Vendredi 9 décembre 2016









EDITORIAL

Qu’arrivera-t-il le deuxième lundi de janvier 2015 ?


La prestation de serment vendredi de quatre conseillers électoraux ajoutés aux cinq autres déjà en poste va contribuer à rendre l’institution électorale fonctionnelle avec la totalité de ses membres. Tous les regards seront dirigés sur ce nouveau Conseil électoral qui a pour obligation de délivrer la marchandise. Du CEP permanent, en passant par le CTCEP pour aboutir à deux versions du Conseil électoral provisoire, pendant deux longues années, les forces politiques haïtiennes (du pouvoir et de l’opposition ) ont monté tous les scénarios possibles et imaginables pour maintenir les actions politiques dans le registre d’un passé révolu ponctué de clichés, les uns plus révoltants que les autres. En réitérant dans un communiqué de presse leur volonté de prendre part aux prochaines joutes électorales, mais avec un CEP inspiré de l’article 289 de la Constitution, les cinq partis politiques signataires, dont INITE, Fanmi Lavals, Kontra Pèp la, Fusion des sociaux-démocrates et MOPOD, veulent demander aux six sénateurs de bouder le vote de l’amendement de la loi électorale. Ce scénario, longtemps déjà prôné par la plupart des sénateurs, sera très difficile pour le groupe des six de l’adopter comme cheval de bataille dans la mesure où la plupart des pères conscrits, hostiles au vote de l’amendement de la loi électorale, ont fait valoir dans la presse qu’il revient à l’institution électorale de neuf membres de transmettre un nouveau texte électoral au Parlement. Dans les conditions normales de fonctionnement des institutions, c’est au CEP qu’il revient d’élaborer l’avant-projet de loi électorale. Tenant compte des tractations de différents acteurs dans le dossier des élections depuis l’année 2012, comment un sénateur cohérent peut-il demander au CEP de transmettre une nouvelle loi électorale au Parlement à la date du 18 juillet 2014 ? L’amendement de la loi électorale voté à la Chambre des députés et transmis au Sénat ne peut pas être retiré de la navette parlementaire, vu que le Parlement a été partie prenante de l’Accord d’El Rancho qui a permis la modification de ce Conseil. C’est un CEP exceptionnel qui n’avait pas introduit l’amendement de la loi électorale au Parlement et ne peut non plus le retirer. L’institution électorale n’attend que le vote et la publication de l’amendement dans le journal Le Moniteur pour jouir de son plein et entier effet. Il revient aux partis politiques ainsi qu’aux organisations de la société civile de se montrer de plus en plus vigilants pour empêcher que ce CEP, à dominante présidentielle, ne réédite l’expérience de Gaillot Dorsinville lors des dernières élections. La tentation de diriger les élections en faveur des candidats de la majorité présidentielle semble être présente dans l’esprit et dans la coutume des dirigeants politiques haïtiens d’hier et d’aujourd’hui. Il serait bienséant que le Sénat, appuyé par les partis politiques et les organismes de droits humains, parvienne à obtenir l’annulation des décisions illégales et maladroites posées par les sept membres du CEP aux fins de démarrer la machine par un nouveau calendrier électoral. Aussi longtemps que les sénateurs retarderont le vote de l’amendement de la loi électorale, davantage le président Michel Martelly dirigera le pays en l’année 2015 sans Parlement et surtout par décret. Le premier tour des élections législatives ne peut en aucun cas se tenir le 26 octobre de cette année ; les pères conscrits ont intérêt à se pencher sur l’amendement de la loi électorale dans les meilleurs délais. Déjà, le deuxième lundi de janvier 2015, le président Michel Martelly ne viendra pas devant les deux chambres réunies en Assemblée nationale pour faire l’exposé général de la situation. Le Premier ministre Laurent Lamothe ne viendra non plus présenter le bilan des activités du gouvernement pour l’année 2014. A cette date, les sénateurs et députés seront en campagne électorale. Le tiers du Sénat restant ne pourra remplir non plus aucune fonction législative. A cause de nos turpitudes, notre manque de réalisme, nos comportements antidémocratiques et notre volonté de suivre les traces d’un passé électoral déshonorant, nos hommes politiques continuent de bloquer les voies qui doivent conduire le pays vers un avenir prometteur. Lemoine Bonneau lbonneau@lenouvelliste.com











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