Vendredi 9 décembre 2016









EDITORIAL

Avec Ban Ki-moon, on a « gaye » autre chose


Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a réussi son coup. Il est venu, a vu, évoqué la « responsabilité morale » de ses Casques bleus dans la propagation du choléra, sans accepter le principe de l’indemnisation pour plus de 8 000 morts depuis octobre 2010. Il n’a rien cédé. Au mieux, le Sud-Coréen a annoncé le décaissement de 200 millions de dollars pour réaliser des travaux dans le domaine de l’eau et de l’assainissement. L’essentiel, les 2 milliards, Ban Ki-moon s’est engagé à les rechercher. Il regarde l’avenir, reste loin des blâmes, cherche plutôt à éradiquer cette maladie. De main de maître, la machine bleue a ficelé sa communication pour cette visite qui est intervenue sur fond de plusieurs poursuites judiciaires contre l’ONU, contre Ban Ki-moon par des comités de soutien aux victimes du choléra. Dans un CV, cela fait tache. Des taches qui seraient plus grosses, si, en Haïti, la société civile qui pollue les ondes donne son point de vue sur les élections, avait compris que là, il y a quelques choses à dire, une chose à « gaye », même de manière pacifique et de bien plus grande ampleur que la pauvre manifestation fortement symbolique de MECHAN, PROP, MOLEGHAF pour dénoncer le comportement de l’ONU dans ce dossier. Haïti s’est emmuré dans un mutisme que l’indifférence aux souillures, la recherche effrénée des miettes à la table de la mission de la paix pourraient peut-être expliquer. Avec Ban Ki-moon, les chefs d’ici on « gaye » leurs petits besoins de conflit. Sur les élections, les avancées ne sont pas significatives. Pas assez pour que le secrétaire général assure le Conseil de sécurité de l’ONU que des élections se tiendront à la fin de l’année 2014. L’odeur de nos petits besoins de conflit rend « triste » le patron de l’ONU. Dans la bouche d’un diplomate de ce rang, ce petit sentiment en dit long sur ce que l’avenir pourrait réserver, si les Haïtiens continuent de se vautrer dans ce liquide-là. Entre les lignes, certains ne liront pas que Ban Ki-moon a fait appel au « leadership » du président Michel Martelly, du numéro un du Sénat, Dieuseul Simon Desras pour éviter au pays de nouvelles convulsions politiques. Leadership, un bien grand mot pour des chefs d’ici qui jouent au « je te tiens par la barbichette ». Martelly, friand de plan cousu de fil blanc pour contrôler le CEP, donne trop souvent des prétextes au groupe des 6, composé de sénateurs d’obédience Lavalas, particulièrement extrémistes. Certains, au fond, ne rêvent que d’un « gaye » de la chose. Pour que le jeu politique puisse changer certaines de ses dispositions. Pour sortir de l’asséchante privation qu’imposent les Lamothe et les Martelly à leurs opposants. Personne, dans ce jeu de « gaye » la chose, ne gagnera. Personne n’a semblé prendre acte que c’est chez nous, en Haïti, que M. Ban a appelé les « enfants chefs » d’ici à faire preuve de leadership, à faire ce qu’il faut.











AUTEUR
Roberson Alphonse

robersonalphonse@lenouvelliste.com

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