sur l’augmentation continue de la richesse monétaire. Le poids du chômage est trop lourd pour les jeunes Haïtiens. Ces derniers se plaignent à tous les coins de rue de la vie chère. Il ne faudrait pas que le chômage des jeunes soit un mal infini dans ce pays. Face à la misère qui fait rage dans ce pays, face à cette vie au gout de fiel, les jeunes Haïtiens n’en peuvent plus. Ils sont au bord d’une crise socio-économique, ils se trouvent au bord d’une tragédie sociale sans précédent. Il est grand temps qu’ils disent : Assez, ça suffit !











AUTEUR
Jean-Thomas MOISE, Avocat, Pénaliste et Criminologue, Economiste, Spécialiste en Analyse et Politiques de développement, Political Engineer, Linguiste, Ecrivain, Auteur de « Politik plen pikan », Directeur de l’Ecole Libre de Leadership et de Développ

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